‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 25 sur 116 · LIVRE CINQUIÈME. (iHQ^m^) i · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. (iHQ^m^) i

» appellerez pas tout simpletn^it M. Montague : » si vQus Yous attachez aux honttétes gens j vous )» serez bientôt à la tête d'une armée qui fera la loi » au roi et au parlem^ut (*)• »

Malgré l'audace de ses espérafices , Gromwell lui-même ne suivait pas combien la victoire de son parti était prochaine^ ni quel triste sort était près d'atteindre l'adversaire qu'il redoutait le plus»

Essex s'était engagé de plus en plus dans l'ouest^ ignorant quels périls s'amassaient derrière lui> et attiré par de facile^ succès. En trois semaines it avait feit lever le siège de Lyme^ occupé Wey-' mouthj^ Barnstaple, Tiverton, taunton , et dissipé presque sans combat les corps royalistes qui ten-taient de l'arrêter. Comme il approchait d'Exeter, la reine lui fit demander Un saufKM>nduit pour aller à Bath se remettre de ses couches. «Si votre » Majesté, lui répondit-il, veut se rendre à Lon- ^ dres y non seulement je lui donnerai un sauf- » conduit, mais je Ty accompagnerai moi-même ; » c^est là qu'elle recevra les meilleurs avis et les V. soins les plus efScaces pour le rétablissement » de sa santé : pour tout autre lieu , je ne puis

(1) Mémoires de Hollis, p. 25, daiis ma Collection. -^ CUreudon, Hist. of the rebeU., t. VII, p. 253.

»aecéder à ses désirs sans en référer au parie-* » iReDt(*). » Saisie d'efAm, la reine s'enfuit à Fdmouth, où elle s^embarqna pour la France f), et Essex continua sa marche, il était encore en vue d'Exeler lorsqu'il apprit que le rei^ vainqueur de Waller^ s'avançait rapidement contre lui, rassemblaiit sur sa route toutes les forcei dont il pouV^t disposer. Un conseil de guerre fut aussitôt convoqué ; on se demanda s'il fallait pour^ivre et s'enfoncer dans le pays de Gomeuailles y ou rebrousser ^hemii^i se porter au-devant du roi et lui offrir le coipliat. Ëssex penchait pour ce dernier avis; mais plusieurs offîciers, lord Robarts entre autres, aini de sir Henri Vana, possédaient dans le pajs de Gornouailles de grands Inens dont les reVenw leur manquaient depuis longtemps ; ils avaient compté sur cette expédition pour se faire payer de leurs fermiers : ils repoussèrent toute idée de retraite^ soutenant que le peuple de Gornousnlles^ opprimé par les royalistes , se soulèverait i l'ap^ proche de l'armée, et qu 'Essex aurait ainsii l'hon* ^eur jl'^ever au roi ce comté , jusque-là son plus ferme appui {% Essex se laissa persuader^ et

(}) Rushworlh, part. 3, t. II, p. 684. — WbiteloGke, p, 8S. (2) Le 14 juillet 1644.

(») Ctarendon, tfïsî. of the rebell., t. Vlï, p. 163. — Rufhwôrlli, part. 3, t. II, p. 690.

s'aagag^ dan» le» déttéâF dé Ger&ooâilles, en fen saut demande]^ à Londres d^ renforts. Le peuple ne 8è leva: pe«&t est sa feteor^ lei» vivres étaieAl rares, déjà le roi le serrait de près. Il éoritit de nouveau à Lc^dres qnt â»i situa^n dereMît péi^illeuse^^y qu'il felfarit abs^biment que Wallef o» quelque auire^patuse diversioa^gar les <lerrièfe» de ramée du rm, mit la^ieâue ei^ éfiat de se danger. Le comité des deux royaumes: fit ^tmà Inreit de sûa malhettr^ et parut animé d'UM ev^ trê^M ardidur à le. sec^eurir : ou preseriyit dei» prière piiàkliques (^) -^ ou donoa è^B ordrea k WaUer, il MiâdW(f0i^, â Maiichester méme^ reveim du nord aiYfrc une porâon de aon armée i k leur tour ils^ étalèrent le plus vif en^refoem^^it : c« Que » l'on m'envoie de l'argent et des bommes, écrivait » WaUer. ESeum'eçt témoin que ce n^est pas ina »feute ^i je ne vaitr pas plus vite; que la honte et 9 le* ^ang reto^bi^nt sur. la tête der ceui^ quji me ir retardât! Si l'argentneiïi'ai^Five'^i^firM ^an^ »argeal. ^ £ît il ne^marclua point. Middleton tint le mèn^ kngàge^ se mit en mouvement , et s'ar^ rètà au premier ob»faele^ Aucnn^eorps ne sedéta^ cbade l'animée de Manéhester f ). Ikfêsurés fAthi

