A BRÉDA
honnêtes conseillers Texhorlaient à ne pas subir un tel joug; ils voulurent s'appuyer de rautorité de Hyde en qui Charles avait conflance et qu'il venait d'envoyer en ambassade à Madrid : a Si le roi se met entre les mains des Écossais^ répondit Hyde au secrétaire d'État Nicholas, on ne pourra pas les accuser de l'avoir trompé, car certainement ils ne le traiteront pas plus mal qu'ils ne le promettent en demandant tout ce qu'ils lui deman-r dent. Je voudrais que les personnes qui engagent le roi à y consentir agissent aussi franchement, et qu'elles dissent nettement au roi qu'il doit jurer le covenant et l'imposer à tout le monde, et que tous devront l'observer. Mais dire que le roi doit se mettre entre les mains des Écossais dans l'espoir qu'il sera dispensé de jurer le covenant, et qu'il pourra en dispenser ses amis, ou que, lui et nous, nous devons prêter ce serment et le violer ensuite comme il nous plaira, c'est là une folie et un athéisme dont nous devrions rougir d'avoir la pensée. Ah! monsieur le secrétaire, si j'étais maintenant àBréda, je m'enfuirais aux Indes plutôt que de m'engager dans de tels conseils*. »
Tant qu'il y eut quelque incertitude sur l'issue de l'expédition de Montrcse, Charles hésita; son bon sens et sa dignité le rangeaient à l'avis de Hyde ; mais lorsqu'on sut, à Bréda, Montrcse battu, fugitif et bientôt prisonnier, les conseillers légers et de peu de foi l'em-
' Clarendon, Siate-Papers, t. III, p. 14; — Carte, Ormond's Letters, t. I , p. 373; — Clarendon , Hist. of the RehelUont 1. xii, c. 120-127.