‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 4 sur 116 · II · texte numérisé non relu

II

în «ÉvofiirrioN D'angletebrb.

)) dlt--it en se mettant à leur tête , prions de bon » cœur et battons*nous de bon cœur ; je courrai )i lea mêmes basardd que vous tous. Souvenez- )) vous que o'est ici la cause de Dieu^ qu'il s'agit n de défendre vos femmes y vos enfants et vousm )» mêmes. Allons y mes bons et braves enfents^ T» priez de bon cœur et combattes dé bon cœur/ » et Dieu nous bénira (* ). » Durant un jour et une Aultces nouvelles levées , miliciens et volontaires^ sortirent successivement de Londres pour aller prendre place dans les rangs de l'armée; et le surlendemain du combat de Brentfbrd (^)^ Esse%^ accompagné de la plupart des membres des deux chambres et d'une foule de spectateurs , passa en revue vingt-quatre mille hommes rangés en ba* taille à Turnham-Green ^ à moins d'un mille des avant-postes du roi#

Là recommença le débat qui s'était élevé, après Taffeire d'Edgehill, dans le conseil du général* Hampden et ses amis demandèrent avec instance qu'on attaquât aussitôt. « Jamais, disaient-ils, on » ne retrouvera le peuple à la fois si fermement » assuré et si impérieusement obligé de vaincre. » Leur avis prévalut un moment, et quelques mou-

(«) W^hitelocke, p. 62. — Pari. Hht.y t. m, col. 14. (3) Le 14 novembre 1642.

vements de troupes furent ordonnés en conséquence^ Mai» Ëssex ne s'y rendait qu'à contrecoeur; les vieux officiers ne cessaient de le coaibaltro j un incident survint à Fappui de leurs objeotiotis. Un jour que rarmée était en bataille en feoe de celle du roi , soit que les troupes royales parussent feilre un mouvement d'attaque , soit par toute autre cause, detix ou trois cents spectateurs , venu» dé Londres à cheval , reprirent brusquement et au grand galop le chemin de la ville : à cette seule vue, un fâcheux ébranlement se ma nifesta dans le^ rangs parlementaires , des propos décourageants circulaient, et beaucoup de soldats semblaient disposés % quitter leurs drapeaux pour retourner aussi daiis leurs maisons. L'erreur dissipée, les visages redevinrent Sereins et les rangs se raffermirent \ d'abondlintes provisions de vivres, de vin, de tabac, de denrées de toutes sortes , envoyées par les femmes de la cité à leurs enfents et à leurs maris, ramenèrent dans le camp la confiance et la gaieté. Mais Essex refusa dééidément de tout hasarder sur la foi de l'enthonsiasme publie ; il rappela les corps qui s'étaient portés en avant f s'établit partout sur la défensive ; et le roi, qui de son côté craignait fort une attaque, car il n'avait plus ni balles ni poudre^ <^éra

20 RÉVOLUTION D'AJ^GI.EIERRE,

sans obstacle sa retmite d'abord à Reading j ensuite à Oxford y où il prit ses quartiers d'hiver (*)•

Tant d'hésitation et de lenteur, combattues, mais sans succès , par les chefs du parlement , avaient des causes plus puissantes que l'attitude chancelante des soldats , ou la prudence du général. La cité même était pleine de divisions et d'incertitudes : le parti de la paix s'y manifestait hautement, recruté, surtout dans la haute bourgeoisie, de beaucoup d'hommes qui n'avaient accepté la guerre qu'avec crainte et chagrin , et parce qu'ils n'avaient su comment s'y opposer. Déjà des pétitions , assez vives d'ailleurs contre le papisme et le pouvoir absolu, demandaient aux chambres d'y mettre un terme (*). On les repoussait , on menaçait même leurs auteurs ; mais il en venait d'autres , rédigées dans les comtés , et adressées aux lords qu'on jugeait plus disposés à les accueillir (^). Les pétitions contraires ne manquaient point : d'une part les magistrats et le conseil commun de la cité , renouvelé par de récentes élections, de l'autre la petite bourgeoisie et le

(1) Whitelocke , p. 62, 63. — Mémoires de Ludlow, t. I, p. 58, dans ma Collection.

(*} Le 19 décembre 1642. Pari. Hist., t. Itl, col. 43. (3; Le 22 décembre 1642. IhicL, col. 46.

peuple , étaienl dévoués aux plus hardis meneurs des communes^ et saisissaient avec ardeur toute occasion de les exciter ou de les soutenir. Un marchand^ nommé Shute y venait presque chaque jour (*) à la barre de la chambre , suivi d'un nombreux cortège et réclamant , au nom du parti pieux et actifs qu'on poussât la guerre avec vigueur. On Taccueillait avec empressement , on le remerciait de son zèle ; mais quand son langage devenait trop impérieux ^ quand il parlait trop insolemment des lords et des officiers de Tarmée , on se sentait obligé de le réprimander (*), car personne n'eût osé dire ni penser peut-être que le parlement se dût séparer des grands seigneurs engagés dans sa cause, ou pût triompher sans leur appui. Pour donner aux amis de la paix quelque satisfectioil apparente, on imagina de la feire officiellement demander par le conseil commun , non au parlement, mais au roi lui-même ; sur le roi tomberait ainsi l'embarras de la réponse, et la sienne ne pouvait manquer de déplaire aux citoyens. De Taveu des chambres, une députation du conseil commun se rendit à Oxford (*). Le roi sourit quand

(1) Les 13 et 21 novembre, le 9 décembre , etc. — Pari. Hist.j LUI, coL 12,22, 37, etc.

(») I.e11 décembre 1642. Pari. Hisf,, t III, coL 3». (3) Le 2 janvier 1643.

elle le pressa de revenir à Londres , promettant de réprimer les émeutes : « Vous ne pouvesi, dit-il» » y maintenir la paix pour vous-mêmes ; i» et il ren*> voya les députés avec sa réponse, les feisant accompagner; .4'un gentilhomme chargé de la lire^ en son nooi) à l'assemblée générale de la cité. Une foule immense s'y porta (*) ; lord Manchester et M. Pym y assistaient, prêts à repousser, au nom du parlement, les accusations du roi, A la vue de cette bruyante multitude , le commissaire du roi eut peur et voulut se dispenser de lire luimême le message, alléguant la faiblessQ de sa voix. Sommé de remplir sa charge, il obéit, et fut même contraint de recommencer deux fois sa lecture > dans deux salles différentes, pour que tout le monde l'entendit. A la seconde fois, quelques royalistes, timidement placés près de la porte ^ hasardèrent quelques acclamations soudain étouf* fées par de violents murmures. l>a lettre du roi était longue et amère, pleine de récriminations qui n'annonçaient point le désir de la paix. Pym et lord Manchester y répondirent ; le cri « Nou^ » vivrons et mourrons avec eux ! » s'éleva de toutes parts, et les pétitions pacifiques furent pour quel-

(•; Le 13 janvier 16 i:^.

Page 1