LIVRE SIXIÈME. {Mkê-iWi*) M
peine à leurs nooveanix chefs. Le parlemeot leur fit distribuer quinze jours de doldo ^ et ordonna la mise en vente des biens séquestrés de quelque» délinquants pour ferre hte aux plus pressantes réclamatioDs. Les soldats de Cromwell se mutiné* rent aussi ^ ibalgré ses promesses^ déclarant qu'ils De voulaient servir que sous lui ; et Cromwell seul eut sur eux assez d eiopire pour les faire rentrer dans le devoir. Au premier bruit de leur insur-^ rection , il partit pour aller , dit - il y rendre aux chambres ce dernier service avant de quitter son commandement. Vers le W avrils l'opération générale était presque accomplie ; tous les corps nouveaux s'organisaient sans obstacle : à Londres seulement, l'agitation se prolongeait par le concours des officiers réformés qui y affluaient tous^ soit pour solliciter le paiement de leurs arrérages^ soit pour attendre les événements {*).
A Oxford, le roi et la cour étaient pleins d'espérance. Après la rupture des négociations d'Uxbridge , et malgré les brillantes nouvelles d'Ecosse, Charles avait ressenti quelque inquiétude. Quoique peu empressé pour la paix-, il avait besoin que le parti pacifique dominât dans Westminster,
0) Mérnoim deHoilUf p. 45^1, dans m« CoUatftott*— Rosliwonh, part. 4, t. I, p. 17.
308 RÉVOLUTION ITAN&LETEaRE.
et sa défeite TefFraya un moment. Il résolut alors de se séparer de son fils, Charles^ prince de Galles^ qui touchait à sa quinzième année , et de l'envoyer, avec le titre de généralissime , dans les comtés de Touest, soit pour donner à ces comtés si fidèles ua chef capable d'animer encore leur dévouement, soit pour diviser les périls qui pouvaient menacer la royauté. Hyde et les lords Capel et Colepepper furent chargés d'accompagner le prince, et de tout diriger en son noiû. Telle était en ce moment la tristesse des pensées du roi , qu'il s'entretint plusieurs fois avec Hyde dé ce qui arriverait s'il tombait lui-même aux mains des rebelles ^ et le fit sonder indirectement par lord Dîgby pour savoir si , au besoin et sans ordres , même contre des ordres apparents , il se déciderait à foire sortir le prince d'Angleterre , et à l'emmener sur le conti^ nent. « De telles questions , répondit Hyde, ne se » peuvent résoudre qu'au jour de la nécessité. » Et , le /i mars , le prince et ses conseillers prirent congé du roi qu'ils ne revirent jamais (*). Mais, un mois après, quand on sut à Oxford quels obstacles rencontrait la réorganisation de l'armée parlementaire, quand on vit des régiments en insur-
{*) Cltrendoo , Mémoires^ t. I, p. 257-266, dans ma CoHection. Hist^oflhe rébell.y t. Vil, p. 321-326.