‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 49 sur 116 · LIVRE SIXIÈME. (16â&-l6i^.) 2i · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. (16â&-l6i^.) 2i

messdgé aax chambres et la demande d'un saufr conduit pour quatre négociateurs. Le roi y consentit sans objection (*).

Jamais le parlement n'^avait été moins enclin à la paix. Cent trente membres nouveaux venaient d- entrerdans la chambre des communes , à la phee de ceux qui l'avaient quittée pour suivre le roi. Longtemps ajournée ^ d'abord par ménagement^ puis par Ja difficulté de l'exécution j p)us tanl à dessein, cette mesure avait été prise enftn à la demande des indépendants j ardents à profiter de leurs succès sur le champ de bataille pour fortifter dans Westminster leur parti (*)• Ils mirent tout en oeuvre pour dominer dans les élections, ne les ordonnant qu'isolément et l'une après l'autre, les Êdsant môme tantôt retarder, tantôt accélérer,

t^) Clarcndon , Hisl. of the rébeU.,i. Vffl, p. 201-204. — ftirl. Hist.f t. UI, col. 405. Le message, est du 5 décembre 1645.

(2) Ce Alt le 13 septembre 1644 qu'il fut question pour la première fois, daod la chambre des eommuoes , de faire remplir les places vacaotes. La proposition demeura sans résultat Jusqu'au mois d'août 1645. Le 21 de ce mois, et sur une pétition du bourg de Southwark, la chambre Yota^ à trois vot& seulemebi de majoHté» le remptaeement de cinq membres absents, députés de Southwark , Bury Saint-Edmunds et Hytbe. Cent quarante-six membres- nouveaux furent élus Ans les cinq derniers mois de 1645.. Sur cinquante-iiuLt signataires de Tordre d'exécution de Charles I*',, dix^sept appartiennent aux éieelioi^ d« cette époque. En 1646, il y eut encore quatre-vingt-neuf éleciioiifl nouvelles. {Joumctls of tfce hof^se of Ommims.) .

950 RÉVOIAJTION D'Am;LETII»R£.

selon les chances qu'elles leur of^ient , li>arbes cl violeulfi, eojmmQ des vainqueurs ea minorité. Plusieurs hommes ^ bientôt célèbres dans le parti , entrèrent alors dans la chambre, Fairfoi, Ludk>w, Ireton, Kake^ Sidoey, Hutchinson, Fleetwood» Cependant les élections n^eurent point partout le même résultat : beaucoup de comtés entoyèrent îi Westminster des hommes étrangers à toute fection bien qu'opposés à la com^ amis 4e IWdre légal e\ de la paix. Mais, k leur arrivée, ils étaient sans exp^^ienee, sans liw, sans cheb, peiû disposés méme^à se rallier aux anciens chefs presbytériens, qui avaient perdu , la pliq[>art du moins, leur repu* tationde droiture, ou d'énergie, ou d'hafoHeté. Ils furent peu de bruit, exercèrent peu d'inftu^^^ee ^ et 4e premier effet de ce recru teAient de la chamln^e fut d'y donner aux indépendants beaucoup plus d'audace et de pouvoir (*). Les actes du parl^nent prirent dès lors un caractère plus rude. On s*était apei^u que pendant leur séjour à Londres les eommîssaîres du roi intriguaient pour ourdir dès complots et soulever le peuple ; il fiit décidé (^) qu'on ne

(4 Bémoires de Holîte, p: 62-^7, dans ma CoUectkm; — de Ludlow, 1. 1, p. 187, 190, 195, t&itt. — Wbitelocke, Memérials, etc., p. t59, 15*, 160, 165, -eu?. — GlâParl. IW»e., t. IX, p. 12; t. XIV, p. 306-

(2) Le 1 1 août 1645. Pari fHst., l. IH, eoK 390.

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recevrait plus d€i commissaires/ qu'il n'y aurait plus de ni^ciatiousy que les chambres rédige-* raient leurs propositions de paix sous forme dâ bills, et que lé roi serait requis de les adopter oa de les rejeter simplement, comme s'il eût résidé à Wkitehall et selon la pratique des temps régu-< liers. Le prince de Galles offrit (^) de se portei? médiateur entre le roi et le peuple , et Fairfeix transmit aux chambres sa lettre, « sefe^isanti dit-il^ » un devoir de ne pas étouffer dans S£t fleur )a }> bienfaisante espérance du jeune pacificateur. » On ne lui répondit seulement pas. Le terme assi-i gné au commandement de CromweU était près d'expirer ; on le pror<)gea de nouveau pour quatre mois sans en donner do raison (^). Les rigueuri^ redoublèrent contre le parti royaliste ; une ordounance avait accordé aux femmes et aux enfants des délinquiants le cinquièine du revenu dQs biensi séquestrés*^ elle fut révoquée (^). Une autre ordonnance , longtemps repoussée psir les lords , près* crivit la mise en vente d'une portion considérable

(J) Le 20 septembre 1645. Pari, llist., t. HT, col. 392. -- ClarcudoD, lUsl. oflhe rebell.y l. VIII, p. 109.

