‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 28 sur 132 · SITUATION DE · texte numérisé non relu

SITUATION DE

assura son auditoire que ^ a mainten^Mit q^e }^ colère du ciel était apaisée, on remporterait une victoire facile sur un général blasphémateur pt sur une armée de sectaires *. »

Peu de jours après cette humUiation, CJîarJes dpfmajt audience au docteur King, doyen de Tuam, qui retournait m Irlîinde auprès du marquis d'Or^ond : a Monsieur King , lui dit-il, j'ai lionne opinion de vous; je n'ijésite dope pas à vous donner l'assurance que, si la nécessité de mes affaires m'oblige à d'autres apparences, Je n'en suis pas moins un fidèle enfant de l'ÉglisjB d'Angleterre et que je reste ferp^e dans iqes preiniers prijicipes. M. King, je suis un vrai Cavalier. Vous allez en Irlande ; milord d'Ormond est l'Uomme du monde sur qiii je compte le plus. Je crains bien d'avoir été fqrcé de f^ire certaines choses qui lui seront nuisibles. Ypqs avez entendu dire comment on m'a extorqué une déclaration, et comment j'aurais été traité si je ne l'avais pas signée. Mais ce qui concerne l'Irlande n'e^t pas obligatoire, car je ne puis rien faire, qnant à ce royaui^e, sans l'avis de mon conseil irlandais; ceque j'ai f^it n'est donc rien ; je n'en crains pas moins que cela ne nuise à milord d'Ormond et à mes amisavftour de lui. Si vous pouyez lui donner satisfaction sur ce que j'ai été coi^-

1 Malcolm Laing, Hist. of Scotland^ t. III, p. 454-457; Whitelocke, p. 468-469; — Carlyle, CromwelVs Letters, t. II, p. 26 ; — Lingard, |f»*^ çfEngland, t. XI, p. 49-51;— Brodiç, Mist. of th^ J^ritish empire, t. IV, p. 281-284; — Burnet, Hist. de mon temps^ t. I, p. 119-120, dans ma CoZîf'cfton.

CUOMWKLL EN ECOSSE 11650,. m

traint de faire à cet égard^ vous me rendrez un vrai service. Et dite»-lui que je regarde^ non-eeulement comme faute^ mais comme un malheur , de n'être pas allé en Irlande quand il m'y a appelé ^ »

Cromwell n'ignorait rion de ces dissensions du gou* vernement écossais ; mais il se trouva bientôt lui-même^ avec son armée^ dans unq situation si difficile qu'il fut plus occupé d'échapper à ses propres périls que d'exploiter les faiblesses de ses ennemis. A mesure qu'il avançait sur le territoire d'Ecosse, entre la frontière et Edimbourg, la population se retirait devant lui avec ses bestiaux, ses provisions, ses meubles, laissant à peine dans les villages quelques vieilles femmes qui refusaient même de cuire du pain ou de brasser de la bière pour les Anglais. C'était le fruit des ordres de Lesley et des prédications des ministres presbytériens qui ne cessaient de tonner contre les sectaires étrangers, annonçant (ju'ils massacreraient tous les habitants entre seize vi soixante ans, qu'ils couperaient la main droite à tous les jeunes gens entre six et seize ans, qu'ils brûleraient les éeins dés femmes et détruiraient tout sur leur passage. En vain Cromwell avait publié et faisait répandre sur la route deux proclamations adressées , Tune « au peuple d'Ecosse, » l'autre « à tous les saints qui partagent la foi des élus de Dieu, » et destinées , l'une à dissiper les terreurs, l'autre à satisfaire les passions pieuses de la population ; en vain il maintenait dans son armée la plus

• Carte, Ormond\Letters, t. I, p. 391.

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