‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 99 sur 116 · LIVRE SEPTIÈME; {iWJ^^%) an · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME; {iWJ^^%) an

puissant y peut-être la Hiajori(é« Cependant Thési* tati^n était impossible : on résolut de recommen* cet. Le lendoç^ain 7 , des troupes fermèrent ^ne seconde fois les avenues de la chambra; ta métne 6cèn^ se renouvela: qitarante membre^ furent encore écartés t on en arrêta quelques uns dans leurs maisons* Ils étrivir<^t à la chambre pont* demander leur mife en liberté; mais cette foia la défeite des pre^ylériens était consommée; au Heu de leur répwdre , la chambre docuetllit^ à cinquante voix contre vingt-huit, la motion de prendre en considération les propositions de Tarmée. Cette dernière minorité se retira d'elle-même , protestant qu'elle net rentrerait point dans la chambre tant que justice ne serait pas faite à ses collègues; et aprèH l'expulsion de cent quarante-trois membres, qui pour la plupart ne furent point arrêtés ou sortirent de prison peu à peu et sans bruit, les républicains et Tarmée se virent enfin , dans le parlement comqae au dehors , en pleine possession du pouvoir (*).

Tout eéda, tout sa tut dès ce jour; aucune

(1) Pari. fHsL^ t. m, eb). i$4ê^lS4^. -^ RaAwortb, pa^t. h, I. If, p. 1353-1356. — Wtkitelocke, p. 35i-355. — Mémoires de Ludlow, t. I, p. 328-335; — de mistriss Hutchinson, t. II, p. 185-190; — de Fatrfax, p. 411-412; — Waîker, Hist. of independency y part. 4, p. 29 et suiv.

A80 RËVOLCTION D'ANGLKTEHRÊ.

résistance , aacune voix ne vint plus troubler le parti dans Tivresse de sa victoire ; seul il parlait ^ seul il agissait dans le royaume ^ et pouvait croire à la soumission ou au consentement tinivérse!. Aussi Tentliousiasme des fanatiques était au comble : <c Gomme Moïse y » disait Hugh Peters aux généraux en préchant devant les débris des deux chambres^ « comme Moise, vous êtes desti- » nés à tirer le peuple de la servitude d'Egypte : » comment s'accomplira ce dessein ? c'est ce qui » ne m'a pas encore été révélé. » Il mit sa tête dans ses mains, se baissa sur un coussin placé devant lui , et se relevant tout à coup : « Voici , >' voici maintenant la révélation, je vais vous en » foire part. Cette armée extirpera lamonatchie, » non seulement ici , mais en France et dans les » autres royaumes qui nous entourent : c'est par » là qu'elle vous tirera d'Egypte. On dit que nous » entrons dans une route jusqu'ici sans exemple : » que pensez-vous de la vierge Marié? y avait-il » auparavant quelque exemple qu'une femme pût » concevoir sans la société d'un homme ? ceci est » un temps qui servira d'exemple aux temps à » venir (*). » Et le peuple du parti se livrait avec

(«) Walker, mst. of inàepenâency. part. 2, p. 49-50. — Parî. Hist., t. III, col. 1252.

UVBfi HUITIÈME. (i6i7-16A0.) ASl

tran]sporl à ce mystique orgaeiL Au milieu de tant

d'exaltation j le jour même où les derniers restes

des presbytériens se retiraient des communes (*)^

Oomw^I y vint reprendre sa place : «t Dteû m'est

» témoin ^ répétait-il partout, que je n'ai rien su

» de ce qui s'est fait naguère dans cette chambre;

x> mais puisque l'œuvre est consommée , j'en suis

» bien aise, et maintenant il feut la soutenir (^). »

La chambre raccueillit avec les plus éclatants

témoignages de reconnaissance. L'orateur lui

adressa, pour sa campagne d'Ecosse, des remer-

ctments officiels ; et en sortant de la séance , il

alla prendre son logement à Wbitehall , dans les

appartements mêmes du roi (^). Le lendemain,

l'armée s'empara des caisses des divers comités,

forcée , dit-elle , de pourvoir elle-même à ses

besoins , pour ne pas peser plus longtemps sur le

pays (*). Trois jours après (^), elle envoya à Fair-

fax , sous le titre de nouvel accord du peuple, un

plan de gouvernement républicain, rédigé, dit-on,

par Ireton, et l'invita à le mettre en discussion

(1) Le 7 décembre.

