‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 78 sur 132 · SONT INSULTÉS A LA HAYE · texte numérisé non relu

SONT INSULTÉS A LA HAYE

de vagabonds , » répondit Saint-John : ils mirent Tun et Fautre la main sur leur épée; mais les gentilshommes qui tes accompagnaient les entourèrent et les emmenèrent. Un colonel Apsley se vanta , dit-on, qu'il irait étrangler Saint-John dans sa maison. Les ambassadeurs portaient plainte aux États généraux de (^es offenses ; lés magistrats entamaient des poursuites, prenaient des mesures de police, plaçaient des gardes tout autour de l^tel. Les satisfactions officielles ne manquaient point; mais les animosités royalistes ou populaires persistaient et trouvaient toujours, pour éclater, quelque nouvelle forme et quelque nouvelle occasion * .

Les ambassadeurs rendirent compte à Londres de cette situation presque aussi périlleuse que difficile ; ils y envoyèrent même Thurloe pour l'expliquer avec détail et demander s'ils devaient négocier encore ou partir •. Le Parlement, qui tenait fortement à son espérance, les autorisa à prolonger leur séjour : mais en même tenlps, pour donner aux États généraux une marque de son mécontentement et de son pouvoir, il fit arrêter en mer neuf navires marchands d'Amster-

1 JoumaU ofthe House of commons, t. VI, p. 560 ; — Whitelocke, p. 491, 493, 494;— Clarendon, Hist. ofthe Rehellion^ 1. xiii, c. 155 ; — Porl. Hist,, t. XIX, p. 473 ;— Carte, Ormond's Letters, t. I, p. 427; t. II, p. 2 ;— Raguenet, Histoire d'Olivier Cromwell (Utrecht, 1692), t. II, p. 27 ; — Le Clerc, Histoire des Provinces-Unies ^ t. II, p. 308, 310; — Wicquefort, Histoire des Provinces-UnieSj t. IV, p. 289 ; — Thurloe, State-Papers, t. I, p. 179.

* Le 29 avril 1651 \—Joumals of the House of commons, t. VI,

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dajn (dçstiQés pour le Portugal^ et demanda raisop à 1$ IJayç de Tattitude de Tamiral Tromp qui jstation*^ nait ^vep son escadre dans les aaux des ilap Scilly CQn^pie s'il eût yquIu s'^p enip^er. Les États généraux Qxpliquçr^Dt les instructions données à Tromp et récl$t« ipèrçiît contre la saisie des neuf navires. Nul ne voulait prendre Vipitiative de la rupture, mais de part et d'autre rjbuineur devenait chaque jour plus amère, et perçait jusque dans les déniarcbes ou les parolç* de courtoisie destinées à la couvrir ^

Après plus de deux mois de conférences vaines, eon^ sumées par les négociateurs anglais à ne pas dis*^ ç^ qu'ils tentaient de faire, et par les Hollandais à ne pas répondre, quoiqu'ils le comprissent fort bien, à ce qu'on leur demandait sans le leur dire, SaintJobn et Striçkr land se décidèrent enfin à énoncer avec précision, en sept articles, quelques-unes de leurs prétentions *. Celleslà seules auraient eu pour résultat de lier complètement, en fait de paix ou de guerre et d'alliances, la politique et Iç sort des Provinces-Unies à la politique et au sort de la République d'Angleterre; elles obligeaient en outre les États généraux à abdiquer, dans certains cas, sm* leur propre territoire, les droits et le libre arbitre dç la souverâiiieté. Et pour indiquer que leur mission

* thurlpe, Stat»^Pa]pers, t. I, p. iTVj^Whitelocke, p. 491, 49î; Wiçq^ie^prt, Mistoire des Provinces-Unies, t. II; Preuves, p. 397-402i — Le Clerc, Histoire des Provinces- U'ntes, t. II, p. 311.

« Le 10 mai 1651, Thurloe, State-Papers, t. I. p. lfâ;^Wicquefbrt, Histoire des Provinces-Unies, t. II, p. 410-414.

ÉCHOUENT (ji9 juin 1651). 951

était }oin de se reofermer dans ces termes déjà si §j(trêiQea, JLen doiu ambassadeurs se bâtèrent d'ajouter gue, si leurs premières demandes étaient agréées^ a le ParlçmeQt leur avait donné pouvoir de proposer et de pettrç à effet , de sa part , des choses de plus grande et de plus haute conséquence pour le bien des deux républiques'. »

Évidemment, avec de telles arrière-pensées i rien n'était possible: on se comprit sans s'expliquer j {^* convenance^ la négociation se prolongea encore quel- ({ues jours; mais le id juin IG^i , Saint-Jobn et Stricktond dédar^reiit que le Parlement les rappelait et de* iQAiulèrfnt leur audience de congé ; elle leur fut donnée 1^ lendemain. Devant les États généraux 3 les paroles ofOcielles de Saint-John furent modérées et courtoises; QW* ra se séparant des conmiissiUres hollandais avec les^ quels il négociait depuis trois mois, il leur dit : a Mes-^ «eurSj vous ave^ les yeux fixés sur l'issue de nos affaires (mÉcoose, et à cause de cela vous avez dédaigné l'amitié <{Me nous vous offrions. Je puis vous assurer que plur- «eurs membres du Parlement étaient d'avis que uou$ i)e devions point venir ici, ni vous envoyer aucun amba^ sadeur, qu'il fallait d'abord mettre lin à nos affaires avec Iç roi d'Ecosse, et attendre ensuite vos anibjassadeurs chez nous. Je reconnais maintenant ma faute ; les mqmbres du Parlement (|di étaieilt de cet avis avaient raison ;

i Le IQ juin 1651 ;-r-Thurlpe, State-Pç^ers, 1. 1, p. 1Ô8;— Wjcquefort, Histoire des Provinces-Unies ^ Preuves, t. II, p. 415-418.

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