DÉFAITE ET ARRESTATION
le lieuionani-colonel Stracban, sectaire fougueux et officier bardi ; cinq cents hommes d'infanterie^ qu'avait réunis le comte de Sutberland^ se joignirent aux cavaliers de Strachan^ et ils étaient ensemble à Tain, sur la côte orientale du comté de Ross^ quand ils apprirent que Montrose était cam])é à quelques lieues seulement et se gardait mal, ignorant que rennemi fût déjà si près de lui. C'était le samedi 16 avril; Strachan hésitait à se mettre en marche, ne voulant pas courir le risque d'avoir à combattre le dimanche ; mais un mouvement que fit Montrose rapprocha encore les deux troupes; Strachan prit son i)arti et s'avança jusqu'à une lieue du camp de Montrost?^ établi à Corbiesdale, toujours sans information et mal gardé. Les escadrons de Strachan le chargèrent à l'improviste, et successivement, comme s'ils eussent été l'avant-garde d'une armée. Montrose voulut se replier sur un bois voisin; les soldats qu'il avait amenés d'Âlle* magne combattirent vaillamment ; mais les recrues faites dans les Orcades se débandèrent ; avec sa bravoure accoutumée, il essaya, mais en vain, de les rallier; son cheval fut tué sous lui, et il eût été pris sur le champ de bataille si son ami, lord Frendraught, ne lui eût, à l'instant, donné le sien. Ce ne fut plus qu'une déroute et un massacre ; dix officiers et plus de trois cents soldats furent tués; parmi les prisonniers, au nombre de plus de quatre cents, cent Irlandais furent fusillés. Montrose s'éloigna à toute bride, et dès qu'il fut hors de vue, il sauta à bas de cheval, jeta son habit, son Saint-George et son cordon de la Jarretière, prit les vêtements d'un
DE MONTROSE (avril-mai 1650). 100
paysan^ et s'enfonça à travers champs^ cherchant un asile. 11 erra quinze jours dans les montagnes des comtés de Ross et de Sutherland^ tantôt accueilli avec fer^eur^ tantôt repoussé avec effroi^ souvent exténué de fatigue et de faim^ et s'efforcant de gagner la côte. Le 3 mai^ soit malheur^ soit trahison^ il fut découvert et arrêté dans une chaumière^ sur les terres de Neil Macleod^ seigneur d'Âssynt^ jadis Tun de ses partisans^ qui le livra^ pour quatre cents balles de farine^ au parlement écossais ; et on le conduisit de là dans les châteaux de Skibo et de ft*aan^ où arriva Tordre de le transférer inmiédiatement à Edimbourg K
n était dans la pire des situations ; il avait contre lui le gouvernement et le peuple^ les haines profondes de ses rivaux et les colères brutales de la multitude. Elles s'unirent sur sa route pour l'outrager^ sans réussir, un moment à l'abattre. 11 soutint avec la même force d'âme les injures de ses ennemis et les adieux de ses enfants qu'il vit en passant chez son beau-père^ le comte de Southesk. Les marques de sympathie ne lui manquèrent pas absolument: au ctiâteau de la Grange^ où il logea avec son escorte peu avant d'arriver à Dundee^ la dame du château fit^ pendant la nuit^ pour le faire évader^ une tentative qui fut sur le point de réussir; et à Dundee même qui^ en 1645^ avait eu à souffrir de ses armes^ les
4 Wishart, p. 372-377;— Balfour, Annals of Scotland, t. III , p. 432; t. IV, p. 8-12;— Browne, Hist. ofiheHighlands, t. II, p. 30-36; Malcolm Laing, Hist. of Srotland, t. III, p 442-444.
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habitants^ loin éie le iRalb^aiter^ lui témeigaèitrat uf grand Fespefit, et Qbtiiire»t| à force d'inqtanc68^ de tm garder la permimoa de lui donner de« habits convftnaUafl^ en remplacement des vêtements grei^ers bous lesquels il avait été arrêté et que^ par insulte^ cm l'avait jusque-rlà contraint de garder *.