(2) Mémoires de Ludiow, t I, p. 336

(») Pari. Hist., t- III, col. 1246. — Walker, Hist, ofindependmcy, P*rt. 2, p. 34. — WWtelocUc, p. 357.

{*) Rushwortb, part 4, t. H, p. 1356- (*) Le il décembre.

âSfi BÉVOIiUTiON D'ANGLCTBBRB.

dans le coîMeil général de» officiers , qui )q pré*scnterait ensuite au parlement {*). En aiteodant, et sans prendre la peine de demander l'aveii des lords , les^ communes révoquèrent tous les actes j tous les votes adoptés nagutee en feveur de la paix et qui auraient feit obstacle à la révciution{^). Enfin les pétitions reparurent pour que justice Mt &ite du roi 9 seul coupable Âe tant de sang versé {^)y et un détachement partit du quartier général avec otàre de l'amener de Hurstr^Cartle à Windsor.

Le 17 décembre, au milieu de la nuit, Charles Alt réveillé pisir le bruit du pont- levis qui se baissait et d'une troupe d'hommes à achevai qui entrait dans la cour du château. En un moment le silence se rétablit; mais Charles^était inquiet; avanl qu'il fût jour, il sonna Herbert, couché dans là chambre voisine : «PTavez^voçs rien entendu cette nuit? » lui demanda^t^ik .— J'ai entendu la chute à\\ » pont4evis , dit Herbert; mais je n'ai pas osé , y> sans i'ordk^ du roi, si^tîr de ma. chambre à une » heure si indue. — Allez savoir qui est arrivé. » Herbert sortit, et bientôt de retour : «C'est le » colonel Harrison , sire» » Un trouble subit parut

(0 Rushworth , part. 4, t, II, p. 1358, 1369.

(^) Les 12 et 13 décembre. Pari, ffisf., t*. 10, col. 1^4T>1249.

(*} Rushworth, part, i, t. Tl, p. 1372.

LITHË BtJlTIÈME. (i6A7-i6Â9.) âSB

daias les traits du roi. — « Êteg-vous bien sèr que » ce soit le colonel Hârrigon? — ^^ Herbert. C'est » du caprtaiiae' Reynolds que je le tiens* — Le » nôi. En ce cas, je le crois; mais ave^-vousi^u le » colonel? — Heri^j^t. Non, site, — Le hoi. Et i Reynolds vous a-t41 dît pourquoi il venait? — » HËRBBRt. J^ai tout fait pour le savoir; mais- la )^ seule réponse que j'aie pu obtenir, c'est que le x> motif de la v^Rue du coloiiel serait bientôt » ^onnu: » Le roi renvoya Herbert, puis le rappela atî bout d'une heure , toujours profondément troublé , les larmes aux yeux et Fàir abattu : « Pardon, » sire, lui dît Herbert, mais je suis consterné de » voir à votre Majesté tant de chagrin de cette » nouvelle. *-^ Je ne suis point effrayé^ répondit » Charles, mais ce que vous ne pouvez savoir, c'est » que cet homme est le même qui avait formé le » projet de m'assassinér pendant le$ dernières » négociations. Une lettre m'en a averti* Je ne me y> rappelle pas l'avoir jamais vu, ni lui avoir fait » aucun mal. Je ne voudrais pas être surpris. Ge » lieu est tout propre à un tel crime. Retournez, )>et informez-vous de nouveau de ce qui amène »Harrison. » Plus heureux cette fois, Herbert apprit que le coïonel venait pour faire conduire le roi à Windsor, dans trois jours au plus tard, et

hnà RÉVOLUTION D*ANGLETËHKE.

se hàla de le lui rapporter ; la joie brilla dans les yeux de Charles : « A la b<Hine heure , dit-il ; ils » devieanent donc plus trai tables : Windsor est un » lieu où je me suis toujours plu ; j'y serai dédom- 9 mage de ce que j'ai souffert ici« »

