‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 34 sur 132 · DE CHABIJPS II (OCTOBRE (1050). M · texte numérisé non relu

DE CHABIJPS II (OCTOBRE (1050). M

quait ay^ bonne grfice à calmer ses méfiances ou aei déplaisirs. Il alla même jusqu'à lui laisser entrevoir qu'il pourrait bien f^pouser sa flUe, et le capitaine Titus, presbytérien agréable à Argyle, fut envoyé en France à la r^ipe mère, comme pour obtenir son consentement K

Cromwell, libre du grand souci qui lavait un moment absorbé, observait attentivement ces évolutions politiques de ses ennemis, se promettant bleu d'en profiter. Il sayait également parler aux masses et aux individus, faire appel aux croyances et traiter avec les intérêts. La déclaration qu'en mettant le pied en Ecosse il avait adressée a à tous les saints qui partagent la foi des élus de Dieu » fut, de la part de TÉglise écossaise, l'objet d'une yiye réponse : Cromwell saisit à Tiiistant cette occasiqn pour entrer, avec les presbytériens écossais, en correspondance et en controverse, discutant leurs argu* ments et leurs actes, les renvoyât à tels ou tels passages des livres saints, et provoquant, entre eux et lui, le jugement populaire des fidèles : « Vous leur cachez, ditril, les papiers que nous vous envoyons; ils y verraient quels sentiments d'alTection sont pour eux dans nptre âme. Envoyez au milieu de nous autant de vos papiers qu'il vous plaira ; ils y opt libr^ passage. Je ne les crains pas. 0 Dès qu'il fut malt^ d'Edimbourg, il fit écrire au gouyerneiir du château, où la plupart des ministres

* Clarendon, Hist. of the Rébellion, 1. xiii, c. 49-50; — Malcolm Laing, Hist. of Scotland, t. III, p. 461-465; — Burnet, Histoire de mon temps, t. I, p. 121, dans ma Collection.

144 SUCCÈS DE OROMWSLL

presbytériens s'étaient réfugiés^ «quils pouvaient rentrer dans la ville et venir prêcher librement dans leurs églises^ qu'ils n'avaient ni insulte ni désagrément à redouter, car il avait donné, dans son armée, des ordres formels à cet égard. » As s'y refusèrent, « ne trouvant pas, dirent-ils, dans ses paroles, des garanties suffisantes pour la sécurité de leur personne et la liberté de leur retour. » 11 les tança de leur pusillanimité, disant que « s'ils avaient surtout à cœur le service de leur maître (comme ils l'appellent), ils n'auraient pas l'imagination si alarmée sur leur propre compte, » et affirmant hardiment que personne, en Angleterre ou en Irlande, n'était inquiété pour prêcher l'Évangile, «à moins qu'on ne prétendît, sous ce prétexte, dominer ou humilier le pouvoir civil. » Il se préoccupait peu de l'exactitude de ses assertions pourvu qu'elles fissent, au moment où il parlait et sur le public auquel il s'adressait, l'impression dont il avait besoin *.

Quelques mois plus tard, pendant un séjour qu'il fit à Glasgow, il assista souvent à des sermons presbytériens, soigneux de protéger la liberté des prédicateurs, même quand ils l'attaquaient, et toujours empressé d'entrer en discussion avec eux. « Il leur demanda un jour, dit l'un de ses officiers, de se rendre à une conférence amicale et chrétienne, pour nous entretenir des chosesqu'ils nous reprochaient, et afin de faire cesser, s'il était possible.

» Carlyle, CromwelVs Letters, t. II, p. 18-22, 56-73; -Par?. Hixt., t. XIX. p. 320-323;— Thurloe, State-Papers, t. I, p. 158-162.

touslesmalentendus. nsyconsentirentmercredi dernier. n n'y eut là, d'aucun côté, point d'amertume ni de passion ; tout se passa avec modération et douceur. Milord général et le major général Lambert soutinrent presque seuls, pour nous, la discussion ; de l'autre part, M. James Guthrie et M. Patrick Gillespie. Nous ne savons pas s'ils se tinrent pour satisfaits ; ce dont je suis sûr, c'est qu'il n'y avait pas, dans leurs arguments, de quoi nous décourager de ce que nous avons entrepris*. »

Cromwell apportait à se concilier les personnes , autant de soin qu'à ménager ou à ramener les sentiments populaires. Il trouva, parmi ses prisonniers, Alexandre Jaffray, prévôt d'Aberdeen, et M. Carstairs, ministre presbytérien de Glasgow, tous deux intelligents et influents; il s'entretint familièrement avec eux et les traita si bien qu'il s'empara de leur esprit ; il s'empressa alors de les échanger contre quelques prisonniers anglais retenus dans le château de Dunbarton, et ils devinrent pour lui, dans le pays, d'utiles agents. Il ne laissait échapper aucune occasion de se montrer prévenant et confiant envers les hommes qu'il savait plus favorables à la RépubUque qu'à Charles Stuart, envers sir Archibald Johnston, entre autres, dont il se fit dès lors un ami secret, et plus tard un énergique allié. Dans les circonstances même les {dus insignifiantes, par caractère ou par calcul, il prenait soin de plaire, aux indifférents ou à ses ennemis. Faisant un jour, avec quelques offl-

1 Carlyle, CromwelVa Letters, t. II, p. 120-121.

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