‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 6 sur 116 · LIVRE QUATRIKME. (16^2-i6/i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIKME. (16^2-i6/i

dans tout le royaume sans que le cours des évé* nements en devint plus rajnde ^ sans que le parlement et le roi cessassent de perdre le temps en petits débats ou en vains pourparlers»

Cependant vers le milieu de février , l'arrivée de la reine vint donner aux af£ures une impulsion plus vive. Depuis plus d'un an qu'elle était en Hollande , elle avait déployé , pour se procurer des secours, une adresse et une activité peu communes. Le parti aristocratique dominait alors dans les Etats ; le stadthouder, son gendre^ la secondait de tout son pouvoir. Confiante et aventureuse lorsqu'un danger pressant ne troublait pas son imagination y gracieuse et séduisante pour tous les gens dont elle avait besoin , elle sut intéresser à son sort ce peuple républicain et réservé. En vain le parlement envoya à la Haye (^) un ambassadeur^ M. Walter Strickland^ pour rappeler les services qu'avait rendus naguère la nation anglaise à la liberté des Provinces-Unies ^ et réclamer au moins une exacte neutralité. Strickland^ après avoir attendu longtemps une audience , obtint à grand'peine quelques déclarations équivoques; le peuple lui témoigna ouvertement sa malveillance , et la

(*) En septembre 1642.

ao nÉVOLUTION dangi^rterre.

reino continua sans obstacle ses préparatifs de départ (M- Quatre bâtiments chargés d'armes^ de manitions , d'ofilciers et même de soldats^ firent voile à sa suite; et l'amiral Battent à <|ui le par'lement avait ordonné d'intercepter le convoi j ne l'atteignit qu'au moment où il débarquait à Burlington (^). Batten canonna la placoi La reine logeait sur le quai ; des boulets tombèrent sur sa maison et jusque dans la chambre où elle était couchée $ elle se leva en toute hftte et s'enfuit dans la campagne où elle passa quelques heures , cachée , dit« on, sous un banc (*). Bientôt il ne fut bruit dans la contrée que de son courage et de ses périls: lord Newoastle vint la chercher avec un corps de troupes pdur la conduire à York ; les gentilshommes l'entouraient avec transport, s'inâignant contre le tratti^e Batten qui avait, disaient*-ils^ dirigé à dessein ses coups sur la maison qu'elle occupait : une foule de catholiques accoururent pour servir sous ses drapeaux ; en vain cette infraction aux lois du royaume fut vivement dénoncée au roi et au par* lement ; en vain ^ pc«r décrier ou intimider lord

(*) Rushworth, part. 3, t. II, p. 157-163. — Harrîs, LifeofOlwef Crormvelly p. â&O^ dan» là note.

(2) Le 22 février 1643.

(3) Clareodon, Hist, of the rebell., l. V, p. 247. — Mémoires de madame de Motteville, 1. 1, p. 273.

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Newcastle , on donna à son armée le nom d'armée des papistes et de la reine (*); formellement autorisé, et depuis longtemps, parle roi lui-môme ('), il repoussa avec dédain ces plaintes et garda ses nouveaux soldats. Bientôt il se vit à la tète de forces considérables. La reine continuait de résider à York, moins pressée de rejoindre son mari que charmée de commander seule et de présider librement à tous les projets qui déjà s'agitaient à sa cour, Hamiltoti et Montrose y vinrent d'Ecosse pour l'entretenir des moyens d'engager ce royaume dans la cause du roi. Hamilton, toujours conci* liateur et prudent, soutenait qu'il était possible, malgré l'influence décidément ennemie du marquis d'Ârgyle, de gagner le parlement écossais. Montrose, présomptueux et hardi, voulait que, sous les ordres du comte d'Antrim, seigneur puissant dans le nord-est de Tlrlande, venu aussi à York pour offrir ses services , un corps d'Irlandais débarquât en Ecosse , qu'on soulevât les montagnards, qu'on massacrât les chefis presby-* tériens ; et il s'offrait pour exécuter comme pour tramer le complot (^). La reine accueillait tous ces

(1) ClarendoD, ffist. Qfiberebell., t. V, p.â46.. (') Yayez le# Éclaircisiewents ei Pièces kistoriquesy n* I. (3) Rushvortb, part. 3, t. U, p. 39^3, 980. -^ B«Ulie» Letlers.i. 1, p. 364. — May, Hist. du Long-Pari., t. II, p. 175.

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desseins , favorable eo secret aux plus emportés , mais soigneuse de plaire à quiconque venait rendre hommage à son pouvoir. En même temps elle entamait, avec quelques chefs parlementaires déjà dégoûtés de leur parti, ou ébranlés par son voisinage, de plus efficaces intrigues : sir Hugb Cholmondley , gouverneur de Scarborough, et qui un mois auparavant avait battu un corps de royalistes, promettait de lui livrer sa place (^); sir John Hotham même ne semblait pas éloigné de lui ouvrir ces portes de HuU qu'avant l'explosion de la guerre il avait si rudement fermées au roi. Dans tout le nord enfin les royalistes étaient pleins d'ardeur et d'espérance; les parlementaires, inquiets et silencieux, écrivaient coup sur coup à Londres pour demander conseil et appui.

Le parlement lui-même s'inquiéta : au début de la guerre, il s'était flatté d'un prompt succès; l'accroissement des taxes excitait des murmures (^); quelques bruits couraient de complots dans la cité ; malgré l'absence de tant de mem-

(1) Vers la fin de mars 1643.

(2) Pari. Hist.y t. III, col. 77. Les nouveaux impôts s'élevaient à 10,000 livres sterling (250,000 fr.) par semaine sur la cité de Londres, et 33,518 livres sterling (837,950 fr.) par semaine aussi sur rensemble du royaume. — Glarendon, fUst. of the rehell., t. y, p. 296.

bres amis de la paix^ chaque fois qu'il en était question, elle trouvait dans les communes mêmes de nombreux partisans. Les négociations n'étaient pas tout à fait rompues; il fut proposé de les reprendre j e^t , comme preuve de banne foi , de licencier de part et d'autre les armées en commençant à traiter. Sir Benjamin Rudyard appuya la motion : ce J'ai longtemps et amère- » ment redouté , dit-il , que la coupe de terreur, » qui a circulé sous nos yeux en Europe dB nation » en nation, ne vint un jour au milieu de nous ; la » voilà enfin venue, et il se peut que nous ayons » à en boire la lie, ce qu'il y a de plus amer : Dieu » veuille nous en préserver! Une espérance nous » reste, c'est que nos misères ne sauraient être » longues, car nou& ne pouvons combattre ici » comme ils font en Allemagne , dans ce vaste » continent où la guerre peut être en plus d'un » lieu sans qu'il manque de terres paisibles où » l'on sème et moissonne pour se nourrir. Pour » nous, resserrés de tous côtés par la mer, nous » combattons comjme dans une arène de coqs ; nous » n'avons d'autres remparts que les os de nos crâ- » nés et de nos côtes à opposer à nos ennemis. » On a dit dans celle chambre que nqus élions » tenus en conscience de punir l'effusion du sanj;

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