^2) L^ 12 août 1G45. Pari. UisU, t. III, col. 390.

Q) Le 8 septembre 1645. Aush>Yorth, part. 4, t. I, p. 209.

262 HÉVOLUTION D'ANGLETERRE.

des biens des évéques et des délinquants (^). Dans les camps et à la guerre s^accomplissait la même révolution. Il fut défendu de faire aucun quartier aux Irlandais pris en Angleterre les armes a la main (^) ; on les fusillait par centaines (^) ^ on les jetait à la mer, liés dos à dos {*). Entre Anglais même^ ce n'était plus cette douceur, cette courtoisie si fréquentes dans les premières campagnes, et qui révélaient, dans les deux partis, une condition à peu près égale , la même éducation , les mêmes mœurs, l'habitude et le besoin de la paix, même en se combattant. Dans les rangs parlementaires, Fairfax conservait presque seul cette humanité élégante : autour de lui, officiers et soldats, parvenus braves et habiles, mais de mœurs rudes, ou fanatiques d'humeur violente et sombre, ne s'inquiétaient que de vaincre, et ne voyaient dans les cavaliers que des ennemis. Les cavaliers, à leur tour, irrités, comme d'un affront, de succomber sous de tels adversaires , essayaient de s'en consoler ou dé s'en venger par des moqueries, des épigrammes, des chansons,, chaque jour plus insul-

(M Le 13 septembre 1645. Pari. Hist., t. 111, col. 391. — Whitclocke, p. 146.

(2) Le 24 octobre 1644. Rushworth, part. 3, t. II, p. 783.

(3) Baillie, LeHerSy t. II, p. 164. — Rushworth, part. 4, 1. 1, p. 231 ' [*) CUircndon, mst.oftherebell.^ t. Vlî, p. 358.

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taate$ (*). Ainsi la guerre devenait dure , qiielquefois même cruelle , comme entre gens qui ne se sont connus que pour se mépriser ou se haïr. En même temps la mésintelligence, jusque-là contenue, éclatait entre les Écossais et les chambres; ceux-là se plaignaient qu'on ne payât point leur armée; ceUes-ci qu'une armée d'alliés pillât et dévai^tât 9 comme une troupe ennemie , les comtés qu'elle occupait f ). Partout enfin la fermentation plus ardente, l'inimitié plus profonde, les mesures plus âpres et plifô décisives laissaient peu de chances que la paix vint arrêter, ou seulement une trêve suspendre le cours déjà si rapide des événements.

Les ouvertures du roi furent repoussées, tout sauf-conduit refusé à ses négociateurs. Il insista par deux nouveaux messages^ toujours sans succès ; on lui répondit que les intrigues de ses courtisans dans la cité ne permettaient pas qu'on les y lais-

(1) Les phis remarquables de ces chansons sont celles qui furent composées contre Dayid Lesley et ses Écossais, lorsqu*il quitta le siège de Hereford pour marcher au secourade FÉcosse, presque eqtièremeat subjuguée par Montrose, qu'il défit le 13 septembre 1645, à la bataille de Philip-Haugh. Aucune défaite n'ayait encore ravi aux cavaliers de sV belles espérances , et leur colère s'exbala avec une yerré peu commune. (Voyez la plus énergique de ces chansons dans les Éclaircissements et Pièces historiques^ tfi VIII.)

(2) Pari. Hist., t. III, col. 393, 394-558, 40n.

254 RÉVOLUTION ïyAHOLETERRE.

sât venir {*). Il offrit de se rendre lui^ôiitote à Westminster pour traiter en personne avec le par^ lement (^) ; malgré les remontraiices des Écossais, sa proposition n'obtint pas un meilleur acôuetl (^). Il renouvela ses instances {^)y moins dans l'espoir de ténssit qtle pont décrier les chambres auprès du peuple 9 qui souhaitait la paix. Mais ses ennemis avaient acquis naguère un moyen plus sôr de le décrier lui-même : ils annoncèrent solennellement qu'ils possédaient enfin la preuve delà feusseté de ses paroles; qu'il venait de conclure avec les Irlandais , non plus une cessation d'armes, mais un traité d'alliance ; que dix mille de ces rebelles^ sous les ordres du comte de Glamorgan, devaient bientôt débarquer à Chéster; que le prix de cet odieux secours était la complète abolition des lois pénales contre lès catholiques , la liberté de leur culte, la reconnaissanée de leiir droit aux églises comme aux terres dont ils s'étaient emparés, c'est-à-dire le triomphe du papisme en Irlande et la ruine des protestants. Une copie du traité et plusieurs lettres qui s'y rapportaient avaient été

(*) Le 26 «USceml^re i64S. Pari. £«*., C III, col. 4U. C^j Les 26 et 30 décembre 1645. Jbid.y coL 415-417. (3) Le 13 janvier 1646. Ibid.y coL 448-42». {*) Le 15 janvier 1646. Ibid,^ col. 421.

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