‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 96 sur 132 · LUTTE ENTKK LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

LUTTE ENTKK LE PARLEMENT

d'État la question de savoir quelles forces devaient être maintenues, et quinze jours après, elle ordonnait le licenciement de cinq régiments d'infanterie et de trois régiments de cavalerie, la réduction d'un grand nombre de garnisons, et la fixation de Tarmée au chiffre total de vingt-cinq mille hommes, ce qui procurait une économie de 35,000 liv. sterl. par mois'.

Ces mesures étaient évidemment commandées par l'intérêt public ; le pays succombait sous le poids des impôts, et la victoire devait emporter au moins une partie des charges de la guerre. Mais à côté de Fintérêt public, l'attitude du Parlement laissait percer d'autres sentiments et d'autres motifs; daus son empressement à licencier des soldats, c'était surtout un rival qu'il voulait abattre. Tentative périlleuse, quelque nécessaire et légitime qu'elle pût être : les gouvernements révolutionnaires sont mal venus à briser Tépée qui leur a sauvé la "vîe ; le service est si grand qu'ils ne peuvent ni le payer ni l'oublier, et leur prévoyance contre une ambition mal satisfaite passe pour de l'ingratitude et de la peur. Aux seuls pouvoirs fondés par le droit et le temps il appartient de récompenser et de désarmer les grands vainqueurs sans crainte d'en faire des maîtres.

Cromwell ne fit aucune résistance, ni même aucune objection; la mesure était trop naturelle et d'une nécessité trop incontestable. 11 était d'ailleurs bien aise du licenciement des régiments de milice dont les habitudes

♦ Journals ofthe House ofcommofis, t. VII, p. 15, 18, 19

indépendantes et Tesprit plus patriotique que militaire lui convenaient peu. Mais trop clairvoyant pour se méprendre sur les vues du Parlement, il se hâta de prendre à son tour, contre lui, ses précautions et sa revanche. A son instigation et avec son appui, deux propositions, toutes deux populaires dans le pays quoique auprès de partis différents, furent sur-le-champ reprises et vivement poussées dans la Chambre : une amnistie générale et une loi d'élections destinée à régler l'époque de la dissolution du Parlement et la nomination de ses successeurs. Ni Tune ni Tautre de ces propositions n'était nouvelle ; depuis plus de deux ans, elles figuraient au nombre des questions que le Parlement annonçait l'intention de résoudre et dont il avait l'air de s'occu)?er. Dès le 25 avril 1649, il avait décidé, sur le rapport d'Ireton, qu'un acte d'amnistie serait préparé; on en avait même indiqué les bases; et cet acte rédige en effet, lu même deux fois le 5 juillet suivant, avait été renvoyé à un comité qui devait se réunir le lendemain, et on, depuis lors, il était resté enseveli. Vers la même époque, le 15 mai 1649, un comité avait été chargé de préparer une loi pour l'élection des Parlements futurs. Vane fit, à ce sujet, le 9 janvier 1650, un long rapport où les bases du nouveau système électoral étaient posées; la Chambre dédda qu'elle se réunirait une fois par semaine pour le discuter, et dans le cours des années 1650 et 1651, quarante-huit séances furent en effet tenues, ou du moins convoquées, dans ce dessein. Mais ni l'amnistie ni la loi él#rtorale ne firent, en réalité.

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