‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 48 sur 116 · LIVRE SIXIÈME. (1645^16Zi · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. (1645^16Zi

Theure du dtner^ Charles était à table : sir Richard Willis^ les deux princes, lord Gerrard et vingt officiers de la garnison entrèrent brusquement : «.Sirè, dit Willis , ce que votre Majesté m'a dit ce » matin en secret est maintenant le bruit de la » ville , et m'y déshonore. — '- Ce n'est pour aucune » feute, ajouta Robert, que sir Richard perd son «gouvernement; c'est parce qu'il est mon ami. — » Tout ceci , repri* lord Gerrard , est un complot » de lord Digby, qui est lui-même un traître, et »je le prouverai. » Étonné, troublé, Charles se leva de table, et faisant quelques pas vers sa chambre, ordonna a Willis de le suivre : « Non, » sire, dit Willis; ]*ai reçu une injure publique, » c'est une réparation publique que j'attends. » A ce refus, Charles hors de lui s'élança vers eux , et pâle de colère, d'une voix éclatante, d'u» geste meaaçant : « Sortez, sortez, et ne reparaissez ja- » mais devant moi! » Troublés à leur tour, ils sortirent tous - précipitamment , retournèrent à la maison du gouverneur, firent sonner le boute-selle et quittèrent la ville au nombre de deux cents cavaliers ^ . ■ '

Toute la garnison, tous les habitants accoururent pour offrir au roi l'expression de leur dévouement et de leur respect. Dans la soirée , les mc^

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contents lut firent demander des passe-ports , le priant de ne pas les considérer comme des rebelles t ce Je ne les baptiserai pas aujourd'hui^ dit le roi; » quant à des passe-ports, qu'on leur en donne ï» tant qu'ils en voudront. »I1 était encore ému de cette scène ; la nouvelle lui arriva que lord Digby-^ dans sa marche vers l'Ecosse^ à SherbuVne^ avait été atteint et battu par un corps de parlemen-* taîres (^), que ses cavaliers s'étaient dispersés^ qu'on ignorait ce que lui-même était devenu. Il ne restait donc du cété du nord ni soldats ni espé-^ rances. Newark même avait cessé d'êtr.éun lieu sûr; les troupes de Poyntz s'étaient rapjMrochées , occupaient successiveinent les places voisines, res-serraient leurs quartiers de jour ^n jour; déjà on doutait que le roi pût passer. Le 3 novembre , à onze heures du soir } quatre ou cinq cents cavaliers, débris de plusieurs régiments, furent réunis sur la place du marché : le roi parut, prit le commandement d'un escadron , et sortit de Newark par la route d'Oxford. Il avait fait raser sa barbe ; deux petites garnisons royalistes, situées sur son passage , étaient prévenues ; il marcha jour et nuit, esquivant avec peine tantôt un corps, tantôt une

(*) Verj lo milieu d'octobre 1645. Clareadon, Hist. of ihe rebell.y t. vin, p. 15^-162. — Rush^orth, part. 4, t. I, p. 12S-1S4.

LIVRi: SlXiÈMlL. (1^45-1046.) w

place annemie^ et se crut sauvé en rentrant à Ox.*ferd {^)y car U y retrouvait son conseil y sa çour^ ses habitudes et quelque repos (*) .

Il y retrouva biait6t sa détresse. Pendant qu'il errait de comté en comté et de ville en ville^ Faîr-r hx et CromweH^ ne craignant rien de lui eà bien sûrs que le corps de Poyntz suffirait à le haras-* ser, avaient suivi dans FOuest le cours de leurs succès. En moins, dé cinq mois ^ quinze places im* portantes, Br^gèwater {% Bath {*)^ Sberborne {% Devises {% Winchester ('), Basing-House {% Tîvertûn {% Monmouth {^^)y etc., étaient tombées en leur pouvoir. Au% garnisons qui se monlraient disposées à accueillir leurs ouvertures ; ils accor** daient sans marchander d'hwprables conditicms ) à Qôlles qui répondaient plus fièrement , ils gisaient donner sur*Ie«-cbamp ratsaul (^^). Un mih

(>) Le 6 novembre 1645.

(3^ Clarendon, HisL offherebell.y t. Vtll, p. 162-170. — V^Talker, p. 146, 147. ^ Etelyn'i MenuHrSy t. U, Appendice» p. 409), 110. (3) Le 23 juillet 1645.

(*) Le 29 juillet.

P) Le 15 apùt.

(^) Le 23 septembre.

(T) Le 28 septembre.

(•) Le 14 octobre.

(») Le 19 octobre.

(«0) Le 22 oclobr?.

(»^) Rushworth, part, i, t. I, p. H9.

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ment les clubmen leur causèrent quelque inquiétude. Après tes avoir plusiews Ahs dispersés par de bonnes paroles y Cromwell se vit obligé de les attaquer. Il le fit brusquement et rudement, habile à passer tout à coup, et selon lé besoin , de la douceur à la sévérité, de la sévérité à la douceur. Sur «on avis , le parlement qualifia de trahison toute association de ce genre (*); quelques chefs furent arrêtés ; l'exacte discipline de l'armée ras^ sura le peuple ; les clubmen tardèrent peu à disparaître; et quand le roi rentra dans Oxford, la situation de son parti dans Touest était si déses* pérée que, dès le lendemain (*), il écrivit au prince de Galles pour lui ordonner de se tenir prêt à passer sur le continent (^).

Pour lui-même, il était sans dessein, sans idée ; tantôt en proie à la plus vive angoisse , tantôt essayant d'échapper par l'inaction au sentiment de son impuissance. Il invita pourtant le conseil à lui indiquer quelque expédient, quelque démarche dont on pût espérer quelque résultat. Il n'y avait point à choisir : le conseil proposa un

(1) Le 23 août 1645. ParL Hist.y t. lU, coL 390. — Whitelocke, p. 165.

(2) Le 7 novembre 1645.

(') ClarcndoD, Hiit. oftherebett.y t. VIII, p. 143.

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