‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 61 sur 132 · ET DES COURS DU NORD ENVERS LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

ET DES COURS DU NORD ENVERS LA RÉPUBLIQUE

nemark^ la reine de Suède manifestèrent avec moins de réserve les sentiments que le Parlement républicain et ses actes leur inspiraient; mais, seul entre les souverains de FEurope, le czar de Russie, Alexis Michaelowitz, père de Pierre le Grand, rompit tout lien avec la République révolutionnaire, et chassa les négociants anglais de ses États".

Tout n'était pas fait; pour les puissances du continent, quand elles avaient pris ainsi, envers le Parlement républicain, une attitude incertaine et expcctante; elles avaient aussi à régler leurs relations avec le rci proscrit; et ici leurs perplexités et les faiblesses incohérentes de leur conduite furent encore plus grandef. Charles II vivait au milieu des souverains de TEurope, tantôt auprès du prince d'Orange, son beau-frère, tantôt à la cour du roi de France, son cousin germain; la reine d'Espagne, Elisabeth de France, était sa tante ; il pouvait invoquer, et il invoquait en efTet partout les liens du sang aussi bien que l'intérêt et l'honneur communs des rois. 11 envoya à Madrid lord Cottington et Hyde, à Moscou lord Colepeï)per, à Ratisbonne lord Wilmot, en Pologne M. Crofts. Les souverains et leurs ministres se trouvaient sans cesse en présence de ses droits^ de ses espérances, de ses demandes, de ses plaintes,

1649); — Délibération du conseil d^Etat de Madrid, sur les Lettres de Cardefias (18 mars 1649); — Archives de Simancas (Documents historiques, n* V); — Clarendon, Hist. ofthe Rébellion, 1. xii, c. 108.

* Wicquefort, Histoire des Provinces-Unies, t. IV, p. 156; — Clarendon, Hist, ofthe Rébellion, 1. xi, c. 250-251; — ^Whitelocke, p. 466.

i02 ATTITUDE DES COURS DU CONTINENT

de ses agents. Rien ne pèse plus à la puissance que l'asr pect des infortunes qu'elle ne veut pas secourir et qu'elle est tenue de respecter; mais elle est habile à se délivrer, à peu de frais, de ce fardeau. Guillaume d'Orange seul fut, pour Charles Stuart, un ami chaud et actif; c'était un jeune prince ambitieux, impérieux, enclin aux entreprises violentes et au pouvoir absolu, mais d'un cœur noble et sincère ; pour relever la fortune de son beau-frère, il se consuma en efforts et en sacriflces trop bornés pour être efficaces et que sa mort inattendue vint bientôt arrêter. Excités parleur stadthouder et par le sentiment populaire en Hollande, les États généraux des Provinces-Unies donnèrent à Charles de grandes marques d'intérêt et de respect; à la nouvelle de la mort du roi son père, ils se rendirent en corps auprès de lui pour lui ofTrir leurs condoléances, et le grand pensionnaire VanGhent, dans sa harangue, l'appela Sire et Votre Mc^esté ; mais ces mots furent prononcés avec quelque embarras et à voix basse, comme ne voulant pas se trop compromettre avec la République naissante en reconnaissant avec éclat le nouveau roi. La cour de France jugea que c'était bien assez de donner, à la veuve et aux enfants de Charles I«% un asile et une pension; elle s'abstint de toute autre démarche, et Charles II n'en reçut^à la mort du roi son père, ni lettre, ni message, aucune marque de sympathie ou d'appui. Le roi d'Espagne, qui nWait pas à répondre de la présence des Stuart dam ses États , crut devoir écrire à Cliarles II une lettre de cottdoléance atnlcale où il lui donna le titre de roi; mais

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elle se fit longtemps attendre ; et lorsque Charles ^ en quittant la Haye pour se rendre à Paris^ traversa les Pays- Bas espagnols^ il fut reçu à Anyers et à Bruxelles avec de grands honneurs; on lui fit présent d'un beau carrosse et de six beaux chevaux; on lui prêta quelque argent; Tarchiduc Léopold et l'ambassadeur d'Espagne en Hollande ^ Antoine Brun, hii tinrent ^ dans leurs conversations intimes^ des propos encourageants; mais ils prenaient en même temps des précautions minutieuses pour enlever à ces démonstrations toute valeur politique et peur les représenter comme de simples actes de conve^ nance. La cour de Madrid leur interdit absolument toute démarche^ toute pai*ole qui pourraient être considérées à Londres comme une déclaration positive en faveur du roi; on leur eqjoigditmème d'antidater quelcjues letti*es qui semblaient oflVir ce Caractère. On voulait bien rendre à Charles II des égards et des services^ '^ul*vu qu'ils fussent vains et (|U'on gardât , ^ntre lui et le Parlement républicain^ une stricte neutralité \

* CUr^ndon, Hist, ofthe Rébellion, 1. xii, c. 35-40 , 4d-63 , 57. 77- ÛS ; 1. xiiî , c. 129 ; — Le Clerc , Histoire des Provinces-Unies, t. 11, péWfO 't*—Lèiire d§ Varchidue Léopold, gouvemewr dêi Pays-Bdà, au roi Philippe IF (4 mars lti49); — Lettre de condole'ance du roi Philippe IV à S. Af. le roi Charles d'Angleterre (5 avril 1649); une première minute avait été préparée le 10 mars précédent ; — Délibérations éu conseil d'État de Madrid sur la politique à suivr9 envers l'Angleterre (48 mars èl 2 août 1649); — Lettres de Cardehas au comte de Peharanda (20 jviin 1649) ; — Du comte de Penaranda à Cardehas (3 juillet 1649) î — Du comte de Penaranda au secrétaire Augustin Navarro (5 Juillet 1649.) — Lettres du comte de Peharanda et de Varchiduc tiopold au roi Philippe IF (6 et 8 juillet 1649); —{Archivés de Sihàneti») (Dûcxi/ments historiques, n«VÎ),

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