LIVRE SfXIKME
oidonna de venir le joiadre à (kford, et ea sortit lui-,méme avec c[uinze cents chevaux pour aller à sa rencontre. Il voulait avoir auprès de lui un corps suffisant pour attendre.les secours d'Irlande^ qu'il espérait toujours. Mais avant qu'ils se fus<sent réunis (^)^ à Stow, dans le comté de Glocester, sir William Brereton et le colonel Morgan , à la tète d'un corps de parlementaires^ atteignirent Astley, dont ils surveillaient depuis un mois les mouvements. La déroute des cavaliers fut complète ; dix-huit cents d'entre eux furent tués ou pris, les autres se dispersèrent . Âstley lui-même, après une résistance acharnée , tomba au pouvoir de l'ennemi. Il était vieux , fatigué du combat, et marchait péniblement; les soldats, touchés de ses cheveux Uancs et de son courage , lui apportèrent un tambour. Il s'assit , et s'adressant aux officiers de Brereton : « Messieurs , leur dit-il , vous avez » fini votre ouvrage ; vous pouvez maintenant aller »jouery à mcâns que vous n'aimiez mieux vous » quereller entre vous f )• »
Charlea n'avait plus que cette espérance ; il s'empressa de la tenter. Depuis longtemps déjà; et
(1) Le 22 mars 1646.
(') Riubwortb» part. 4, l. I, p. 139-Ul. ~ OM ParU Uist., t. XIV, p. 297-302.
262 RÉVOLUTION DANCLETERRE.
pendant qu'il comblait quelques chefs presbytériens de compromettants égards , il entretenait avec les indépendants, avec Vane surtout, intrigant aussi actif qu'enthousiaste passionné , de secrètes relations. Naguère même (*) le secrétaire d'ÉU* ÎKcholas avait écrit àVahe pour le presser de faire en sorte que le roi pût se rendre à Londres et traiter en personne avec les chambrei^ , lui pro* mettant que, si elles exigeaient le triomphe de la discipline presbytérienne, les royalistes se joindraient à ses amis « pour extirper du royaume cette » domination tyrannique, et se garantir mutuelle^ » ment leur liberté ('). y» On ignore ce que Vane )*éponâit à cette lettre; mais, après la dérouté d'Astley, le roi lui-même lui écrivit : « Soyez cer- » tain que toutes choses se passeront selon ma pro- » messe ; par tout ce qu'il y a de cher à un homme, » je vous conjure de hâter vos bons offices; sinon, » il sera trop tard, et je périrai avant d*en recueillir » le firûît. Je ne puîé vous dire toutes mes héces^ » sites ; mais je suis sûr que , si je le faisais , vous » laissei^iez de côté toute autre considération pour » vous prêter à mes désirs. C'est là tout; fteï-vous » à moi : je récompenserai pleinement vos services.
0) Le 2 mars 1646.
(2) Evelyn's J/emoirs, t. II, Aptieodice, p. 115.
LIVW SiXIÈM». (1665^16!|6.) fi63
» J'ai touttfit. Si dans quhtre jours -je n'ar jMs de 9 r^ieàse; je serai contraifit de trouver q^ielque vautre expédiefit. Que Bien Vous guide! l'ai » acquitté motk deVoir (^)./»> Il adressa en m6me temps an measagiB aux chambres pour ofFrif* de lieefioierses tfoopea^ d'ouvdr toates stes piaees, et dailep reprendre sa résidence à WhitebaH {*): k wUe pri^sition j et sur k^ bruit que tout i eoup^ sans rîen atteodre^ le roi pourrait bien arriver, la plus vive abrme régna dans Westinine^ ter : politiqitôs .ou fa&atkpies y pre^ytériens oy îudépendantSy tous savaient qne^ie rm à Whileball, ee: ne savait plus centre lui qu'éclateraient les éipetites de la cité^ tous étaient également rësolus de ne point tomber à sa merci» Us prirent sur-lechamp, contre un tel péril, lès .mesures les phis violentes : défense fdl feite de recevoir le roi, ou de se rendre aeprès de lui «'il veniiit à Londres , ou de fournir à qui que ce ttt le ipoyen de Tappro^ cher. Le fiojkûlé de .la Ailick reçut des pouvoirs pour empôfîher tout raseemblemeftt^ arrêter qui^ conque viendrait avec le roi, prétenir toute af;* flueaçe Teps lui , mettre méme^u besain sa propre
(*) EveJys, l. H, ÀppeDdice, p. ffÇ. — Clarcndon, Statt-fap^Sy t. \\y p. 227. La lettre est saos date et eiftns ait^iiatcire. (}) Le 23 mats 1646. P»H; «Wsl., t. II! , co». 451.
