‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 43 sur 132 · LETTRE DE CROMWELL · texte numérisé non relu

LETTRE DE CROMWELL

tait; il écrivit le 4 août au Parlement : a Nous avons eu quelque nouvelle de la marche de Tenuemi vers le midi^ bien qu'avec des contradictions qui rendaient le fait douteux. Présumant que ce pouvait être vrai^ nous sommes en toute hâte revenus sur nos pas; notre infanterie et la plus grande partie de notre cavalerie ont passé aujourd'hui le détroit; nous marcherons aussi rapidement que nous le pourrons sur Tennemi qui^ dans sa crainte et son déses^toir, et poussé par une impérieuse nécessité^ s'est décidé à tenter la fortune dans cette voie. J'appréhende que, s'il marche sur l'Angleterre, comme il a sur nous quelques jours d'avance, cela ne trouble l'esprit de quelques personnes et n'entraine quelques inconvénients. Je les sens profondément, et j'ai été, et je serai aussi vigilant que qui que ce soit pour les pré* venir. Ce qui me console, c'est que j'ai agi pour le mieux, selon mon jugement et en toute simplicité de cœur devant Dieu ; j'étais convaincu que, si nous ne mettions pas fin à cette affaire-ci, elle entraînerait un autre hiver de guerre, à la ruine de nos troupes qui ne sont pas aussi endurcies que les Écossais aux rigueurs de ce cUmat, et avec des dépenses infinies pour le trésor pubUc de l'Angleterre. On pensera que nous pouvions empêcher ce mouvement de l'ennemi en nous interposant entre lui et notre pays. Je crois vraiment que nous le pouvions; mais comment nous aurions pli, sans faire ce que nous avons fait , faire abandonner à l'ennemi la position qu'il occupait, c'est ce <jue je ne sais pas ; à moins que nous n'eussions eu

AU PARLEMENT (4 août 1651). 159

une forte armée sur l'une et Tautre riye du Fortb^ ce

que nous n'avions pas Comme il est possible que

l'ennemi tous cause quelque embarras, je vous prie de vouloir bien, avec le même courage et la même confiance en Dieu qui tous ont soutenus dans les grandes choses que Dieu a jusqu'ici faites par vos mains, mettre en mouvement toutes les forces que vous pourrez rassembler, afin d'arrêter un peu Tennemi, jusqu'à ce que nous puissions Fatteindre, ce qu'avec Taide de Dieu nous nous efforcerons de faire promptement. Nous avons cette rassurante expérience que Dieu glace les cœurs de nos ennemis ; quand nous les rencontrerons face à face, nous espérons que le Seigneur fera éclater la folie de ce dessein désespéré. L'Angleterre était naguère bien plus troublée qu'elle ne Test maintenant ; une armée écossaise bien plus considérable que celle-ci, et qui n'avait jamais été battue, nous envahit ; nous n'avions que bien peu de forces pour lui résister à Preston ; nous n'hésitâmes cependant pas à nous jeter entre elle et l'Ecosse, et comment Dieu nous fit réussir, c'est ce qu'il ne faut pas oubUer. Le mouvement que vient de faire l'ennemi n'est pas de notre fait, et n'arrive que par une sorte de nécessité ; espérons qu'il aura la même issue. Ce sera la fin tant désirée de votre œuvre; nous devons compter sur le Seigneur, sur les expériences que nous avons déjà faites de son appui, vi espérer dans sa présence qui est la vie de notre cause*. »

i Pari. Hist., t. XIX, p. 455, 498 ;— (îodwin, Hist. of the Coin-

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