ATTITUDE DE LA COUR D'ESPAGNE
lement furent difficiles ; il essaya, mais en vain, d'ob tenir ses passe-ports sans prendre congé; il fut obligé de faire une visite à Torateur, qui en rendit compte à la Chambre : « Il n'y a point ici , écrivait Bellièvre, de petites affaires ni de promptes expéditions, surtout quand il se parle de la France , et en ce temps où ceux qui gouvernent sont si jaloux de cette nouvelle autorité et peu entendus en ce qui leur en peut acquérir ou conserver à regard des étrangers , que toutes choses leur font ombrage , et qu'ils oublient ce qui est dii , de
crainte d'en trop faire De plus, si incertains dans
leurs résolutions qu'ils sont capables de passer en un instant d'un compliment à une injure , comme de l'offense à un excès de civilité ^ »
La cour de Madrid témoigna à la nouvelle République plus de ménagements encore que celle de Paris, car elle laissa à Londres son ambassadeur, don Alonzo de Cardenas, sans renouveler d'abord ses lettres de créance, mais en l'autorisant confidentiellement à continuer ses relations avec le Parlement républicain. C'était, pour don Alonzo, une situation moins difficile que pour tout autre, car depuis longtemps déjà, froid ou même malveillant pour Charles I^^, il avait cultivé la faveur des meneurs révolutionnaires, et il s'était établi, entre eux et lui , un échange de bonnes dispositions dont la politique espagnole se promettait de profiter '.
L'empereur et les princes d'Allemagne, le roi de Da-
' Le 8 avril 1649. (Archives des Affaires étrangères de France.) * Lettres de Cardenas au roi Philippe IV (15 janvier et 18 février