A SCONE {V JANVIER
llÊglise^ s'est reproché solennellement cette faute devant leur assemblée^ et en est sorti pour rentrer dans sa maison*. »
Charles se félicitait autant que Cromwell de cette désorganisation du parti presbytérien; car en même temps^ et par une correspondance naturelle, le parti royaliste se reformait; les hommes modérés s'engageaient de plus en plus dans ses rangs pour échapper au joug des sectaires; ceux-ci se décriaient, aux yeux de la population tranquille, et par leurs violences et par leurs re- ^ vers; les grands seigneurs royalistes reprenaient de rinfluence.
Le couronnement eut Ueu dans l'église de Scone, le l** janvier 1661, avec l'ancienne pompe royale; et malgré la rudesse presbytérienne du sermon prononcé à cette occasion par Robert Douglas, modérateur de l'Assemblée générale de l'Église, malgré la rigueur ininteUigente des serments exigés de Charles, un sentiment de loyauté sérieuse et dévouée animait toute la cérémonie; les assistants, laïques ou ecclésiastiques, nobles ou peuple, quelque mal assorties que fussent leurs idées en fait de gouvernement , voulaient sincèrement la royauté pour leur pays et Charles Stuart pour roi. Par respect pour son droit, ils affrontaient, en le couronnant, une lutte bien inégale] : heureux s'ils avaient
* Carlyle, CTom\£e\Vs Letters, t. II, p. 82-84; — Baillie, Letters, t. II, p. 348-369 ;—Burnet, Hist. de mon temps, t. I, p. 116-119,— Malcolm Laing, Hist. ofScotland, t. lîl, p. 461-466.