CROMWELL TOMBE MALADE
acquitter^ ni d'adresse ni d'argent. Dans les années 1650 et 1651 9 quatre complots royalistes furent ourdis^ soit par d'anciens Cayaliers, soit par des presbytériens d'autant plus zélés que leur conyersion était à la fois récente et sincère : ils échouèrent tous^ et dans l'espace de treize mois^ vingt-sept royalistes^ militaires ou civils^ laïques ou ecclésiastiques, connus ou obscurs, montèrent sur l'échafaud, condamnés quelques-uns par des cours martiales, la plupart par ces hautes cours de justice chargées non déjuger les prévenusselon les lois, mais de défendre la RépubUque contre les sentiments du peuple et les entreprises de ses ennemis. Tant d'échecs ne découragèrent pas les royalistes anglais; ils étaient dévoués, tracassés et oisifs; leur roi était en Ecosse; là on se battait pour lui ; de là leur arrivaient, sur ses périls , sur ses forces, sur ses desseins , des notions vagues qui entretenaient leurs colères ou leurs espérances; ils ne pouvaient se résoudre à rester immobiles dans leur cause si vivement débattue à leurs portes; et ils renvoyaient à leur tour en Ecosse le bruit de leurs tentatives de soulèvement, leurs illusions et leurs promesses K
Pendant que l'esprit royaUste se relevait ainsi en Ecosse et fermentait en Angleterre, Cromwell, au retour d'une longue marche d'hiver à la tête de ses troupes, sous une pluie et une neige glacées> fut saisi à Édim-
* Milton, State-PaperSf p. 33, 34, dn^^JovAimls ofthe House of commons, t. VI, p. 504, 506;— Whitelocke, p. 484, 486 ;— Carte, Ormond's Letters^ t. I, p. 414; — Clarendon, JBTw*. of the ReheU Iton, 1. XIII, c. 117, 118, 119.
bourg d'une fièvre violente. Le mal devint grave; le Parlement et le conseil d'État s'en inquiétèrent et envoyèrent à Cromwell, par un exprès^ de vifs témoignages de leur sollicitude; il répondit à Bradshaw : a Je vous exprime mon humble reconnaissance de votre haute faveur et de vos tendres égards pour moi^ indigne que j'en suis. Vos affaires n'ont pas besoin de moi^ milord ; je suis une pauvre créature ; je n'étais naguère que des ossements desséchés^ et je suis encore un serviteur bien inutile pour mon maître et pour vous. J'ai cru que je mourrais de cette maladie ; le Seigneur semble vouloir en disposer autrement ;. mais en vérité^ milord, je ne désire pas de vivre, à moins qu'il ne me fasse la grâce d'employer mon cœur et ma vie à lui témoigner plus de reconnaissance et de foi et à être plus actif et plus utile pour ceux que je sers. i> 11 se trouva mieux et reprit son train de vie ordinaire : a Le lord général est maintenant rétabU, écrivait-on d'Edimbourg à Londres; il a dîné aujourd'lmi avec ses officiers; il y était animé et gai ; nous n avons plus de crainte ; avec la grâce de Dieu, il sera bientôt en état de rentrer en campagne. » 11 y rentra en etTet ; mais la maladie recommença, et trois rechutes successives en attestèrent l'opiniâtreté. Le Parlement fit partir pour Edimbourg deux médecins célèbres, les docteurs Bâtes et Wright, et Fairfax leur donna sa propre voiture pour leur voyage. Enfin la Chambre vota que « vu l'indisposition du lord général et l'âpreté du cHmat où il se trouvait, on l'engageait, à raison de sa santé, à venir dans quelque partie