Il arriva le 17 mai à Leith, près d'Edimbourg. Le Pa^ lement se réunit le même jour et vpta que » iwi^ Grabam, tête nue et lié par une corde «ur une dîftrretifc jgrait conduit par le bourreau/ en costume et 1q duir peau sur la tête, depids la porte ditq W»Hr Qaiti jusqu'à la prison d'Edimbourg^ et amené de là à la barre dtt Parlement .pour y recevoir à genoux n sentânM de îïiprt ; flull ferait pendu à un gibet, à la iivMï^ A'iàmr \^\ïïgi aveii le livre qui contenait Tbistoire de ses gueir»! et sait rés§nt^ déclaration suspendus à son eou ; et qu-aprë ^trfi !çe%iè p@n<ln durant trois beures , son corps aepiît mis §P quartiersi par le bourreau, sa tète plantée swr use pique §t placée sur la tour à Textrémité de la prison, f^ imm Qt ses jambes sur les portes de Pertb et de St\if^ liBp[, d'Aberd^cn et de Glasgow ; que si, à sa mert, il in§ntrët quelque^ signes de repentançe et pouvait itft ainsi relevé de l'excommunication pronpnoée eontre lui par rGgU^> l^ tronc de son cori^ serait enseveli par ktf {§l§ôyeiifSii dans le dmetière de Gray-^Friars; sinon> il m-
rait enterré au lieu ordinaire des exécutions, sous l'échafaud, par les valets du bourreau *. » Les mœurs de ce
* Wishart, p. 379-382.
• Balfour, Annals ofScotland, t. ÎV, p. 12, 13.
DE MONTftQSIS (MAI 1650). Hi
temps étsiçpl ^çor^ ^«saz dur^n pour fim \% baij^ 4ep epnemls prit plaisir ^ un tel ^f^ec\^]e^ fçt q^e ]^s ^peçtftt^urs iodilTérentç çp fusseat p^us intin^id^s qy^
réYQlté?.
|j.e Jef^dçipWD, en effet, à quatrj^ heur^ aprèd m4if
Ifoqtrpse fat conduit, sur m wiem çbiST^l ^rçîQté, ^
J^çlth à la porte d'Édimbpurg[, où )es fpaij^strïti mu^ çîp^ux le reçurent en robes, escorté^ c}^ l^qr gi^rde fit dp (lourreail. Qn lui remit uqe çppi^ 4e la isentfioqe. Il la Igt e( la repdU ep (Ji^apt : ^je ^uis prêt; Je regrette fN^u|egnept que la migesté du roi, que je repfésept^, iHHt Si inii- ^emept traitée daps pia pei^sonn^, » Qp §^ ipit §n i^ar- ^be : Upntrose p'ôtait p^ sop (;l)ape^u ; le ^prrç^p Iq l^i Q^ttit ; trepter^uatre de ses offlpiers, ses çonipagQPAS dip captivité, m.£u*cba|ent, )i^ 4eu\ ^ deux, (Içv^ipt la cbarrette. Sur toute la ropte^ une gr^M^de fou)e ét/iit réppie, yepue avec le dess^ip d'assaillir Moptrosa de s^s pptrai^es ; piais la fernieté trapquille 4o son piaiaU^p, la l^ravité de sef regarda, l'indonipta|)le courage qui éi^lataît en lui, frappèrent si vivemept ce peppl^ que les outrages ^{irrétèrept, le sUepçe s'^t^blit autour <}u çort^g^, çt fut ipêmç iptgrropipp (;à et là par de§^ ^gp^ ie POffipAPfHC^ et par des prières en faveur de l'illustre prisonnier. Comme le cortège passait devant la maison du comte de Haray, lacharnette s'arrêta un moment; qudque$ personnes levèrept k( tète ; elles purent ^pçrççvpir derrière une fenêtre entr^ouverte le marquis d'Argyle avec sa femiUe et plusieurs de ses amis; il avait voulu repaître ces yeux de l'abaissepient 4e cet em3«m i devant lequel il avait