‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 16 sur 116 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

adorer ensemble le Seigneur^ est une Église véritable, sur laquelle aucune autre Église ne peut prétendre aucune autorité , et qui a droit de choisir elle-même ses ministres , de régler elle-même son culte ^ de se gouverner enfin par ses propres lois.

A sa première apparition , le principe de la li* berté de conscience , ainsi proclamé par des sectaires obscurs, au milieu des égarements d'un aveugle enthousiasme , fut traité de crime et de Mie. Eux-mém^s semblaient le soutenir sans le comprendre, et moins par raison que par nécessité. Épiscopaux et presbytériens, prédicateurs et magistrats , le proserivirent également : la question de savoir comment et par qui TÉglise de Christ devait être gouvernée continua d'être presque seule débattue; on croyait avoir à choisir entre le pouvoir absolu du pape, l'aristocratie des évêques et la démocratie du clergé presbytérien ; on ne recherchait point si de tels gouvernements étaient légitimes dans leur principe, quels que fussent leur forme et leur nom.

Cependant un grand mouvement agitait toutes choses, même celles qui n en semblaient point ébranlées : chaque jour amenait quelque épreuve à laquelle aucun système ne pouvait se soustraire,

laa RÉVOLUriON D Al^GLlsrrËRHE.

quelque débat que le parti dominant tentait es vain d*étouKer. Appelés chaque jour & eonsidôrer quelque nouvellQ ^ee des affaires humaines^ à discuter des opinions^ à repousser des prétentions jusque-là inconnues > les esprits s'affranchissaient par ce travail , et en sortaient , les uns pour s'éle* ver librement y sur Thoinme et la société , à dés idées plus étendues» les autres pour secouer audacieusement tout préjugent tout frein. En même temps la liberté pratique, en matière de foi et de culte y était presque absolue ; aucune juridiction , aucune autorité répressive n'avait encore remplacé celle de Tépiscopat ; et le parlement j occupé de vaincre ses ennemis, s'inquiétait peu de surveiller les pieux écarts de ses partisans. Le «èle presby té* rien obtenait quelquefois des chambres, contre les nouveaux sectaires, des déclarations menaçantes; quelquefois les craintes et les haines des réformateurs politiques coïncidant avec celles de leurs dévots alliés, ils prenaient de concert, contre leurs adversaires , des mesures de rigueur. Une ordonnance destinée, dit le préambule, <i à réprimer » les calomnies et la licence auxquelles la religion » et le gouvernement sont en butte depuis quelque » temps, » abolit la liberté de la presse jusque-là tolérée, et soumit à la censure préalable toutes les

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