(1) Le 13 août 1644. — Rushworth, part. 3, t. H, p. 697. (^ IVhîtelockc, Memcrîats, etc., p. îïT et sutv. ^ Mémoires de Lu(dlow> t. I, p. 143, dans ma Collection.

1Ô2 EÉVOLUTION D AJ^LfiTËBRE.

victoire de Marstoa-Moor , les meneurs iadépeudanlSy Yane^ SaialrJohn, Iretoa, CroBiwell> étai^t charmés d'acheter par ud grand échec la rqiRe de leur ennemi.

Ils ne se doutaient pas qu'à ce moment méme> et dans sa détresse^ Essex tenait peut-être leur sort dans ses mains : le 6 août^ à son. quartier général de Lestithiel y une lettre du roi lui fut remise^ pleine d'estime, <le promesses, ètquile pressait de rendre ia paix à son pays. Lord Beau^ etiamp, neveu du comte, était porteur du message ; plusieurs colonels de son armée y semblaient la^ vorables (*). « Je ne répondrai point, xlit Essex; » je n'ai qu'un conseil à donner au roi, c'est de «retourner auprès de son parlement. » Charles n'insista point ; peut-être même , malgré le désastre de Mar&ton-Moor , souhaitai t41 assez peu rinterventîon d'un tel médiateur. Mais la paix avait, auprès de lui, des partisans plus obstinés; l'esprit d'imfêpendance et d'examen gagnait les royalistes; le nom du roi n'exerçait plus sur eux son ancien empire, et dans leurs réunions beaucoup d'ofificiers débattaient librement les affeires publiques et ses volontés»- Persuadés que, si Ëssex

(») Eatre autres le^. colonels Wearc elButlcr.. (Rushwortli, part, 3, t. II, p. 710.)

avait jrepoiissé toute ouverture, c'est que les promesses dti roi lui semblaient 4§ans garantie , ils résolxirent de lui of&ir la leur ^ et de l'inviter à s'aboucher avec, eux* Les lords Wilmot et Piercy,commandants de. la cavalerie et de l'artillerie, étaient à la tête de ce dessein : l'un audacieux, spirituel, buveur infatigable, et cher à l'armée par la joyeuse affabilité de son humeur; l'autre froid et hautain, mais hardi dans ses propos, et teûant une bonne table qu'il feisait partager à beaucoup d^oflficiers. Informé, de leurs démarches et du projet de lettre qui circulait en leur nom, Charles en ressentit une vive colère; cependant l'intention plaisait, même à des hommeis qui blâmai^rikt le moyen. Le roi, n'osant lïnterdire, prit le parti de l'approuver : la letfcre devint nn acte officiel avoué de lui, et signé du prince Maurice et du comte de Brentford, général en chef de l'armée, comme de ses premiers auteurs ; un trompette la porta au camp ennemi (^). « Milords, répondît Ëssex, vous » avez eu soin d^ exprimer, dès les premières ligne» »de votre lettre, en vertu de quelle autorisation » elle m'était adressée*^ je n'ai reçu, du parlement » que je sers, aucune autorisation pour traiter, et

{^) Le 9 àOtLiîQiA.

i5ft RÉVOLUTION ITANGLETERRe.

» ne pourrais m'y prêter sans trahir moft sermeat. » Je sais , milords j tolre très humble ^rfiteor . »EssEx« » Un re^ si sec piqua vivement les royalistes ; ' toute tentative de n^ocialiott fut ^bancUmnée. Wilmot et Pierey perdtteat leur commandement , et les hostilités reprirent leur (xwirs (*).

