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câDse, livrés jour et Ikuit aux plus criants désordre», et qui indignaient par leurs vices un pays désiré par leurs eiitorsions. Le prince de Galles ^ W pltttèt son conseil , réduit à se servir de tels hommes, se consumait en vain& efforts pour le& satisfeire ou les ^réprimer tour à tour, tantôt pour protéger contre eux le peuple , tantôt pour rappeler sous, leurs drapeaux {^}.
Le peuple ne répondait plus à cet appel. Bient&t il fit davantage. Des milliers de paysans se réunirent, et, sous le nom de clubmen, parcoururent en armes les campagnes. Ils n'avaient aucun dessein de prendre parti, et ne se déclaraient point pour le parlement ; ils ne voulaient qu'écarter de leurs villages, de leurs champs, les ravages de la guerre , et s'en prenaient à quiconque leur don naitlieu de les craindre, sans s'inquiéter de son nom. Déjà, Tannée précédente, quelques bandes s'étaient ainsi formées dans les comtés de Worcester et de Dorsot , suscitées par les violences du prince Robert. Au mois de mars 1645, les clubmen devinrent, dans les comtés de l'Ouest, une confédération permanente, régulière, soutenue, commandée môme par des gentilshommes dont
:«) Clarcndcn, îlist. ofihe rebell., t. VIH, p. «0-6<>, ÎS-ir», etc.
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quelques uns avaient servi dans les armées du roi, et incessamment appliquée à défendre les propriétés y les personnes y à réclamer le bon ordre et la paix. Ils traitaient avec les troupes et les garnisons des deux partis, se chargeaient de leur fournir des vivres , à condition qu'elles n'en enlèveraient point à main armée , les empêchaient même quelquefois de se battre , et avaient inscrit sur leurs rustiques drapeaux ces paroles :
!f you offer to pliwder our cattte , Be assur'd we wiU give you battle,
« Si vous voulez piller notre bétail ,
» Soyez certain que vous aurez bataille ('). »
Tant que les joyalistes dominèrent dans l'Ouest, ce fut contre eux que se soulevèrent les clubmen, et avec les parlementaires qu'ils parurent disposés à s'allier. Tantôt ils menaçaient d'incendie quiconque refuserait de se joindre à eux pour exterminer les cavaliers (^) ; tantôt ils invitaient Massey, qui coqimandait dans le comté de Worcester au nom du parlement, à venir avec eux assiéger Here-
(») Clarendon, mst.oftherébell., t. VHl, p. 09.— Lettre deFairfax au ctmiitédes deut royaumes (3 juillet 1645) ; PaW. Hist.j i. III, col. 38a. — Whitelocke, p. 130. — Neal, IHst. ofthe PurU., t. liï, p. 90.
(2) Whitelocke , p. 131.
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ford, d'où les cavaliers infestaient le pays (^), Le 2 juin, à Wells, six mille d'entre eux adressèrent au prince de Galles une pétition pour se plaindre des rapines de Goring , et , malgré l'ordre du prince, ils refusèrent de se séparer ('). Au commencement de juillet, Fairfex vainqueur arriva dans l'Ouest ; les cavaliers intimidés cessèrent de dévaster librement les campagnes ; les clubmen se tournèrent aussitôt contre Fairiax et ses soldats (^). Mais Fairfex avait une bonne armée, bien payée, bien pourvue , où l'enthousiasme et la discipline se prêtaient un mutuel appui. Il traita doucement les clubmen, négocia avec eux, assista en personne à quelques unes de leurs réunions , leur promit la paix, et poussa vivement la guerre. En peu de jours la campagne fut décidée. Goring , surpris et battu à Langport (^), dans le comté de Somerset, laissa les troupes qui lui restaient se disperser au hasard ; sir Richard Green ville renvoya au prince de Galles sa commission de feld-maréchal , en se plaignant avec effronjterie qu'on F eut obligé de
(«) Whitelocke, p. 133, 135. p) ClareDdbn , Ht^. of tkê rébell,, i. VIII, p: i69. (5) Pari. Hist., i. III, col. 380-386. — May, Hist. du Long-Pari., t. Il, p. 312, 409-418, dans ma CollectUm, («) Le 10 Juillet 1645.
SaO ftÉVOLOnON D'AKGLETERRE.
foire là guerre à ses dépens (*) ; et troU semaims après l'arrivée de Fairfex , les cavaliers , qui naguère parcouraient l'Ouest en maîtres, Paient presque tous renfermés dans les places qîie FairCii se disposait à assiéger.
