LES COMMISSAIRES ÉCOSSAIS
bourreau à suspendre à son cou, selon la sentence, l'histoire de ses guerres et le texte de sa dernière déclaration : R Je me tiens, dit-il, pour plus honoré de ceci que de la jarretière que j'ai reçue de mon roi.» On ne lui permit pas de s'avancer pour parler au peuple ; il adressa à ses voisins quelques paroles très^rsévérantes dans les sentiments de sa vie, mais tranquilles et pieuses. Il demanda la permission de mettre son chapeau pour mourir; on le lui refusa : de garder son manteau; on le lui refusa également : « Si vous pouvez, dit-il aux magistrats assistants, inventer encore quelques marques d'ignominie , je suis prêt à les endurer. » On dit qu'après avoir obéi au signal funèbre, le bourreau lui-même pleura, qu'un murmure douloureux s'éleva au sein de la foule, et qu'Argyle, en entendant les détails de cette grande mort, se montra troublé et triste, comme frappé de quelque regret ou d'un pressentiment de son propre
avenir*
Les commissaires du Parlement n'avaient point trompé Montrose quand ils lui avaient dit qu'ils avaient traité avec le roi et qu'il était près de revenir au milieu d'eux. Au moment même où Montrose commençait en Ecosse sa courte et fatale campagne, Charles recevait à Bréda les commissaires écossais et reprenait avec eux la discussion de leurs dures propositions. 11 y eut, autour de lui, à ce sujet, de vits dissentiments : ses plus sensés et plus
* Wishart, p. 392^05 ;—Balfour, t. IV, p. 22;— Malcolin Laing, Hixt. ofScotland, t. III, p. 444-447, 582.