Deux jours après, en effets le lieuteuaQt-colpfiel Gobbott vint dire au roi qu'il avait ordre de l'emmener sur4e-champ à Windsor, où Harrison était déjà retourné. Charles, loin de s'en plaindre, pressa lui-même le départ. Il trouva , à une lieue de Hurst, un corps <le cavalerie chargé de l'escorter jusqu'à Winchester. Partout sur sa route accourait une foule nômbreijse, gentilshommes, bourgeois, paysans, les uns simples curieux, qui se retiraient après l'avoir vu passer, les autres vivement émus et foisant toat haut des vœux pour sa liberté. Comme il arrivait à Winchester, le maire et les aldermen vinrent au-devant de lui, et lui présentant , selon l'usage , la masse et les cleSs de leur ville , lui adressèrent un discours plein d'affection. Mais Cobbett^ poussant brusquement vers eux, leur demanda s'ils oubliaient donc qiie la chambre avait , déclaré traître quiconque ferait quelque adresse au roi ; et saisis de terreur, ils se répandirent ^n humbles excuses, protestant qu'ils ignoraient la volonté de la

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chambre^ et suppliant Oobbett d'en obtenir leur pardon. Le lendemain, le roi reprit sa route. Entré Alresford et Famhâm parut en bataille un nouveau corps de cavalerie , chargé de relever celui qui l'avait escorté jusque-là : un officier le commandait , de bonne mine , richement équipé f un tK)nnetde velours sur la tête, un justaucorp» de buffle sur le dos , une écharpe do soie cramoisi, ornéede franges, autour du corps. Charles, frappé de sa contenance , passa près de lui au petit {^s, en reçut un salut respectueux , et rejoignant Herbert : «Quel est, lui dit-il, cet officier? — Le » colonel Harrison, sire. » Le roi se retourna aus* sitôt, considéra le colonel longtemps et si attentivement que celui-ci, embarrassé, se retira derrière la troirpe pour éviter ses regards : a Cet » homme ^ dit Charles à Herbert, a la tournure » d'un vrai soldat ; je me coqna:is en physionomies : » la sienne me-platt, ce n'est pas là un assassin. » Le soir, à Farnham , où le cortège s'arrêta pour coucher, Charles aperçut le colonel dans un coin de la salle , et lui fit signe d'approcîher. Harrison obéit avec déférence et embarras, l'air rude et timide en mémo temps : le roi le prit par le bras, l'emmena dans une embrasure de fenêtre, s'entretint près d'une heure avec lui , lui parla même de

IM KËVOLUTION U AISGLËTëKRË.

l'avis qu'il avait reçu sur son compte : c< Rien n'est » plus faux, sire, dit Harrison. Voici ce que j'ai » dit, et je puis le répéta : c'est que la justice ne » hit point acception des personnes, et que la loi » est également obligatoire pour le^ graodp^ et pour » les petits ; » et il appuya sur ces derniers UM^ts avec une affectation marquée. Le roiropâpit l'entretien p se mit à table , et n'adressa pi vs la parde à I^arrisoa V sans paraître cependant attacher à. sa réponse aucun sens qui le put inqiUéter.

Il devait arriver le lendemain à Windsor : qa partant de Farnham, il déclara qu'il voulait si'ar* rèter à Bagshot et dtner au milieiti de la lorèt^ chez lord Newburgh 9 un de ses plus fidèles cava* liers. Harrison n'osa refuser > quoique tant d'insistance lui inspirât quelque? soupçons. Ih eurent légitimes. Lord (^ewburgb , gcsmd amateur de cheywx y en avait un qui passait pour le plqa lég^ de toute l'Angleterre : depuis iQngtemps en eorrespondaace secrète avec le roi, il l'avpit eng^é à blesser en JrOute oelui qu'ilmontait^ promett^t de lui en donner iui avec lequel il lui serait £acile d'échapper soudainement à son escorte, et de dér jouer, à travers les sentiers de la forêt que le roi connaissait très bien , la poursuite la plus achar* née. Charles, en effet, de Farnham à Bagshot, se

plaignit âans cesse de ^b eheval^ disant qu'il en voulait changer. Mais à peine arFivé> il apprit que, la veille I celui sur lequel il comptait avait reçii dans récurie un coup de pied 9i rude qu'il était hors d'état de servir* Lord Newbuirgb détsolé eu offrit d'autres au roi, excellents, disait-il, et qui suffiraient à son dessein « Mais, avec le plus rapide môme, rentreprise.;eût été périlleuse, car. les cavaliers de l'escorte se ^naiept toujours , très

prè$ du roi, tous un pistolet armé à la msin.