De toutes parts cependant on se demandait ce que faisait le roi, où il était même, car beaucoup de gens ne le savaient point. Après le désastre de Naseby, il avait fiii de ville en ville , se donnant à peine quelques heyres de repos, et prenant tantôt la route du Nord, tantôt celle de TOuest, pour aller rejoindre Moiitrose on Goring, selon la mobilité de ses craintes on de ses projets. Arrivé à Hèreford , il se décida enfin -pour le pays de Galles, où îl espérait recruter quelqne infanterie , envoya le prince Robert à Bristol , et se rendit au diàtea« de Ragland, chez le fi^arquis de Worce^ter, chef du parti catholique^ et le plus ricbe grand ^igaeur de r Angleterre. De secrets desseins , auxquels les caUioliques seuls pouvaient concourir^ <iéAermi« naient cette préférence. Depuis trois ans d'aillewi^s le marquis donnait au roi des preuves d'un dévouement inépuisable ; il lui avait prêté 1 00,000 liv. sterl., avait levé à ses frais deux corps de tixMipes ,
{^) Clarendon, llist. oftkerebell.j t. VUI, p. 78-88.
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&ms les ordres de son fiis^ lord Herbert, comte de Glamor^n , et, malgré son âge et s€!6 iaftrmitési commandait lul-méeie j dans son château, une f^rte garnison. li wç^t le roi avec une pompe rçâpecf tueuse, commua ia nobles^ des environs^ liij^ prodigua les: ebasses, les £^s^ ies hommages et les divertissements d'une cour. €barles fogitif respira un moment, comme rendu à sa sîtuaticm nat Italie, ^ p^idant plus éè quioM jours, oubliant ses maÀ.eiLrs ^ ses périls , son r^yà^me, il ne songea qu'à jouir de la royauté (^}.
Le bruit des désastres de l'Ouest le tira pourtant à k fin de cette illusion apathique. Il apprit en mÔQQiie temi^ q^e, dans le Nord , les Ecossais avaient pris^ Caa^lisl^ (^) , et ^narchaien t vers le Midi, méditait le siège de fie^eford* Il quiUa Ragland pour aller âu secours de Goring; mais ^ peine arrivé sur le bord de k 3averne , le mauvais éttat des nouvelles leivées , jies ^isseiïsions des officiers, ^iUe embarras iinprévvs le décoiM^gèren4,,et il rentra dans lé ^ay s de <ia]les. Il qtait à Cardiff, ne sachant que ^ésmidre, quand une lettre lui f^t remise; écxite:par le prince Robert au duc de
(^) Walkcr's Dmourses, p. 132. — Clarcntfon, Uisl. of Ihe rebell. t. VIII, p 59, 90.
'}) Le 28jttiii l«t5;
âd3 RÉVOLUTION 0*ANGLET£RRE.
Richmoad) pour qu'il la fit voir au roi. Le priiice jugeait tout perdu , et conseillait lapaix, n'importe à ({uel prix« Dès que son honneur semblait en péril y Charles retrouvait une énergie qu'il n'avait point pour son salut. Il répondit sur-le*-champ à son neveu (*} : « Si je feisais la guerre pour tout D autre chose que pour la défense de ma religion, «de ma couronne et de mes amis, vous auriez » pleinement raison, A parler comme homme d'Ëtat » ou comme soldat, je conviens que ma ruine seule » est probable; mais comme chrétien, je dois vous » dire que Dieu ne souffrira pas que des rebelles x> prospèrent ni que sa cause périsse. Quel que » soit donc le châtiment personnel qu'il lui plaise » de mMnfliger, rien ne fera que je me repente, » encore moins que j'abandonne cette querelle. » i'en préviens sans détour mes amis : quiconque ^ restera maintenant avec moi doit s'attendre et » se résoudre, ou à mourir pour une bonne cause, » eu, ce qui est pis, à vivre, en la soutenant, aussi » misérable que pourront le rendre d'insolents » rebelles. Au nom de Dieu , ne nous flattons donc » pas de vaines chimères; croyez-moi, l'idée seule » que vous désirez un traité avancera ma perte (^). »
(1) Le 3 août 1645.
(2) Clarendon, Hist, of the rébell., t. Vill, |^. 90-97.