PRISE DE DROGHEDA
lieutenants-colonels et leurs majors, quarante-quatre capitaines, leurs lieutenants et leurs enseignes; deux cent vingt cavaliers, deux mille cinq cents fantassins, outre les officiers d'état-major, les chirurgiens et beaucoup d'habitants*.»
Selon d'autres rapports, royalistes et même parlementaires, non-seulement le carnage dura deux jours, mais des officiers, découverts au bout de cinq ou six jours après avoir été cachés par l'humanité de quelques soldats, furent égorgés de sang-froid ; et au moment dû massacre, les femmes et les enfants ne furent pas plus épargnés que les hommes armés : « Ce fut, dit un contemporain, panégyriste de Cromwell, un sacrifice de trois mille Irlandais aux mânes de dix mille Anglais qu'ils avaient massacrés quelques années auparavant •. »
Le sacrifice ne produisit pas Teffet que Cromwell s'en était promis pour le justifier; il ne suffit point à prévenir Teffusion du sang; il fallut recommencer. Wexford, un mois après, se défendit comme Drogheda, et subit le même massacre. D'autres places, il est vrai, intimidées ou trahies, se rendirent, Corke, ROss, Youghall, Kilkenny; mais d'autres aussi, comme CuUen , Gowran et Clonmel s'obstinèrent à résister, quelques-
« Carlyle, CromwelVs Letters (16, 17 et 22 sept. 1649), 1. 1, p. 457- 465 ;— Pari. HisL, t. XIX, p. 201-210 ;— Whitelocke, p. 427-428.
2 ParLHi&L, t. XIX, p. 209;— Clarendon, Hist. of the RehelUon, Irelandj c. 82; — Mémoires de Ludlow, t. II, p. 2-4, dans ma CollecHon,