ATTITUDE DE LA COUR DE FRANCE
times : autant le public^ 8ur l&continent^ laissait éclater^ OTvers les républicains juges de Charles P', son mauvais vouloir, autant les gouvernements, par calcul ou par crainte, se montrèrent indifférents et réservés. Les ambassadeurs hollandais qui avaient été envoyés à Londres pour tenter de sauver le roi, demandèrent, après sa mort, qu'on ne publiât rien de leurs démarches auprès du Parlement ; et si Tun d'eux , Adrien Pauw , quitta sur-lechamp TAngleterre, l'autre , Albert Joachim , continua d'y résider. Anne d'Autriche et Mazarin avaient jugé convenable que le jeune roi de France fît, pour la vie du roi son oncle, quelque effort; Louis XIV écrivit à Cromwell et à Fairfax deux lettres solennelles ^ ; mais avant même que M. de Varennes, chargé de les porter, eût quitté Paris , Charles P' était exécuté, M. de Bellièvre, alors ambassadeur de France à Londres, ne tenta rien en sa faveur; il ne demanda pas même à le voir : on en témoigna quelque surprise à Paris, dans le conseil du roi ; mais Bellièvre y fut défendu et approuvé : « Je vois le besoin que j'ai eu de votre protection, écrivait-il le 24 février 1649 à M. Servien, et la bonté avec laquelle vous mei'avez départie... Je crus qu'il valait mieux être blâmé pour n'avoir point rendu un office que chacun pouvait juger ne devoir produire aucun effet pour le roi d'Angleterre , que d'être coupable du mal que cet office aurait pu causer aiït affaires du roi ; car, comme vous le connaissez très-bien, monsieur, on est ici si soupçonneux
' Le 2 févfier 1649. {Documents historiques, n» IV.)
ENVERS LA RÉPUBLIQUE. lô»
pour ce qui est de la France^ que ce qui serait indifférent en d'autres est déclaré criminel quand il vient de notre part; et comme, des étrangers, ils ne craignent que nous, ils prennent tellement garde à nos actions et à noi paroles, que le moindre témoignage du ressentiment qu'on doit avoir de ce qu'ils ont fait serait capable dé faire faire l'allijuice avec TEspagne ; et c'est cette connaissance, jointe aux ordres généraux que j'ai toujours reçus de ne point irriter ces gens-ci, qui m^a fait résoudre à en agir comme j'ai fait..... Je ne saurais me repentir d'avoir été trop circonspect, me trouvant maintenant fortifié de votre avis^ p
Après l'exécution de Charles !«', Belliè^re persista dans sa circonspection : « SU y avait ici une cour, écrivait^, il lie me faudrait point d'autre règle pour le temps de prendre le deuil et la manière de le fiiortor ; mais cela n'étant pas , je crois devoir attendre ce qu'il vous plaintm'en ordonner*. oOnlul ordonna de prendre le deuil et de partir ; on ne voulait pas plus reconnaître la République d'Angleterre que Tirriter. Beilièvre {)artit, mais seulement au l)out de trois mois % et en laissant à Londres son secrétaire GrouUé , chargé de veiller, quoique sans caractère officiel, aux intérêts de la France. Les dernières relations de l'ambassadeur avec le Par-
* Wicquefort, Histoire des Provinces-Unies, t. IV, p. 162; — Manwcrits de Briennej à la Bibliothèque impériale; — Archives des Agkârm étttskgètês de France.
* Le président de Beilièvre à M. Scrvien, 8 février 1649. [Archivés dês Affairu étrangères de France.)
» Xn maÀ 1649.