EN ANGLETERRE
que Cromwell l'hypocrisie de la modestie^ ni si facilement subordonné sa vanité à son ambition *.
Deux incidents vinrent imprimer aux affaires et à la guerre une direction nouvelle et inattendue. Cromwell tomba gravement malade. Des complots royalistes éclatèrent en Angleterre.
Depuis que Charles était en Ecosse, les royalistes anglais s'agitaient de tous côtés pour lui venir en aide. Il avait envoyé à plusieurs d'entre eux des commissions signées en blanc pour leur donner pouvoir de lever des hommes, de conférer des fonctions, de faire des promesses, d'agir enfin pour lui et en son nom. Parmi les Cavaliers qui vivaient en Angleterre, beaucoup étaient indiscrets, car témérité ou par vanité; ceux qui étaient en sûreté suf le continent, en Hollande ou à Paris auprès de la reine mère, compromettaient souvent, pai^ leurs correspondances ou par leurs conversations, leurs amis dans leur patrie; la Jalousie et la méfiance étaient grandes entre les divers groupes de ces proscrits qui se disputaient ou l'influence dans les ennuis de l'exil, ou les espérances de l'avenir ; tantôt ils refusaient de se conununiquer et de s'entendre; tantôt ils se livraient les uns les autres, par haine ou par légèreté. Le conseil d'État républicain avait organisé, contre eux et parmi eux, une police 4rè8-activc; un de ses membres, Scotf^ en était spécialement chargé, et ne manquait, pour s'en
* Carlyle, CromwelVs Letters, t. II, p. 109-113; Harris, Life of 01. CromweU (Londres, 1814), t. III , p. 241, 518.