‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 5 sur 132 · ORGANISATION DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU GOUVERNEMENT

tiques au contraire accueillirent avec empressement ces grands seigneurs encore puissants par leur richesse et par leur nom, et que leur fanatisme ou leur bassesse livrait au parti qui avait détruit leur ordre. La liste proposée par les conunissaires du Parlement fut acceptée tout entière^ sauf deux noms^ Ireton et Harrison, que probablement on jugea trop attachés à Cromwell, et qui furent remplacés par deux républicains méfiants et roides envers Tarmée et ses chefs. Ils étaient tous nonrunés pour un an ^

Quand ils se réunirent pour la première fois^ on leur demanda de signer un engagement portant qu'ils approuvaient tout ce qui avait été fait pour le jugement du roi et pour Tabolition de la monarchie et de la Chambre des lords. Quatorze conseillers d'État seulement assistaient à cette réunion; treize souscrivirent sans hésiter la déclaration proposée^ et une réunion nouvelle fut convoquée pour le surlendemain ; trente-quatre membres s'y rendirent, et le même jour Cromwell rendit compte au Parlement de ce qui s'y était passé. Six conseillers d'État de plus, en tout dix-neuf, avaient signé l'engagement; vingt-deux persistaient à le repousser. Us se disaient résolus à servir fidèlement, dans ravenhr, le gouvernement de la Chambre des com-

* JoumaU of ihe House of commons, t. VI, p. 140-143. — Mémoires de hudlow, t. I, p. 357, dans ma Collection des Mémoires relatifs à la RévolwUon d'Angleterre ; — Godwin, Hist. ofthe Commonwealth,

» Le 17 février 1649.

munes^ pouvoir suprême, seul resté debout et nécessaire pour les libertés et le salut du peuple; mais par des motifs divers et en termes plus ou moins nets, ils refusaient de s'associer à tout le passé. La Chambre émue entra sur-le-champ en délibération, interdisant à tous les membres présents de sortir de la salle sans une permission expresse; mais le bon sens politique réprima la passion; on ne voulut pas, aux premiers jours de la République, faire éclater les dissensions des républicains; les régicides comprirent quils seraient trop faibles slls restaient seuls ; la Chambre se tx^rna à ordonner que les conseillers d^tat qu'elle avait nommés se réuniraient pour conférer entre eux sur ce qu'il y avait à faire dans cette circonstance , et qu'ils viendraient ensuite lui donner leur avis. L'afTaire fut réglée sans plus de bruit; on se contenta de l'engagement de fidélité que les dissidents offraient pour l'avenir, et ils prirent leur place, à côté des régicides, dans le conseil d'État républicain*.

Ce compromis fut surtout l'œuvre, d'une part, de Cromwell, de l'autre, de sir Henri Vane, le plus éminent, le plus sincère, le plus capable et le plus chimérique des républicains civils. 11 était révolutionnaire ardent, et il détestait les violences révolutionnaires. Lorsque, le 6 décembre 1648, l'armée expulsa de la Chambre des communes tout le parti presbytérien,

• Joumals of the House of commons, t. VI, p. 139, 146; — Whitelocke, p. 382; — Godwin, Hist, ofthe CommonweaUh, t. III, p. 2S- 31 ; — Cromwellianay p. 52.

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