‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 35 sur 132 · DISSENSIONS EN · texte numérisé non relu

DISSENSIONS EN

ciers^ une reconnaissance dans le comté de Lanark^ il eut besoin d'un guide^ et n'en put trouyer d'autre qu'un jeune homme malade^ ûls de sir Walter Stewart d'Al* lerton y gentilhomme royaliste qui ayait un autre de ses fils capitaine dans l'armée écossaise^ à la bataille de Donbar : la reconnaissance faite^ Cromwell entra au château; sir Walter s'était caché; sa femme/ aussi royaU^te que lui^ reçut seule le général républicain; Cromwell causa avec elle^ lui parla avec intérêt de son mari^ de ses parents^ de ses enfants^ lui dit qu'elle deyrait faire changer de climat à son fils malade^ et que Montpellier, dans le midi de la France^ serait pour lui le meilleur séjour. Un autre fils^ enfant de dix ans^ s'approcha de Cromwell et toucha la poignée de son épée : « C'est bien, lui dit Cromwell en lui frappant sur l'épaule, vous êtes mon petit capitaine. » Il se leya de table, fit à haute voix sa prière accoutumée, en priant pour la famille dans laquelle il se trouvait, et partit laissant la maîtresse du château émue de sa bonté et de sa piété : « Elle était sûre, dit-elle, que Cromwell était un homme craignant Dieu et qui avait à cœur le véritable intérêt de la reUgion ^ »

Ainsi fomentée par l'habileté de Cromwell, la scission éclata parmi les Écossais : plus les chefs presbytérienjB devenaient modérés et témoignaient de déférence au roi et de tolérance à ses amis, plus les fanatiques s'échauffaient et s'éloignaient de lui. Ils étaient surtout

« Carlyle, CromweU's Letters, t. II, p. 104-105 ; 118-124.

irrités des résolutions du Parlement qui^ moyennant quelques expressions de repentir^ aidaient rouvert aux anciens royalistes la cour et l'armée ; ils adressèrent^ à

ce sujets au comité des Etats^ une remontrance violente, attaquant ouvertement le roi^ déplorant qu'on Teût rappelé^ demandant qu'il fût écarté, du moins pour un temps^ de toute participation au^ouvernement; que ses ministres, Argyle et Loudon entre autres^ fussent changés ; et protestant contre toute idée d'invasion en Angleterre, même contre la guerre, comme essentiel^ lement illégitime si elle était conduite dans Tintérôt et par les mains des royalistes libertins ou liypocrites. Après la défaite de Dunbar, cinq comtés du sud-ouest de rÉcosse, dans lesquels ces sentiments dominaient, s'étaient formés en association pai*ticulière et avaient demandé à lever des troupes pour leur compte, déclarant qu'ils résisteraient toujours aux sectaires anglais, mais qu'ils ne voulaient plus servir sous Lesley. Le parlement de Perth avait eu la faiblesse d'y consentir ; trois ou quatre mille honunes avaient eu effet été levés dans ces comtés, et ils étaient sous les ordres des colonels Kerr et Strachan, les deux officiers les plus fougueux de l'armée, et tous les deux, Strachan du moins, en relation intime avec Cromwell. Les fanatiques avaient donc là des troupes et des chefs. L'émotion fut grande dans le gouvernement écossais; on vota que la remontrance était calomnieuse, factieuse et dangereuse ; et le colonel Montgomery eut ordre d'aller, avec deux régiments de cavalerie, prendre le commandement de toutes les

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