CHARLES II ENTRE
de l'Angleterre, où, par la grâce de Dieu et à Paide de remèdes efficaces, il pût retrouver assez de santé et de force pour retourner à Farmée dont, en attendant, il était le maître de placer le commandement entre telles mains qu'il jugerait convenables*. »
Quand ces votes arrivèrent en Ecosse, un fait important venait de s'y accomplir, et faisait pressentir, dans le parti royaliste, de nouvelles résolutions. Les modérés, Hamilton et Lauderdale à leur tête, avaient décidément pris l'ascendant dans le parlement écossais; Argyle faisait de vains efforts pour s'y opposer ; Charles, tout en le ménageant , • lui et ses amis , employait avec succès sa bonne grâce et son adresse à faire prévaloir leurs adversaires ; l'armée fut réorganisée selon ^ ses désirs ; malgré de vifs débats et la protestation formelle du chancelier lord Loudon, beaucoup d'anciens royalistes, et des plus prononcés, furent nommés colonels. Enfin le parlement invita le roi à prendre luimême le commandement, et Charles devint effectivement le chef de ses troupes comme de ses conseils, aii moment même où le Parlement d'Angleterre engageait Cromwell malade à quitter l'Ecosse où il semblait près de mourir *.
Un mois s'était à peine écoulé, et soit vigueur de son
* Jowmaîs of the Q.ouse of commons^ t. VI, p. 579 ; — Carlyle, CronvwelVs Letters^ t. II, p. 113, 125 ; — ^Whitelocke, p. 494.
s Malcolm Laing, Hist, of Sèotlandj t. III, p. 466; — ^Browne, JRist. çfthe BighlandSj i. II, p. 69 ; — Godwin , Hist. ofthe Commonwealth, t. III, p. 246.
EN ANGLETERRE (juillet 1651). 155
tempérament, soit énergie de sa volonté, Cromwell guéri rentrait vivement en campagne, manœuvrait auteur de l'armée écossaise de nouveau enfermée, à Stirling, dans ses retranchements, soumettait les oomtés d'alentour, faisait tomber, par assaut ou par trahison, la plupart des chftteaux forte qui tenaient encore, battait, soit en personne, soit par ses lieutenants, les corps détadiés qui easayaient de l'arrêter dans ses mouvements, et mettait enfin le siège devant Perth, menaçant ainsi Charles, campé à Stirling avec son armée, de lui enleyer, sur ses derrières, le chef-lieu de son gouvernement. Chartes prit brusquement alors la résolution qu'il méditait depuis longtemps : il annonça à son conseil son intention de lever le camp et de porter la guerre en Angleterre où ses partisans n'attendaient que sa présence pour éclater. Bien des chefs écossais, à coup sûr, quoique fermement royalistes, étaient loin d'approuver, dans leur cœur, un tel dessein; ils avaient peu de goût à se compromettre à ce point avec leurs redoutables voisins ; quelquefois même ils avaient insinué à Charles qu'il ferait bien de se contenter de la couronne d'Ecosse, et de laisser l'Angleterre se débattre, tant qu'il lui plairait, sous le joug de sa République et des factions révolutionnaîfes. Le souvenir de l'invasion tentée en 1647 par le feu duc de Hamilton, et de son mauvais succès, était encore présent aux esprits. Cependant la plupart se turent et adhérèrent, intimidés par la volonté du roi ou entraînés par l'empire qu'exerce toujours sur les âmes une résolution hardie dans une situation près-