Essex se vit bientât dans une i^tuatmi^ déses^ pérée : il combattait chaque Jdur^ et pour tomber chaque jour dans un plus grand péril; ses solâatu se lassaient^ des complots fermentaient dans leurs rangs (^); le roi resserrait de plus en plus ses tignes, élevait partout des redoutes. Déjà l'espace manq^it aux cavaliers du comte pour recueillir des fourrages ; à peifie lui r estai<^i) quelques libres communications avec la mer, seule vole par otlit put se procurer des vivres ; dans les derniers jours d'août enân , il était cerné de si près que , des hauteurs environnantes y les royaliste pouvdtie»it voir tout ce qui se passait dam son camp. J>«m cette extrémité , il donna ordre àf la cavalerie, c«>mmandée par sir William Balfo^r^ de se flaire jour, comme elle pourrait, à travers les postes

(*) Rushworth, part. 3, t. U, p. 691-697. — ClarendoD, Hist, of the rebelL, t. VII, p. 170-181.

(2) Rushworth, port. 3, t. II, p. 698.

eiiiieiBis> M 96^ mit en marche avec rinfeûterie pour ticher d'alteiiM^re fe port de Foy. A la fatear de k nuit et d'Un broniHard ^ la cavalerie réussit à pas^r etitre denx corps royalistes ; mais rinfintarie ^ engagée dans des chemins étroits et langeax, poursuivie par toute l'armée du roi, contrati^ d'abandonner à chaque pas des canons et des bagages^ perdit enfin tout espoir de salut. OVi parlar hautoQikent de capituler. Abattu, troublé, préoccupé du seul désir de se soustraire à tant d'humiliation, Essex, sans consulter personne, suivi seulement de deux officiers (*), partît tout à coup, gagna la côte, et se jeta dans un bateau qui lit voile pour Plymouth , laissant son armée sous les OTdres de Skippon, major général (*). -

Dès que son départ fut connu , Skippon convoqua un conseil de guerre : « Messieurs, dît-il, vous » voyez que notre général et quelques uns de nos » principaux chefs ont jugé à propos de nous aban- » donner; nôtre cavalerie est partie ; nous restons » seuls chargés de nous défendre. Voici ce que je » vims propose : nous avons le même courage que

(') Sir Joha Merrick , qui commandait Fartillerie , et lord Robaris iui-mème , qui avait décidé Essex à eotrer dans le pays de Cornouailles.

(*} Rushwortit, part. 3, t. II, p. €9'9-7a3. ~ Clafendoû, U^L of tbe rebell.y t. VII, p. 182-190. - Whitelocke, p. 98.

156 llÉVOLUTI02^ D*AN6LETEKHË.

» nos cavaliers, le même Dieu p^ajr nous aider; » tentons de môme notre fortune ; essayons de nous » feire jour comme eux à travers nos ennemis ; il » vaut mieux mourir avec honneur que de se sau? » ver lâchement. » Mais rhéroisme de Skippon pa gagna point le conseil; beaucoup d'officiers de cette armée f braves et fidèles, mai$ presbytériens ou modérés comme Ëssex, étaient^ comme lui, tristes et découragés. Le roi leur fit proposer une capitulation inespérée : il n'exigeait que la remise de l'artillerie, des. munitions et des armes; tous les hommes, officier s, et soldats, demeureraient libres et seraient même conduits m sûreté jusqu'aux quartiers du parlement. Ces conditions fuirent acceptées (*); et, sous l'escorte de cavaliers royaux, les bataillons parlementaires traversérent sans général, sans armes, ces comtés que naguère ils avaient parcourus en vainqueurs (*)•

Cependant Essex débarquait à Plymoutb^ et rendait compte au parement de sop désastre : « C'est, écrivait-il, le plus rudecoqp qu ait ja- » mais reçu notre parti ; je ne désire rien tant que » d'être mis en jugement : de tels échecs ne doi-

(*) Le !•' septembre 1644.

(2) Rushwonh , part. 3, t. II, p. 704-709. ~ Clarendwi, Hist. of the rebell.y t. Yll, p. 190-^92. > . ...

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