DES ÉLECTIONS NOUVELLES
« publiés pour le déshonneur du Parlement et la ruine « de la République, » et elle lui donna pouvoir « d'em- (f prisonner les offenseurs et de leur infliger tel autre « châtiment quil jugerait à propos *. » Mais ni les colères de la Chambre , ni les pouvoirs du conseil d'État ne suffisaient plus à réprimer l'hostilité d'un public qui se sentait Cromwellpour allié; le Parlement s'acharnait vainement à vivre ; la force morale et la force matérielle lui manquaient à la fois; unis enfin dans une antipathie conmiune, ni le peuple, ni l'armée n'en voulaient plus.
Pressés par cette situation, les chefs républicains préparaient, en se débattant, le bill de dissolution qu'on leur demandait : un événement survint qui modifia tout à coup leurs sentiments ; la grande victoire que, vers le miUeu de février 1653, Blake remporta sur Tromp, dans la Manche, leur parut une circonstance favorable; c'était de l'éclat pour leur gouvernement; quelques ouvert tures de paix vinrent de Hollande. Dans les conseils intimes du parti, Vane insista fortement pour qu'on renonçât à de dangereuses lenteurs : « Il y a ici, » écrivait de chez lui l'un de ses amis, « de grandes préoc- « cupations et préparations pour un Parlement nou- « veau ; quelques-uns de nos amis sont disposés à croire « qu'il nous servira, nous et notre cause, mieux que « n'a fait celui-ci. » On décida que le Parlement actuel
1 Les 28 décembre 1652 et 7 janvier 1653 ;J'oumaZ« ofth^H.ofC-; t. VIT, p. 236, 244.
342 HYPOCRISIE D£ L'ACTE PltÉPARÉ
86 retirerait le 3 dOTemlnre de cette année tnéme^ c'està-dire un an plus tôt qu'on ne Tayait jilsque-là résolu ; on cammença à discuter sérieusement Tacte qui devait régler Télection de ses successeurs *.
Cet acte a été perdu ; il n'eiiste pas sur les registres de la Chambre^ et on ne Ta relroiiTé nulle part : cepeti'dant ses dispositions essentielles sont connues. Il éta^ bUssait un système à peu près conforme à celui que, le iO janvier 1649, le conseil général des officiers de Tar^ met avait présenté au Parlement, une assemblée de quatre cents membres, élus dans les comtés par tous tes possesseurs d'une fortune, réelle ou persoiliielle, djs 900 liy» sterl., et dans les bourgs par tous les habillants payant un certain loyer dont le taux n'était pas ôticore déterminé. Le tableau deà bourgs investis du droit élec^ toràl fut minutieusement débattu, et supprimait bèAu^ coup d*anciens privilèges. Mais les électeurs n'étaient appelés qu'à compléter le Parlement existant, non à le renouveler tout entier; les membres actuellement siégeante, au nombre d'environ cent cinquante, re^ talent de droit membres du Parlement nouveau, pour les comtés ou les bourgs qu'ils avaient jusque-là représentée. Ils formaient même seuls le comité itiVesti dti pouvoir de prononcer sur la validité des élections et la capacité des élus; en sorte que, loin de courir au-
1 Forsler, Statesmenofthe Commonwealthy t. III, p. 1*49 (vie de sir Henri Vane) ;~/ottmaZ« oftheH. ofC, t.VÎI, p. 244, 261,263, 265, 268, 270, 273, 277,
POUR DES ÉLECTIONS NOUVELLES (MAM-AvRiL 1653). 8é9
cutié obâtice d'être écartés du Parlement futur ^ ils continuaient d'ëU être le noyau permanent et dominant*.
Ce n'était point là, à coup sûr, la dissolution qu'atteu'daient le pays et Fârmée; le mensonge était gromer et palpable. Cependant Crômwëll s'en inquiéta et résolut en lui-même de ne pas souffrir qu'un tel acte fût converti en loi. n connaissait l 'empire dé la légalité, tel faiblesses des partis , et savait combien de geUë > quand la crise approche, sont disposés à se conteatél^ à boii mat^ché. Ses intimes confidents , les prédicateur» dévoués à sa personne dirent et redirent partout, du haut même de la cbâlre, que décidément le Parlement hé voulait pas se dissoudre, et que, de manière ou d'aUtré> il faudrait l'y contraindre. Cromwell lui-même se montrait plus que jamais indécis et perplexe : a DdUît partis, » dit'^il un jour au quartier-maître général Vernon , (t me poussent à faire une chose au dénoû*t( ment de laquelle je ne puis songer que me« cheiWlL « ne se dressent sur ma tête ; l'un est celui du Vta^ t( général Lambert qui, dans son ressentîmeût Ûé VUa front que le Parlement lui a fait en ne lui pefftieitMt a pas d'aller en Irlande avec un caractère ëonf(ràtne a â Son mérite, ne sera jamais content qu'il ôe le Vùle (t dissous : le major général Harriîibn est à la tête de
1 CJkrlyle^ CrôtnwelV» Lètterà and Speeches, t. II, p» 177, 103496;
— Godwin yHist. of theÇommonwealthj t. III, p. 448; — Forster, Statesme7i of the Commonwealth, t. III, p. 157-162; — Joumals of the H. ofCUYUt p; 273,275.