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ï> puissent avoir provoqué une telle démarche? » Vous-mêmes, n'avez-vous jamais été cavaliers? » — Nous sommes entrés au service du parlement » avant la bataille d'Edge-Hill, et ne Favons jamais » quitté. » L'un des trois s'avança : — te J'ai reçu » une fois cinq blessures ; j'étais tombé ; le major » général Skippon me vit à terre, s'approcha de » moi , et me donna cinq schellings pour me pro- » curer quelques secours ; le major général peut 9 dire si je mens. — C'est vrai, dit Skippon avec » un regard d'intérêt sur le soldat. — Mais que » veut dire cotte phrase où vous parlez de la sou- » veraineté? — Nous ne sommes que les agents » de nos régiments; si la chambre veut nous don- » ner ses questions par écrit, nous les porterons » aux régiments , et nous lui rapporterons la ré- » ponse (*). »
Un violent tumulte s'éleva dans la chambre ; les presbytériens éclataient en menaces. Cromwell se pencha vers Ludlov^ assis à côté de lui : « Ces gensr » là, dit-il , n'auront pas de repos que l'armée ne » les ait mis dehors par les oreilles f). »
La colère lit bientôt place à l'inquiétude. : on
(1) Rusbworth, part. 4, t. T, p. 474. — > Mémoires de HoUis, p. 420. — Mémoires de Ludlow, t 1, p. 213. ~ Wbitflocke, p. 249. ^2) Mémoires de Ludiow, t. I, p. 213.
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veaait de fiaire de tpistêâ découvertes ; il ne s'agissait plus de réprimer des troupes mécontentes ; l'armée entière se concertait , s'ér^eait en pouvoir indépendant y rival peut-être, avait déjà son propre gouvernement. Deux copseils composés ^ l'un des ofâciersy l'autre des d^gents ou agitateurs nommés par les soldats, réglaient toutes ses dé^ marches y et se préparaient à négocier en son nom^ Tout était prévu pour soutenir cette otganisatioii naissante; chaque escadron, chaque compagnie nommait deux agitateurs ; toutes les fois que leur réunion devenait nécessaire y chaque soldat donnait huit sous pour suffire aux frais , et les deux conseils ne devaient jamais agir qu'en commun (^). En même temps le bruit se répandait, et non sans cause, que de l'armée étaient venues au roi des propositions; s'il voulait se placer à sa tête et sous sa garde, elle lui offrait, disait-on, de le rétablir dans ses justes droits (^). Au sein même des diambres , à l'aspect de ce pouvoir nouveau , et craignant sa force encore plus que son triomphe, les
(«) Rush\»orlb, part. 4, t. 1, p. iS5. — Mémoires de Fairfax, p. 402-404. — Mémoires de Holli», p. ilS* — Mémoires àBÎMâio\ie, 1. 1, p. 213, dans ma note.
()) Dès le commencement du mois d'avril, en effel» des propositions de ce genre furent adressées au. roi par quelques officiers. Charles les repoussa. (Clorendon, State-Papers, 1. 11^ p. 365.)
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hommes prudente devenaient timides : les uns s'éloignaient de Londres ; les autres^ comme Whitelocke, se rapprochaient des généraux, de Cromwell surtout, qui s'empressait de lés accueillir (*). On résolut d'essayer de la complaisance , et d'eml^oyer auprès de Tarmée ses propres chefe. Deux mois de solde furent promis , au lieu de six semaines d'abord votées , aux troupes qu'atteindrait le licenciement ('); on prépara une ordonnance d'amnistie générale pour tous les désordres et actes illégaux commis pendant la guerre (^) ; un fonds fut assigné pour secourir les veuves et les enfants de soldats (*). Enfin Cromwell, Ireton, Skippon, Fleetwood , tous les généraux membres des communes , et qui pouvaient plaire à l'armée, furent chargés de rétablir l'harmonie entre elle et le parlement H.
Quinze jours s'écoulèrent sans que leur présence au quartier général parût produire aucun effet. Ils écrivaient souvent , mais leurs lettres n'annon-
ce) Whitelocke, p, 253.
(2) Le 14 mai 1647. Rushworth, part. 4, t. I, p. 484.
(3) Rusbwortb, part. 4, 1. 1, p. 484. L'ordonnance fut définitivement adoptée le 21 mai. — Ibid., p. 489.
(<) Mémoires de Hollis, p. I2l.
(«) Ils 9c rendirent au quartier général à SalTroniraldén , dans le romté d'Ësseï, le 7 mai 1017,
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çaient ri^n : tantôt le conseil des officiera. avait refusé de répondre sans le concours des agitateurs; tantôt les agitateurs eux-mêmes avaient demandé du temps pour consulter les soldats (^). Chaque jour, et sous les yeux des commissaires du parle^ ment^ ce gouvernement ennemi prenait plus de consistance et de pouvoir. Gromwell cependant ne cessait d'écrire qu'il s'épuisait en vains efforts pour apaiser l'armée y qu^e son crédit en souffrait beaucoup, que bientôt lui-même serait suspect et odieux aux soldats (^). Quelques uns des commissaires revinrent enfin à Londres , rapportant , de la part de l'armée , les mêmes propositions , les mêmes refus (^).
Les chefe presbytériens s'y attendaient, et, profitant de l'humeur de la chambre qui avait voulu espérer davantage, ils obtinrent en quelques heures d'assez fermes résolutions. Sur une motion de HoUis , on vota que les troupes qui ne s'engageraient pas pour l'Irlande seraient à l'instant licenciées; on régla tous les détails de la mesure, le jour, le lieu , les moyens. Les corps devaient
(}) Rasbwortb, part. 4, t. I, p. 480, 485, 487. — Mcnioires ôe Hunlinc;ton , p^. 3 1 0-3 1 2, dans ma Colleclion . p) Clarendon, Hist. oftherebelL, t. VUI, p. 298-301. (') Rushworlh, part. 4, t. ï, p. 491,
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être dissous brusquement, isolément, chacun dans ses quartiers, presque au même moment ou à de» intervaUes très rapprochés , afin qu'ils ne pussent se concerter ni se réunir. On expédia sur divers points l'argent nécessaire aut premiers actes de l'opération ; des commissaires, tous presbytériens, partirent pour la surveiller (*).
Ils trouvèrent l'armée en proie à la confusion la plus violente : instruits du coup qui les menaçait, l'insurrection avait éclaté dans la plupart des régiments ; les uns , chassant les officiers dont ils se méfiaient, s'étaient d'eux-mêmes mis en marche, enseignes déployées, pour aller rejoindre leurs camarades; d'autres se retranchaient en armes dans les églises, déclarant qu'ils ne se sépareraient point ; quelques uns s'étaient emparés de l'argent destiné au licenciement ; tous demandaient à grands cris un rendez-vous général où Tarmée entière pût se faire entendre ; et une lettre fut aussitôt adressée à Fairfax f ), au nom des soldats, portant que , si leurs officiers ressaient de les conduire , ils sauraient bien sans eux se réunir et défendre leurs droits. Fairfax, troublé , désolé ,
(*) Rashworlh, part. 4 , t.I, p. 493, 494, 496. — Pari. Hist.^ t. II[, col. 582. — Mémoires de Hollîs, p. 125. Ces résoltitiofts furent adoptées par la chambre des pairs, le 22 mai 1647.
(2; Le 29 mai.