‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 82 sur 132 · OUVERTURES DE CROMWELL · texte numérisé non relu

OUVERTURES DE CROMWELL

Parlement républicain , qu'il adressait ses avances. Cromwell s'y prêta volontiers : lui aussi^ il était incessamment appliqué à se faire partout de puissants amis : « n laisse adroitement aux autres la conduite et le soin de ce qui fait crier, disait, dès 1650, Croullé à M. Servien, et se réserve à lui-même les choses qui obligent; dont au moins il fait courir le bruit, afin que, si elles réussissent, elles lui soient attribuées, et sinon, que Ton voie qu'il en a eu la volonté, et que Teffet en a été empêché par d'autres*. » Le 5 février 1652, le comte d'Estrades, toujours gouverneur de Dunkerque, écrivit à Mazarin alors rentré en France, et qui venait de rejoindre la reine à Poitiers : « Le Protecteur * Cromwell m'a envoyé M. de Fitz-James , son colonel des gardes , pour me proposer de traiter de Dunkerque, qu'il m'en donnerait deux millions, et qu'il s'engagerait de fournir cinquante vaisseaux et quinze mille hommes de pied pour se déclarer contre l'Espagne et contre les ennemis du roi et de Votre Excellence, avec qui il voulait faire une étroite amitié. Je répondis à M. de Fitz-James que, si les troubles et la guerre civile qui étaient en France

i Le 20 juin 1650 {Archives des Affaires étrangères de France).

* J'ai été surpris de trouver le titre de Protecteur déjk donné à Cromwell le 5 février 1652. L'authenticité et la date de la lettre du comte d'Estrades ne sont pas douteuses. Je suppose , ou que les étrangers, dès cette époque , qualifiaient Cromwell de Protectmir de la république d'Angleterre . ou plutôt que ce titre , devenu, en décembre 1653, le titre officiel de Cromwell, a été intercalé dans le texte des lettres du comte d'Estrades, au moment de leur publication.

A MâZARIN (févribr 1663.) 257

ne m'obligeaient pas d'envoyer vers la reine et Votre Excellence^ je Taurais fait jeter dans la mer pour m'avoir cru capable de trahir mon roi , mais que la conjoncture présente m'obligeait à le retenir chez moi en attendant la réponse de la cour. » Mazarin répondit à d'Estrades : a Mon sentiment était qu'on acceptât la proposition de Cromwell ; mais M. de Châteauneuf s'y est opposé, et l'a emporté près de la reine qui n a pas

voulu y consentir Je me remets au sieur de Las à

vous dire les sentiments que j'ai pour vous; vosifitérêts me sont aussi chers que les miens. » D'Estrades comprit, et ne perdit pas un moment ; cinq jours après^ il écrivait à Mazarin : « Dès que j'eus reçu de M. de Las la lettre qui me faisait savoir les intentions de Votre Ëminence touchant la proposition d'Angleterre , je le fis savoir à mon ami à Londres, et le priai de me faire réponse sur les points de ma lettre au plus tôt. Il est arrivé lui-même ce matin en cette ville, et m'a dit, de la part de M. Cromwell, que ce que la République demande est que le roi les reconnaisse et envoie au plus tôt un ambassadeur, et qu^on paye à leurs sujets ce

qui leur a été pris sur mer Il m'a dit ensuite que

M. Cromwell l'avait chargé de me dire que, si Votre Éminence ne iK)uvait rester en France, et que ses ennemis l'obligeassent d'en sortir, il m'assurait qu'elle serait bien reçue en Angleterre s'il s'y voulait retirer, et traité de la République avec toute sorte d'honneur; qu'on lui donnerait une bonne maison pour retraite, une sûreté entière et l'exercice de sa religion libre, et que,

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