‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 19 sur 116 · LIVRE aNQUlÈMbL (^643-*i645.) i · texte numérisé non relu

LIVRE aNQUlÈMbL (^643-*i645.) i

lois , non sur dos principes y et ils ne savaient comment repousser^ par la raison seule, les argib ments de leurs rivaux. Les indépendants profes* saîent seuls une doctrine simple, rigoureuse en apparence, qui sanctionnât tous leurs actes, suffît à tous les besoins de leur situation» et dispensât^ les esprits fermes d'inconséquence, les coeurs sin^ cères d'hypocrisie. Eux seuls aussi commençaient à prononcer quelques-unes de ces paroles puissantes qui, bien ou mal comprises , soulèvent , au nom des plus nobles espérances , les plus énergi*ques passions de l'humanité ; égalité des droits^^ juste répartition des biens sociaux, destruction do tous les abus. Point de contradiction entre leurs systèmes religieux et politique; point de lutto sourde entre les chefs et les soldats; aucun sym* bole exclusif, aucune limite rigoureuse ne rendait difficile l'accès du parti ; comme la secte dont il avait pris son nom, il tenait la liberté de con<* science pour maxime fondamentale, et l'immensité des réformes qu'il se proposait, la vaste incerti^ tude de ses desseins, permettaient aux hommes les plus divers de se ranger sous sa bannière : des jurisconsultes s'y ralliaient dans l'espoir de ravir aux ecclésiastiques , leurs rivaux , toute juridic^ tion et tout empire; des publicisles populaires

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s'en promettaient une législation nouvelle, claire, simple, qui fit perdre aux jurisconsultes leurs profits énormes et leur pouvoir : Harrington y pouvait rêver une société de sages, Sidncy la liberté de Sparte ou de Rome, Lilburne le retour des. vieilles lois saxonnes , Harrison la venue de Christ ; le cynisme même de Henri Martyn et de Pierre Wentworth s'y feisait tolérer en faveur de son audace : républicains ou niveleurs, raisonneurs ou visionnaires, fanatiques ou ambitieux, tous étaient admis à mettre en commun leurs colères , leurs théories , leurs extases , leurs intrigues; il suffisait que tous, animés contre les cavaliers et les presbytériens d'une égale haine, se portassent avec la même ardeur vers cet avenir inconnu chargé de répondre à tant de vœux.

Aucune victoire d'Essex et de ses amis , sur le champ de bataille ou dans Westminster, ne pouvait étouffer, contenir même longtemps de telles discordes : elles étaient publiques à Oxford comme à Londres; et parlementaires ou royalistes, tous les hommes sensés les prenaient déjà pour base de leurs combinaisons. De toutes parts on çn informait le roi , on le pressait d'en profiter : courtisans ou ministres, intrigants ou serviteurs sincères, chacun avait à cet égard ses renseignements, ses

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