LIVRE SEPTIÈME
Inquiétode et menées des Indépendants. — Séjour du roi à Newcasile. — II repousse les propositions du paHenent; -^ Le parlement négocie avec les Écossais pour qu'ils hii remet* tenl le roi et se retirent du royaume. — Ils y consentent. -^ Le roi est conduit à Hoimby. — La discorde éclate entre le parlement et l'^rtnée. **^ Conduite A& CmansgeUL — Il fait enlever le roi de Hoimby. — L'armée marche sur Londres et accuse onze chefs presbytériens. — Ils quittent le parlement.
' — Séjour du.Toi à Hamptoncourt. — Négociations de l'artiiée avec lui. — Émeute de la cité. en foveur dé la paix. -«• Un grand nombre de membres des deux chambres se retirent à Farmée. — Elle les ramène à Londres. — Défaite des PrèshytéricDS. •— Bxplofton des répoUioaina et des nivetoors. ^*^ Cromwell devient suspect aux soldats. — Ils se soulèvent contre'les officiers. — Habileté de Cromwell. — Terreur du roi. — Il s'enfuit à TMe de Wight.
' On sut bientôt à Londres (*) que le roi étaît sorti d'Oxford ^ mais sans que rien indiquât où il était; où il voulait aller. Le bruit courut qu'il se cachait dans la cité, et quiconque le recevrait fut de nouveau menacé de mort , sans merci. F^irfax
(<) Le 2 mai 1646.
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manda qu'il s'était dirigé vers les comtés de l'est, et deux Mcien d'un dévouement sûr, les cobuiels
Russel et Wharton, y furent envoyés aussitôt avec ordre de le chercher partout et à tout prix (*).
Parlementaires et royalistes , tous plongés dans la
même incertitiide/ ilupportaient , Mec une égale impatience^ ceux-ci leurs espérances, ceux-là
leurs ierreufs« Le 6 mai au isoit, arriva enfin là nouvelle que
le roi était au camp des Écossais* Qès le lendemain les oemmunes volèrent qu'aux deux chambres seules il appartenait de disposer de sa personnaf et qu'il -serait fioadmt <sftMs retard au château de "Warwick. Les lords refusèrent d'adhérer à ce vole; mais ils approuvèrent que Poyntz, cantoBBé près de Ncwarli , eut ordre de surveiller tous les mouvements de Tarmée écossaise , cl Fairfex lui-même fut averti de se tenir pr4t à marcher au besoin (*).
Les Écossais y de leur îeéié, pressés de s'éloigner, obtinrent du roi^ le|our niôwede son arrivée, qu'il ordonnât à lo^d BeUasîs , ipuveraeor de Newark, de leur ouvrir ses port€;s> livrèrent la ville aux troupes de Poyntz ^ et quelques heures
{*) RdshWôrCh , ptfirl. 4 , t. î, p. 261 — Whîtelocke , p. 209. (') Pari. Hist., t. 111, col. 465-466.
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apte», plaçaet le roi à leur avant-garde, ils ge mirent m mas^ht vers Newe^&tle y frontière de Jeur paya (*).
Le parti indépendant était en proie à une ami^iété pleine de eolère. Depuia un an to«t lui prospérait; mattre de l'année» il avait partout vaincu, et fortement frappé, jKir ses victoiret, rimagination du peuple ; soua sa bannière accouraient tous les esprits hardis ^ les ambitions éner* giquea , les espéranoes exaltées , quiconque avait M fortune à faire, ou formait des vobui sans mesure, ou méditait quelque grand dessein. Le génie même ne trouvait de place et de Uberté que dans ses rangs : Milton (*), jeune encore, mais déjà remarqué pour Télégance et l'étendue de son savoir, venait de réclamer, ave,c une noblesse de langage jusque-là inconnue, la liberté de conscience, la liberté de la presse, la faculté du divorce (*) ; et le clergé presbytérien , indignée son audace , l'avait sans succès dénoncé aux chambres , plaçant au nombre de leurs pédiés la tolé^
C>) Paru Hist., t. III, col. 467. — M^» Hist. du Long-Pari., t. II, p. 339, dans ma CoUeciUm. — Rushworth^ p^rt. 4, 1. 1, p. 269-271,
(2) Né i Londres» te 9 décembre 1608.