Charles renonça sans peine à courir de tels ha^ sards^ et le soir, en arrivant à Windsor, charrié de rentrer dans un de ses palais^ d'y occuper sa chambre accoutumée, de trouver toutes choses préparées pour le recevoir à peu près comme au temps où il venait, avec sa cour, {msser dans ea beau lieu des jours de féte^ loin de se sentir tourr mante de sinistre$ présagea , il aivait presque oublié (}u'il était prisonnier (^)« ,

Le même Jour f ) , presque au même. nu)ment , les communes votaient qu'U serait tjpaduit en jus? tice, et chargeiaient un comité de préparer l'accu^

(ï) Mémoires de Herbert, p. 93-lOi. — Clarendoii , Hf5(. of the rébéll.y t. IX, p. 289-292. -tRBibworth, {Mirt. é, t. Il, p. tS75. — Whilelocke, p. 359.

(2) Le 23 décembre. Pari. Uist,y l.Ui,eel. 1252.

/k88 RÉVOLUTION D'AKCLETERRE.

salion. Mal([rc le petit nombre de membres présents^ plusieurs voix s'élevèrent contre la mesure: les uns demandaient qu'on se bornât à le déposer^ comme on avait feit jadis pour quelques uns de ses prédécesseurs ; d'autres, sans le dire y auraient sonhaité qu'on s'en défit obscurément et de manière a profiter de sa mort sans en répondre. Mais les libertins hardis, les enthousiastes sincères, les républicains rigides voulaient un jugement public, solennel ^ qui prouvât leur force et proclamât leur droit ('). Gromwell seul, plus ardent que nul antre à le provoquer, gardait encore, en en parlant, d'hypocrites mesures : « Si quelqu^un , dit-il , fei- » sait cette motion de dessein prémédité , je le » regarderais comme le plus insigne traître qui » fût au monde ; mais puisque là Providence et la >$ nécessité ont jeté la chambre dans cette délibé- » ration, je prie Dieu de bénir ses conseils, quoi- » que je ne sois pas prêt à donner snr-le-champ » mon avis (*). » Par l'un de ces étranges mais invincibles scrupules où l'iniquité éclate en essayant de se couvrir, pour ne pas mettre le roi en jugement sans une loi au nom de laquelle on pût le

((} Wbilelocke » i^. 35S. <- Clarendon, HUt, of Ihe rt^béa,, t. IX, p. 2S3 et suiv.

\}) Walker, f/ist. ofindepeniency, pari. 2, p. 54.

LIVBK HUlTiÈMK. (16à7-16ù9.) 489

ccmdanviier, on vota en principe (*) qu'il y avait trahi$<>n de sa part à foire la guerre au {mrlement ; et sur la motion de Scott (*), une ordonnance fut aussitôt aciteptée ^ instituant une haute cour chargée de le juger (*), Cent cinquante commissaires y devaient siéger : six pairs ^ trois grands juges ^ oiize baronnets , dix chevaliers , six aldermen de Londres V tous les hommes importants dui parti dans l'armée y dans les communes , dans la cité ^ sauf Saint-John et Vane, qui déclarèrent formellement qu'ils désapprouvaient l'acte et n'y voulaient prendre aucune part. Quand l'ordonnance fut présentée à la sanction de la chambre haute (*), quelque fierté se ranima dans cette assemblée jusque-là si servile qu'elle semblait avoir accepté sa propre nullité : « H n'y a point de parlement sans » le roi, soutint lord Manchester; le roi ne peut » donc être traître envers lé parlement. — Il a » plu aux communes^ dit lord Denbigh, d'insérer » mon nom dans leur ordonnance ; mais je me lais- » serais mettre en pièces plutôt que de m'associer » à une telle infamie. — Je n'aime point ^ dit le

(«) Le 2 janvier. PoW. Hht.^ t. m, eol. 1253. (2) Walker, Hist. of inâependency, pirt, 2, p." 55.

p) Pari, ma., i. ni, coi. 1254.

{^j Le 2 Janvier.

UWk HKVOLUTIOM D ANGLËTBRHE.

