CROMWELL RENVOIE
d affaires reprendront leur cours. > Cromwell s'emporta contre Allen ^ et lui demanda compte de quelque cent mille livres sterling dont, comme trésorier de Tannée, il avait fraudé la République : n Ce n'est pas ma faute, d répondit Allen, « si mon compte n'est pas soldé depuis longtemps; je Tai plusieurs fqis pré^nté à la Chambre. » Cromwell le fit arrêter et emmener par ses soldats, La salle était vide; il en fit saisir tous les papiers, s'ap^ procba du clerc de service, Iqi prit des mains l'acte de dissolution qui était près de passer, le mit sous son habit, sortit le dernier, fit fermer les portes, et retourna à WhitebaU\
Il y trouva plusieurs de ses officiers qui y étaient restés, attendant Tévénement; après leur a\oir raconté ca qui venait de se passer \ « Quand je suis allé à la « Chambre, n leur dit-il, a je ne croyais pas que je fisse « cela ; mais j'ai senti l'esprit de Dieu si puissant sur
* Whitelqcke, p. 554; — L,eicester's Joumah p. 139-141 ;-:-Ludlow, Mémoires, t. II, p. 200-207;— PaWi a 7n. History, t. XX, p, 128;— Heath, A hrief Chronicle, etc., p. 628; — Bâtes, Elenchus motuum rvuperQTV'i'n in Anglia , part. II, p. 284; — Echard, ni$t, af England, t. II, p. 744 j — Peck, ^ernoirs of the life and actions qf Qli/ver Crom-^ well [PrefaceJ, p. 34-36; — Clarendon, Hist. of the Rébellion, 1. XIV, c. 1-0; — Burton, Parliarn^ntary Diary, t. ITI, p. 98, 209.
ilurendfint compte dç l'expulsion du Long Parlement ^ M t Ser- •vien (3 mai 1653), M. de Bordeaux donne quelques détails que je n'ai pasi fait entrer dans le récit même, ne les ayant trouvés dans aucun des écvivains anglais contemporains. Ils me paraissent d'ailleurs assez peu vraisemblables, étant en contradiction nvec le caractère général de l'événement ; mais ils ne laissent pas d'être curieux et la lettre qui les contient mérite d'être publiée.
{Documents historiques, n° XXIII.)
LE CONSEIL D'ÉTAT RÉPUBUCAIN («0 avril 1653;. 851
« moi que je n'ai plug écouté la chair ni le sang, n Quel* ques heures plqs tard^ dans Tapràfr-midi^ on Tinforma que le conseil d'État venait de se réunir dans la salle ordinaire de ses séances, à Whitehall même, sous la présidence de Bradshaw; il s'y rendit aussitôt, suivi seulement de Harrison et de Lambert : « Messieurs, » leur dit-il, « si vous êtes ici comme de simples particuliers, c( on ne vous dérangera point; mais si vous siégez « comme conseil d'État, ce n'est pas ici votre place ; « vous ne pouvez ignorer ce qui s'est fait à la Chambre « ce matin; prenez donc garde que le Parlement est « dissous. — Monsieur, » lui répondit Bradshaw, « nous « avons appris ce que vous avez fait ce matin à la « Chambre, et dans quelques heures toute l'Angleterre « l'apprendra; mais vous vous méprenez, monsieur, si « vous croyez que le Parlement est dissous ; aucun pouce voir sous le ciel ne peut le dissoudre que lui-même ; « prenez donc garde à cela^ » Tous se levèrent et sortirent. Le lendemain, 21 avril, on lut dans le Mercurius PoliticuSy devenu le journal de Cromwell : « Le lord <( général a exposé hier au Parlement diverses raisons « qui devaient faire suspendre actuellement ses séances, « ce qui a été fait. L'orateur et les membres se sont c( retirés. 11 est probable que les motifs de cet acte seront, « sous peu, rendus pubhcs. » Et ce même jour, à la porte de la Chambre, les passants s'arrêtaient devant
* Ludlow, Mémoires, t. II, p. 209-211 ; —Mercurius Politicus , n* 150 , p. 238; — Forster, ^iaiesmen of the Commonwealtht t. V, p. 66-68.— Godwin , Hist. ofthe Commonu^ealth, t. III, p. 456-459.
35a CROMWELL RENVOIE, ETC.
une grande affiche^ probablement rœu\re nocturne de quelque Cavalier ravi de se voir vengé des républicains par un régicide :
a Chambre non meublée^ à louer. »
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