(3) Dans cinq pamphlets contre lé gouvernement épiscopalet sur la réforme de rÉglise, publiés eal641 et 1642; dans un pamphlet intitulé : The doctrine and discipline of divorce, publié eq 1644; et dans
ft7t BKVOLUTIÔN DANGLETERRè;.
rancc de pareils écrits (*). Un antre, déjà<!^nrtu par sa résistance passionnée à la tyrannie , John Lilburnc, commençait contre les lords y le^ juges , les jurisconsultes, son infet^able guerre, et déjà la plus bruyante popularité s'attacbait à son nom (*). Le nombre et la confiance des congrégations (') dissidentes , toutes ralliées aux indépendants, croissaient de jour en jour. Vainement les presbytériens avaient enfin obtenu des chambre^ l'établissement exclusif et officiel de leur Église (^); aidés des jurisconsultes et dés libertins , les indépendants avaient réussi à maintenir la suprématie du parlement en matière religieuse (^), et la mesure
un panpblet ihUtiilé : Speech far Uw Id^erty of tmHGensed prinlmg,, publié aussi en 1644. (Milton's Prose Works, ^ I, p. xx, xxn, xiiii, XXV, p. 1-213; édit. in-fol., 2 vol. Londres, 17S8.)
(<) MiHon'B ProM WorU^ t. T, p. xxui,
(2) Old Pari. Hist., t. XV, p. 19-28.
(^) Le nombre des congrégations anabaptistes, par exemple, étak d^àde ciiiqiiaBte-qiialre ei^ 1648. Thomas Edrords, ministre piw- ^ bjtérien, publia en 1645, sous le titre de Gon^roma, un catalogue de ces sectes, pour appeler sur elles les rigueurs du parlement : il en comptait seize principales, et en avait omis plusieurs. (Neal, Hi9t. ef thePuritam^ t. III, p. 310-313.)
{*) Par plusieurs ordonnances ou votes des 23 août , 20 octobre et 8 novembre 1645, et des 20 février et 14 mars 1646. (Rushworthi part. 4, 1. 1, p. 205, 210, 224.)
(*) Nçal, flist. ofthe Purit.y t. III, p. 231-270. -^Jourfiaïs ofthe Bouse of Communs, 2.^ septembre, 10 octobre 1645, 5 et 23 mars, 22 avril 1646. — Baillic, Letiers, t. II. p. 194, 196, 198. — Pàrl. Hist.fi. m, col. i?i9.
djnBÎ énervée ne s'exécutait qu'avec leateur (>). Eq cûéiDe tevps la fortune personnelie des cbels du partie de Gr^Bwell surtoul ^ grandissait à vue d'œil ;]Yenaient^il8 de l'armée à Westimnster? les chambres les accueillaient avec 4e9 hommages solennels {^)^ repartaient-ils pour Tannée? les dons d'argent et de terres , lés gratifications et les eni{doîa prodigués à leurs créatures attestaîMt et accroissaient leur crédit (^). Partout enfin , à Londres comme dans, les comtés , et soit qu'il s'agit ôtô politique ou de religion , des intérêts ou des idées ;^ c'était en faveur du parti indépendant que se prononçait de plus en plus le mouvement social. Et au milieu de tant de prospérités, quand il touchait à la puissance* il se voyait memaCé de tout perdre ; car il perdait tout en effet si le roi et les pri&sbytériens s'alliaient contre lui* Il mit tout en œuvre pour parer ce coup : -libre
(1) L*Églite presbytérieone ne ftit jaHuris oompléteineiit étabfie qtt*à Londres et dans le comté de Laoeaster. (liiledn Laîug, Bisi. af Seoê,^ t, m, R. 347.)
(») Pari. Hia., t. III, col. 463, 529.
O Les ciambi^ domièfeiii : i' k Gronwell (7 lévrier IM6) 2,&oe Uv. SU «le rentes en terres prises sur les biens do marquis de MTorcesler {Pari, ttià,, t. UI, col. 439); ^ a Fairfax, quelques mois plus Urd,, 5^,000 Uv. st.. de rente (Wbitelocke,;p. 33S, 239) ; 3* à sir William Brereton <en octobre i 646) une gratification de 5,000 Ut. st.; 4* à «r Peter KiMigrew (en décembre 1#46} une gratification de 2,000 liv. st. (tM., p. 228, 235), etc.