264 RÉVOLUTION D^ANGUSTORIiE.
personaa à Tabri de tout dâBget. Les pai^tes, les délinquants > les officiers réformés^ les soldats de fortuney quiconque avait prié parti eoatre le parlement eut ordre de quitter Londres sous trois jours (^),. Enfin une cour martiale M instituée (^)> et la pleine de mort décernée contre toute personne qui entretiendrait^ direct^nent ou indirectement^ des relations avec le roi ^ ou qui viendrait sans passe-port d'un camp ou d'une place au pouvmr du roi y ou qui recevrait ou eacherait quelque bommea^fant porté les armes contre le parlement, cm qui volontairement laisserait écbap^r un pri« sonnier de guerre, etc., eto* Jamais aucun acte des cbambrea n'avait port^ l'empreinte d'^un tdi ^roi. Vane, de son côté, liûssa la lettre du roi sans réponse, ou du moins sans effet.
Cependant les troupes de Fairiax s'avançaient à grandes marches pôu^ bloquer Oxford ; déjii le colonel Rainsborough etdeux autres régiments étaient campés en vue de la place« Le roi fit offrir à Rainsborough de se rendre à lui s*il voulait engar gi^r sa parole de le conduire aussitôt vers le par-* lemmt. Rainsborough refusa. Sous peu de jours ,
(<) Le& 3» nuirg et 3 avril 1^46. PdrL Hi^,, t. III, p. 4^, 453. — Rut»hwertii , parU^) t* I) p. 249.
(>) Le 3 avril 1646« Rushworth , p«ft. 4, 1. 1, p. 2â2.
le blocus ne poiATait iftaïufu^r dfêtre complet ; e% quelle qu'en fût la durée ^ le résultat en était ia« faillible^ le roi tombait cpinaiepH^onmer de guerre aux mains de §es ennemis (?) .
Un seul^asile lui restait à tenter ^ le camp des^ Écossais. Depuis deux mois déjà ^ M« de Mon treuil, minette de France, <4>ucbéde 3a détresse pliitôt cpie pour c^ir aux instructipns de MasKarin^ travaillait à k lui ménager. Reèut4 d'abord par les commissaires écossais en résidence à liondres> convaincu par un voyage à Edimbourg qu'il n'y avait rien à espérer du i^rlement d'Ecosse ^ il s'était enfin adressé à quelques chefs de l'armée qui assiégeait Newark; et leurs dispositions lui avaient paru si fevorahles^ qu'il avait cru poiivoir I»romettre au rpi (^), au ncwa ^t »>us la garanitie dn roi de Fraç^ce, que les Ëco^ais le recèvriâient comme leur l^gitimiEt souverain , le mettraient ; lui et les siensf> à l'abri de tout danger, concourraient même avec lui de tout leur pouvoir au rétablissement de la paixi. Les incertitudes^ et les rétracta* tiens des of&ciws écos^is y qui voulaient bi^n ^uver le roi , mafs non se brouiller avec le parlement^, firent bientôt voir à Montreuil qu'il s'était
(<) Clarendon, fft«(. cftherehell.y t. VUI, p. 257. (»). Le l"avra.l646.
366 RÉV<H.UTKHi D'ANGLETERRE.
trop avancé^ et il se bftta de le mander à Oxford. Cependant la nécessité, chaque jour plus pressante, rendait le roi et Montreoil lui^-méme moins dilR-ciles; la reine, qui, de Faris, avait aussi dans Tannée écossaise des relations et des agents , exiiortaît son mari à s'y confier. Dans de nouvelles conférences, les officiers firent à Montreuil qml^ ques promesses : il en informa le roi^ attentif ponr^ tant & lui répéter que la démàrtebe était hasar-^ deuse , tout autre refoge préforaMe , disant seule^ ment que, s'il n'en avait aucun autre, il trouverait auprès des Écossais , pour sa personne du moins , pleine sûreté C).
Décidé ou incertain, Charles ne pouvait [rfus attendre : déjà Pair f!kx était àNewbury; le blocus devait être eomplel soustM>isjourd. Le2? avril, k minuit , suivi seulement d' Asbburnkam et d^mi ecclésiastique , le docteur Hudson , guide biéfU instruit de tous les chemins, le roi sortit d'Oxford achevai, déguisé en domestique d^Ashburnham , portant ^n croupe leur valise commune ; et au même moment, pour donner le change à tous les soupçons , trois hommes sortaient par chacune des portes de la ville. Le rw prit la route de Londres.
{}) Dans ses lettres des 15, 16 et 20 èvtH. ^^ Glarendoû, flist. of tke rOHfU., l. Vm, p. 247-255. — S/oto-Popers, tMl, p. ^11-226.