MESURES DU PARLEMENT
Cromwell ne s'était pas trompé ; le trouble fut grand dans Londres ; la peur se cachait sous la colère ; dans le Parlement comme dans la Cité^ et jusque dans Tintérieur du conseil d'État, on s'en prenait à lui, on déclamait contre lui; on se demandait s'il n'avait pas traité avec Charles Stuart : «11 y eut des hommes, dit mistriss Hutchinson, qui témoignèrent d'indignes et ridicules frayeurs, et Bradshaw lui-même, tout ferme dé cœur qu'il était, ne pouvait s'empêcher, en particulier, de manifester ses craintes. » Mais, parmi les chefs du moins, l'ébranlement fut court ; Vane, Scott, Robinson, Henri Martyn , étaient des hommes d'un courage actif et obstiné, passionnément dévouéç à leur cause, et compromis d'ailleurs à ce point où le courage, sans cesser d'être une vertu, devient une nécessité. Ils prirent surle-champ des mesures pour faire face aux événements et pour raffermir les esprits. L'armée, à laquelle ils avaient ajouté trois mille chevaux et mille dragons, reçut une nouvelle augmentation de quatre mille fantassins. La miUce fut remise en vigueur dans tout le territoire. Trois régiments de volontaires furent formés dans Londres et aux environs, spécialement affectés au service et à la garde du Parleijrient. Des hommes ardents et influents, entre autres le colonel Hutchinson et John Cleypole, gendre de Cromwell, levèrent eux-mêmes des escadrons semblables, et le Parlement vota les sommes
monweàlth, t. III, p. 253 ;--Carlyle, CromwèlVs Letterx, t. II, p. 135-137.