‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 100 sur 116 · LIVRE HUITIÈME (1647-1640.) Ad · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME (1647-1640.) Ad

barrières seraient dressées pour séparer partout le peuple j noB seulement du tribunal , mais atj^i des soldats. Le SM> janvier fut assigné enfin pour la comparuticm du roi devant la cour, à Westminster- Hall; et dès. le 17, comme si la condamnation eût déjà été prononcée, les communes avaient chargé un comité de parcourir tous les palais, châteaux et demeures. du prince, pour y dresser un inventaire exact de ses meubles , désormais la propriété du parlement (*).

Quand le ccdonel Whîtchcott^ gouverneur de Wirtdsor, annonça au roi que, sous peu de jours , il serait transféré à Londres : « Dieu est partout, » répondit Charles, et partout le même en puis*- » sance comme en bonté (*). » La nouvelle le frappa pourtant d'une vive et subite inquiétude : il vivait depuis trois semaines dans la plus étrange sécurité, rarement et mal instruit des résohations des chambres, se repaissant de quelques rapports venus d'Irlande, et qui lui promettaientde prompts secours, plus confiant, plus gai même que ne l'avaient vu depuis longtemps ses serviteurs : oc Dans six mois, disait-il, la paix sera rétablie en

(«) Pari. Hist., t. III, col. 1259. — State-TricUs, t. IV, col. 1045- 1067. — Procès de Charles /", p. 1-10, dans ma Collection. (2j Mémoires de Herbert, p. 108.

m BÉVOLOTION t>*ANGLrnStlffi.

» Angleterre; sinon, je recevrai d'Irlande^ deBane )» marck «t d'antres royaumes , les moyens der^- » trer dans nés droits (*). )» Et un autre jour : « J'ai encore troi&cartes à jooer^ dont la plus maua Vaise pent suffire à me fiiire tout regagner (^). » Naguère cependant une oirconstance l'avait troublé : jusque vers la fin de son séjour k Windsor y. il était traité et servi avec toute l'étiquette de ht cour; il dînait en public^ dan» le salon de paradey sous le dais; le chambellan, l'écuyer tranchant y le maltretl'hôtel, l'échanson s'acquittaient de leurs fonctions dans les formes accoutumées; (m lui présentait la coupe à genoux j bn apportait lés plats couverts, on les goûtait, et il jouissait avec gravité de ces respects solennels. T€mt à coup, sur une lettre venue du quartier général, cet ordre chan* gea : des soldats apportèrent le^ plats découverts, on ne les goàta point, nul ilie se mit plus à genoux, l'étiquette habituelle du dai» cessa complètement : Cl^rleseri ressentit un amer chagrin : «Les^ards » qu'on Bfte refuse, disait-il, nWt jamais ni^anqué »à un souverain, pas môme à des sujets d'un » rang élevé : est-il rien au monde de plus mépri-

(«) Whiteloçke.p. 361.

(2) Leices/er's JoMmoi.— Godwin, Hhl. ofthe commonwealthj 1. 11, p. 660.

» sitblèqtt'ianpnfice qu'on avUil? » Et^ur éehapr par à cette iftâul^e, il ne voulut plus prendre ses repas que 4ans sa chambre^ prévue seul^ cboi-* siâipant lubméme deux ou troiaplat^ siir la li^te qu'on lui présentait (*),

he vendredi 19 janvier, un corps de Qaval^rie parut à Windsor, Hatrison à la tête, chargé d'em«- «lener le roi; nn carrosse à six chevaux attendait dans la grande ^!;oùr du château^ Charles y monta, et quelques heures après, il était rentré à Londres, au palais de . Saint-James , partout entouré de gardes, deux sentinelles h la porte même de sa chambre y Herbert resté seul pour fcon serVico et couchant à côté de son lit f ). ^ ,

Le lendemain 20, vers midi^ la hsiute cour, réunie, d'abord en séaince secrète dans la chambre peinte , s'apprêtait à régler les derniers détails de sa mission; la prière commune était à peine ter^minée ; on vint apfinoneer que le roi , trsmsporlé drnis une chaise fermée, entre deux baies desol^ dats, était sur le point d^arriver, Cromwell courut à la fenêtre, et revenant tout à coup, pâle et pour-

(') Mémoires de Herbert, p. 1 09-113.

(2) Ibid., p. 109. — Rushworlh, part. 4, t. Il, p. 1395. — State- Trials, t. V, col. 1019 : disposition ée Nntley dans le procès de Harrison.

A96 BÉVOf.UTION D'AM^LETraKE.

tant très aoimé : « Le voici y le voici , Messieurs ! » l'heure de la grande affaire approche : décidée » promptement, je vous en prie y ce que vous au* » reft à lui répondre y car il vous demandera sup-^ » le-champ au nom de qui et de quelle autorité » vous prétendez le juger. » Personne ne prenait la parole : « Au nom des communes assemblées en » parlement et de tout le bon peuple d'Angle^ » terre ; » dit Henri Martyn (*). Nulle objection ne s'éleva : la cour se mit en marche pour se r^odre solennellement à Westminster-Hall ; en tête s'avançait le lord président Bradshaw; on portait devant lui l'épée et la masse; seize officiers^ armés de pertuisanes, précédaient la cour. Le président prit place sur un fauteuil de velours cramoisi ; à ses pieds le greffier assis près d'une table couverte d'un riche tapis de Turquie, et sur laquelle on déposa la masse et l'épée ; à droite et à gauche y sur des sièges de drap écarlate , les membres de la cour ; aux deux extrémités , les hommes d'armes^ un peu en avant du tribunal. La cour installée, on ouvrit toutes les portes : la foule se précipita dans la salle : le silence rétabli y

{}) State-Triais , l. V, col. 4201 : déposUion de sir Purbefit Temple dans le procès de Henri Martyn.

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