DESSEIN DU PARLEMENT D'ANGLETERRE
inquiets à la fois, ils étaient en proie à çettç exybér^pçç ^'activité téméraire, à ce besoin de grandir pour s'afferjpflir qui s'emparent des pouvoirs nouveaux epivrés de leurs premiers succès. Les bruits répandus sur Jiç§ pfQjets d'expédition de Cromwell en Franpe n'^vaieut pe^ d'autre origine; sensé, même au sein dç la fermentation révolutionnaire, Cromwell n'y pjensa probablement jamais; mais dans TariTiée^j dans le Parlement, partout dans l'Angleterre républicaine, des idées de çtj genre préoccupaient passionnément des esprits hardis et sans mesure, à qui, pour leur patrie et pour euxmêmes, tout semblait possible aprè^ ce qu'ils avaient d^à fait. )jes Provinces-Unias n'étalent pas la France; il ne s'jigisëait ppint de les conquérir par I4 guerre ; l'œuyr^ ^ie^i déjà k moitié accomplie ; tous les liens moraux et n^atérieis^ la religion, les iustitutions, la politique, le opmrf)€(rçe^ r^ttaçhaiept et assimilaient les Provinces^ Upies à l'Anglçterre. Pourquoi l'assiipilation n'irait-ell^ pas jusqu'à l'uuion? Pourqum deux républiques si sani^ fiables et si yoisiue^ resteraient-elles séparées ? Fç^ciamt^ e09 in tir»am gmtem; fs^sons-^a une seule nation, » telle était la pensée des chefs républicains de l'Anglet§rr«; ^triçkland, dans sa première mission à la Haye, ^^xp^plait déjà * en é<5rivant à Walt#r Frost, secrétaire du çQQseil d'État; elle inspiri^ Tamba^s^^cle de S^iipt-John et domina toute sa négociation ^
** Le 27 septembre 1649.
« Thurloe, Stale-Papers, t. I, p. 130; — Clarendon, Hist. ofthè
9VR L5S FRQVINCfiSrUNIU. UT
(^'^tait UD rêTe pleio d'imprévoyance alitant que d'oi> gueil. La réunion en un seul Élat^ et sous le mèinp gouvernement^ do6 deux grandes républiques protestant^ eût, à coup mr, rencontré en Europe des réels* twces acharnées , et rallumé peut-être les guerres da religion. La population liollandaise l'aurait pasfiontié^ mwi rçpoufisée ; c'était la perte de lH)n existence na* tiQHa}« et son absorption dans le sein de la puissante Angleterre , d^jà très-im|K)pulair6 dans les Province»* UnIeSj comme un ancien protecteur^ maintenant un rival et bien pi*ès de devenir un ennemi. Déjà cir» çulaient parmi le peuple des satires^ des chansons i dç petits éeritft^ en prose ou eu vers^ pleins de haing et de menlK^es contra les Anglais. Les chefs mômei 4u gouvernement hollandais^ les hommes les plus déddés à la bonne inteUigeni^e avec TAiigleterre avaient le ecBur trop fier pour ne pas mettre au-dessus de touteé diDses rindépendauce de leur |)atrio^ et leur bon voûlôif daoa la négociation se glaçait dès qu'ils voyaient pert^r l'ambitiemi dessein des négociateurs étrangers. Dépldranti quelques années plus tard^ les menées orangidtëê et \e$ passions populaires ((ui avaient poussé à la rup*turt% Jean de Witt disait avec une patriotique amer* tume : a A cela il faut ajouter Thumeur insupportjBtbiê du la nation anglaise^ sa continuelle jalousie de notr$ prospérité^ et la haine mortelle de CromvFell contre le
Rébellion, 1. itii, c. 154; — Godwin, Hist. of the Commonwealth, t. m, p. 972; — Le Clerc, Histoire des Pro'CinceS'Vnies, t. II, p. 3tH>.