‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 75 sur 132 · DESSEIN DU PARLEMENT D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DESSEIN DU PARLEMENT D'ANGLETERRE

breux à la Haye, autour de la princesse d'Orange et du duc d'York, et fort enclins à insulter les ambassadeurs de la République. La multitude hollandaise elle-même leur était malveillante et les suivait avec curiosité, se moquant de leur attitude et disant que sans doute ils avaient peur ^

Les dispositions des hommes placés alors à la tête du gouvernement hollandais étaient différentes ; par situation comme par prudence, pour eux-mêmes comme pour leur pays, ils désiraient sincèrement les bons rapports et même une alhance véritable avec la RépubUque d'Angleterre. Trois jours après leur arrivée à la Haye', Saint- John et Strickland furent reçus par les États généraux en audience solennelle avec les plus éclatantes marques de considération amicale, et sept commissaires furent désignés pour entrer en conférence avec eux. Ils avaient mission de déclarer aux ambassadeurs « que les Provinces- Unies offraient leur amitié à la RépubUque d'Angleterre, et qu'elles étaient portées non-seulement à renouveler et entretenir inviolablement l'affection et les bonnes relations qui avaient existé de tout temps entre la nation anglaise et elles, mais aussi à faire avec la République un traité d'intérêts communs. » Les pre-

* Journals ofthe House of commons, t. VI, p. 525, 527, 528, 541, 543 ;— Whitelocke, p. 487, 488, 490;— Clarendon, Hist. ofthe Rebeîlion, L xiii, c. 154 ; — Wicquefort, Histoire des Provinces-Unies, t. IV, p. 287; — Le Clerc , Histoire des Provinces-Unies , t. II,

2 Le 30 mars 1651.

mières paroles des deux ambassadeurs firent clairement entrevoir que de telles offres ne leur suffisaient pas : « Nous proposons, dirent-ils, que Tamitié et les bonnes relations qui ont eu lieu anciennement entre la nation anglaise et les Provinces-Unies, ne soient pas seulement renouvelées et inviolablement maintenues ; mais qu'elles entrent dans une alliance et une union plus étroite et plus intime, de telle sorte que, pour le bien de toutes les deux, il y ait entre elles un intérêt mutuel plus substantiel et plus efficace ^ »

Que devait être a cette union plus étroite et plus intime? » Que signifiait « cet intérêt mutuel plus substantiel et plus efficace? » Pendant six semaines, Saint- John et Strickland refusèrent de s'expliquer à cet égard : c'était, disaient-ils, aux États généraux à faire connaître, avec précision et détail, leurs vues dans cette négociation; quant à eux, ils ne jugeaient point satisfaisante la première offre qui leur avait été faite ; et comme le Parlement avait assigné à la durée de leur ambassade un terme fixe et prochain, ils insistaient pour qu'on donnât promptement à leur proposition générale une réponse claire et péremptoire *.

Un dessein d'ambition vaste et chimérique, un de ces desseins qu'on n'avoue pas en travaillant à les accomplir, était au fond de l'âme de Saint-Jolm et des meneurs du Parlement qui l'avait envoyé. Présomptueux et

* Wicciueîorif Histoire des Provinces-XJnies, Preuves, t. II. p.379-

* Wicquefort, Histoire des Provinces-Unies, t. II, p. d92-.394.

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