‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 22 sur 116 · LIVRE CINQUIÈME. (16&8-i6A · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. (16&8-i6A

donnante convertit <^tte offre en une taxe obliga^ toire pour tous les habitants de Londres et des environs (^). Des droits de consommation jusque* là inconnus furent établis sur le vin^ le cidre , la bière 9 le tabac, et beaucoup d'autres denrées (*). Le comité des séquestres redoubla de rigueur (^). A Touverture de la campagne^ le parlement entre»^ tenait cinq armées : celles des Ëcossais, d'Essex et de Fairfex, aux frais du trésor public ; celles de Manchester et de Waller par des contributions lo-* cales perçues chaque semaine dans certains comtés chargés aussi de les recruter (*). Ces forces s'éle**

(1) Le 26 mars 1644. Rushworth, part. 3, t. H, p. 748.

(>) Les 46 mai 1613 et 8 juillet t6i4. Pari. Hist., t. Hl, col. 114»

p) /Wd., col. 174, 257. Rushworth, part. 3, t. IT, p. 760.

(*) Les sept comtés confédérés de Test , Essex , SuffoHc , Notfolk , Hertford, Ca^ibridgè , Huntington , Lincoln et Ely, étaient imposés , poar Tentretien de Tarmée de Manchester, à 8,445 livres sterling par semaine (environ 2it,125 fr.). Les quatre comtés du sud, Soutbampion, Sossex , Svrrey et Kent , pour Tentretien de Tarroée de Waller» k 2,638 livres sterling par semaine (environ 70,950 ft*.). L'armée d^Essex eoàtait par mois, au trésor public, 30,504 livres sterling (environ 762,500 fr.). (Rushworth , part. 3, t. II, p. 621, 654.) Larmée d^Écosse coûtait 31,000 livres sterling (775,000 fr.) par mois. Je n*al pu découvrir aucune évaluation précité de ce que coulait Tarmée de Fairfai : tout indique qu'elle était plus irn^ulièrcmeiit payée que les autres, et peut-être^ en partie par des eontrilwtjons locales, en partie par des secours du parlement {Aféwoii-^ de F(M'fax, p. 381, dans ma Collection)^

Voient à plus de cinquante mille hommes {^)^ et le comité do8 deUK Aiyatimes eu die^Kisaii k seil gré.

: Afol^é la pràsemptioB qbi régnait dans Oxford^ utie vive inquiétude tarda peb à s'y manifester i on s'étonnait de ne plus recevoir de Londres au^ euiie information précise , et qtie le secret fôl n Inen gardé sur les desseins du parlement; on tovait seulement qu'il feisail partout de grands prépara mtife ^ que le pouvoir se concentrait aux n^iiàs dés pins liardîs meneurs y qu'ils pariaient de mesures décisives , que toutes Choses enftn prenaient un sinistre aspect. Tout à coup se répandit le bruit qu'Essex et Waller s'étaient mis en mouvement, et marchaient sur Oxford pour l'assi^er. La reine^ grosse de sept mois , déclara aussitôt qu'elle vou* lait partir ; en vain quelques membres du conseil se hasàMè^ent à déplorer le fâcheux effet d'Uhfe telle résolution ; en vain Charles lui-même témoi- (jna quelque désir de Tert voir changer; Tidée seule 4'étre enfermée dans une place assiégée lui était^

(^) L'armée écossaise était forte de vingt et un mine liommes ; celte d'E««et de dit iiitile cinq tents; cèWé de Wâtler dte cinq mille ^eift) l^lle de Manchester de quatorré mille; celle de FAirAx de tifiq à aft mille :.en tonl environ cinquante-six mille Irohimes (f<t»sfcti;orift^ part. 3, t. II, p. 603, 621, 654. — Mémoires de F^rfax,)

dît^eitoy inmpporiable y et elle moUriatt si e» ne lui permettait pas de se retirer vers l'ouest, dans quelque li^i où elle pût âocûudier loin de la guenroi et l'embarqua soème jiour la France, en cas de pireseant danger « Ht)ni d'el]|e«méme à la moindie objection, elle s'emportait^ suppliait^ pleurait i personne n'insista plus ; te ebef4ieu dû comté de Deven^ Ëxeter fut chdsi pour son séjour, et, tort la ftn d'avril , elle quitta sén fnari , qui ne la revU jamais (?)• . : .

: La nouvelle qui l'avait frappée d'épouvante était fondée; E^sex et Waller s'avançaient, en. efM^ pour bloquer Okford. D'autre part) Fàir]Fax, Man* chester et les Écossais devaient se réunir sous les murs d'York^ et l'assiéger en commun. Les deux giandçs villes et les deux grandes armées toya»» lirtes', le vm et Ibrd Ne^vcastle, étaient ainsi atta^ qUéa à la fois , et par toutes les forces du parler ment. Tel était le plan simple et hardi que le comité dès deuk royaumes venait d'adopter.

Vers la fin de mai, Oxford était presque entiè^ rement ihve^i t les troupes du roi , sucéessivd^ ment débu^uées des places qu'elles occupaient aux environs , avaient été contraintes de se replier,

(«) Clarcndon , îft«^ . of ihe rehett. , l. Vit, f . f 1 2.

136 AÊVOLUTION D'ANGLETtRBS.

les unes dans la ville y les autres sur un seul point hors des murs, du cAté du nord ; aucun secours ne pouvait amver à temps ; le prince Rdbert s'était enfoncé dans le comté de Lancaster; le prince Maurice assiégeait le port de Lyme dans celui de Dorset; lord Hopton était à Bristol occupé de pré* server cette importante place des intelligences qu'y entretenait l'ennemi. Un renfort de huitmille hommes y miliciens de Londres ^ mettait Essex en état de compléter le blocus. Le péril semblait si pressant qii'un des plus fidèles conseillers du roi lui proposa de se rendre en personne au pouvoir du comte. « Il se peut^ dit Charles indigné^ qu'on me » trouve entre les mains du comte d'Essex , mais » je serai mort (^). 3» Cependant te bruit se répandit à Londres que ^ ne sachant comment échapper ^ il formait y en effet, le dessein soit d'arriver brus** quement dans la cité^ soit de se mettre sous la protection du lord général. L'alarme des communes fut aussi vive qu'avait pu l'être l'indignation du roi : <c Milord^ » écrivirent-elles sur-lechamp à Essex, « un bruit général circulé ici que » sa Majesté veut venir à Londres ; nous désirons » que votre seigneurie ne néglige rien pour en dé-

(1) ClareDdoa, Hist. ofOiertèéU., t, VU, p. I2S.

Page 1