LIVRE CINQUIÈME. (lGZi3-16û
très, sans les frapper d'aucun anathèmc religieux, ^t se bornant à dire que les temps d'affliction publique devaient être consacrés au repentir et à la prière plutôt qu'aux plaisirs (*)• La même interdiction fut étendue à tous les divertissements , à tous les jeux populaires usités le dimanche et les jours de fête dans tout le royaume ; aucun n'obtint grâce, quelle que fût son ancienneté ou son innocence; les arbres de mai {% que plantait depuis des siècles la joie publique au retour du printemps, furent partout abattus , avec défense d'en planter de nouveaux ; et si des enfants oubliaient ces lois, leurs parents expiaient par une amende chaque saillie de leur gaieté (^). L'archevêque Laud, enfin, depuis trois ans oublié dans sa prison, fut tout à coup mandé à la barre de la chambre haute , et sommé de répondre à l'accusation des communes {*). Le fanatisme compte la haine et la vengeance parmi ses devoirs.
La même ardeur éclatait pour la guerre : fiers d'avoir eu tant de part aux dernières victoires,
{>) Le 2 septembre 1642. Parliam. Hist., t. II, coL 1461.
p) May- Pôles. Espèce de mâts de cocagne qu*on entourait de branches d^aubéprae.
p) Neal, Hist. ôf the PiinL, t. III, p. 139. L'amende était de 12 pence, ou 24 sols.
{*) Le 13 novembre 1643. Pari. HisL, t. III, p. 183.
90 RKVOLUriON IVANGLKTKRBE.
les presbytériens de la cité ne parlaient plus de paix ; un grand nombre de riches bourgeois équipaient des soldats y offraient même de servir en personne : Tun d'eux, Roland Wilson, qui devait hériter de son père un commerce immense et 2,000 livres sterling de renie en fonds de terre, rejoignit l'armée d'Essex, à la tète d'un régiment levé à ses frais (*). Quelques-uns même des chefs, naguère si enclins aux négociations, Hollis, Glynn, Maynard, haranguaient le conseil commun pour l'exciter aux derniers efforts (*). Jamais le parti n'avait paru plus énergique ni en possession plus assurée du pouvoir.
Il touchait pourtant à sa décadence. Engagé, dès son origine, dans une double réforme, celle de l'Église et celle de» l'État, il ne les poursuivait point Tune et Taulre en vertu des mêmes principes ni dans les mêmes desseins. En matière religieuse sa foi était ardente, ses doctrines simples, fermes, rigoureusement déduites et enchaînées : le système presbytérien, ce gouvernement de l'Église par des ministres égaux entre eux et délibérant de concert, n'était point, à ses yeux, une
•»^ («) Whitelocke, p. 72.
(2) /&MÎ.,p. 81.