» vieux comte de Pembroke, à me môlor d'affrâ'es »de vie et de mort; je ne parlerai point <x>&tre » cette ordonnance^ mais je n'y consentirai point. » Et les lords présents ^ au nombre de donze^ la rejetèrent à l'unanimité {*). Le lendemain^ ne reoevant des lords aucun message, les communes cbar^. gèrent deux de leurs nombres de se rendre 4 la chambre haute , de s'en faire apporter les registres (^) et d'y prendre connaissance de sa résolu* tion. Sur leur rapport {% elles votèrent à l'insteni que l'opposition des lords n'arrêterait rien ; que le peuple étant, après Dieu, la source, de tout pouvoir légitime, les communes d'Angleterre, élus et représentants du peuple., possédaient le; pouvoir souverain; et par ^nc nouvelle ordonnance (^), la haute cour de justice, instituée au nom des communes seules et réduite à cent trentecinq membres (^)^ eut ordre de s'assemUier sans

(t) Pari Uist.f %. lU, col. 1256.

(2) Ibid.

{*) Le ijaûvier.

(<) U S jénvier. Pari, jffitf., t, lU, (îol* 1257. . .

(^) Le retraachemeot des six pairs et des trois grands juges avait réduit à 141 le ttamtri^ primitif des commiMaires i ott y ajouta deux jurisconsultes , Bradshaw et Nicholas^ ce qui le portait à 143. Cependant la seconde ordonnance ne contient que 4 35 noms; il y eut sans doute des retranchements ou des omissions qu*oa ne prit^pas la peine d'expliquer.- L*aldermaA Rowland Wilson, par exemple, refusa de concourir au jugement , et ne se rtUrouve pas sur la seconde liste. (Whitelocke, p. 363.)

UVRE ttUlTltiJ!4Ë. (16^7-1649.) m

retard pour ré^er les prépara ti& du procès, mie se réunit en effet , dans ce dessein, et en séance secrète, les 8^ 10, 12^ 13, 15, 17, 18 et 19 janvier, sens la présidence de John Bradsbaw, cousin de Miltoa, jurisconsulte estimé au barreau ; grava et doux dans ses inœurs, mais d'un esprit étr(Ht et dur, fanatique siiicère et pourtant ambi* tieux f enclin mâme à quelque avidité dans sa fortune, quoique prêt à donner sa vie pour son opinion. Telle était l'anxiété publique qu'une insurmontable division éclata dans le sein mémo de la cour : aucune convocation , aucun e^rt ne parvint à réunir aux séances préparatoires plus de cinquante-huit membres. Fairfox s'y rendit la première fois, et ne réparut plus. Parmi lea membres présents eux-mêmes , plusieurs ne vinrent que pour déclarer leur opposition : telle fut entre autres la conduite d'Âlgerûon Sidney, jeuno encore , mais déjà influent dans le parti républi-> cain. Retiré depuis quelque temps au cbàteâu de Penshurst, chez lord Leicester, scm père, quand il apprit sa nomination à la haute cour, il partit sur-le-champ pour Londres ; et dans, les séances des 13, 15 et 19 janvier, quoique la question parût décidée , il s'opposa vivement au procès. Il redoutait surtout raversion que prendrait le peuple

492 RÉVOLUTION i)'ANGL£ TËHRfi.

pour la république, peut-être même une msurrection soudaine qui sauverait le roi et la perdrait sans retour : « Personne ne remuera, s'écria » Cromwell^ importuné de tels présages; je vous » dis que nous lui couperons la tète avec la cou- » ronne dessus. — Faites ce qui vous plaira, repli- » qua Sidney, je ne puis voug empêcher ; mais à » coup sûr je ne serai de rien: dans cette affaire ; » et il sortit pour ne plus revenir (^). Réduite eniin aux membres qui acceptaient leur mission, la cour ne s'occupa plus que de régler les fermes du procès. John Coke , avocat de quelque renom et ami intime de Milton, fut nommé procureur général, et, comme tel, chargé de porter la parole, soit en dressant l'acte d'accusation , soit dans le cotirs des débats. Ëlsing, greffier des communes jusqu'à cette époque, venait de se retirer sous prétexte de maladie; Henri Scobell fut choisi pour le remplacer. On détermina soigneusement quels régiments et combien seraient de service pendant le cours du procès r où seraient postées tes sentinelles, et l'on en plaça jusque sur les plombs, partout où quelque f^iétre avait jour sur la s^Ue; quelles

(*) Lexce^ter"^ JournaX, byWencowe, p. 237.— Godwin, Hist.ofihe commonweatthj t. II, p. 669.

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