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Et pour relever son parti abattu, rappelant lui*' mémo tout son courage^ il quitta aussitôt le pays de Galles , dépassa sans être aperçu les quartiers de l'armée écossaise déjà campée sous les murs de Hereford, traversa rapidement les comtés de Shrop, de Stafford, de Derby, de Nottingham ; et arrivé dans le comté d'York, convoqua à Doncaster tous ses fidèles cavaliers du nord pour aller avec lui se réunir à Montrose, comme eux fidèle et tou* Jours vainqueur (*).
Les cavaliers accoururent. La présence du roi, si longtemps leur hôte , excita dans le comté un vif enthousiasme ; on parla de lever un corps d'infonterie ; les deux places de Pontefract et de Scarborough avaient été naguère contraintes de se rendre faute de vivres ; les soldats des garnisons étaient libres ; en trois jours, près de trois mille hommes vinrent offrir au roi leurs services , pro^ mettant de* se tenir prêts à marcher, dans les vingt*<|uatre heures, à son premier commandement. On n'attetidait plus qu'une lettre de Montrose pour savoir s'il fallait Taller chercher en Ecosse ou lui donner un rendez-vous en Angleterre. Tout. à coup oii apprit que David Lesley, à
(•) Glarcndoû, p. iU. - Waiker, p. 134, 13&<
nk RÉVOLUnON lyANGLËTeRBE.
k tôte de la cavalerie écossaise ^ avait qiiiUé le siège de Herefor d , et qu'il était déjà à Rodierbami à quatre lieues de Doncaster, cherdiant partouit . le roi. Le désastre de Naseby avait troubié safi$ retour rimagioatiim des royalistes ; leur couiaitce ne résistait plus à l'approche du danger. Beaucoup fuititèreut Doneaster ; ruI n'y arriva plus : ait gré des plus brav^^ il était trop tard pour trotter de r^oiadre Montrose ; il ne fellail; plus fi<mger qu'à la sûreté du roi. Il s'éloigna, suivi d'environ qutase ^cents chevaux ^ irarersa sans obstacle le cenire du royaume y battit même en route quelques détachements parlementaires, et rentra dans Oxjford }e 29 août , ne sachant que £aire de ce peu de fojRC0s qui lui restaient (*).
Il y était depuis deux jours quand la nouvelle hé parvint des récents et prodigieux succès de Moi^-r rose en Ecosse : ce n'était plus «euiement au aord du royaume et parmi les montagnaicds que k cause royale triomphait; Montrose s'ét^t avancé vers le midi , dans les basses-terres; et le ^5 aoiM; à Kilsylh, uoû loin des ruines de la graj^de muraille romaine , il avait remporté sur les covenantaîrcs, commandés par Baillie^^ la septième et k plus éclatante de ses victoires. L'armée ennemie
[^l Walker, p. 135, 136. — Rusiworlh, part. 4, t.1, 4>. i W.
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était déurui te; tontes les villes voisines, Both^well, Glasgow 9 Edimbourg même avaient ouvert leurs portos au vainqueur; tous les royalistes que le parl^nent d'Ecosse retenait en prison étaient libres; tous les homjBotes timides <{my pour se dé^ clarer^ avaient attendu le succès , le marquis d^ Dougias, les comtes d'Annandale et de linliUigowi les lords Seatc«, Drummond, Erskine, Came-^ gte , etc. , se pressaient maintenant de se devancer mutudlement, craignant d'arriver trop tard. Les diefe parlementaires fuyaient de tous eôtés, les uns en Angleterre y les autres en Irlande (*). EnfiA la cavalerie de Tannée écossaise qui assiégeait Hereford était rappelée en toute hâte, sc^us les ordres de David Lesley, au secours de sa patrie* Quelques uns dirent même que naguère , quand Lesley avait paru aux environs de Doncaster , bien loin de chercher à cwnbattre le roi, il était en marche vers TÉcosse , et qu'on avait eu grand tort de s'épouvanter {%
(>) Rush^'orth, part. 4, t. 1, p. 230. — Gutbry, Memoirs, etc., p. 189 et suiv.
(2j Rushwortb, part. 4, t. I, p. 23f. — QarendoD , Hisi.xifm rebelL, t. VIH, p. 115, 116. Lcslcy avait quitté le siège de Hereford dans les premiers jours d^août, et !a bataille de Kilsyth n'eut Ueu que le 15. Il s'était donc évidemment détaché de Tarmée écossaise pour poursuivre le roi , et ue pouvait être encore rappelé au secours de son pays.
336 B£V(UUTION D*AS»JLETERRE.
 ce glorieux récit, Charles rammé partit surle-champ d'Oxford (*) pour marcher contre Farmée écossaise y profiter de sou affaiblissement , la contraindre du moins à lev^r le siège de Hereford. Dans sa route, en passant à Ragland, il fut informé que Fairfax venait d'investir Bristol, la plus importante de ses possessions dans l'ouest; mais la place était forte, le prince Robert la défendait avec une bonne garnison , et promettait d*y tenir quatre mois : le roi ne s'en inquiéta point. Encore à une journée de Hereford, il apprit que les Écossais, au bruit de son approche, avaient levé le siège, et se retiraient précipitamment vers le nord. On le pressa de les poursuivre ; ils étaient troublés^ fatigués, en désordre, traversaient un pays mal disposé pour eux; il suffisait peut-être de les harceler pour les anéantir. Mais Charles était fatigué lui-môme d'une activité qui surpassait sa force. Il fallait , dit-il , qu'il se portât au secours de Bristol , et en attendant l'arrivée de quelques troupes rappelées de l'ouest dans ce dessein, il retourna au château de Ragland, attiré par le charme de ce séjour, ou pour s'occuper avec le marquis de Worcester de la grande et mysté-
(<) Le 31 août 1645.