‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 7 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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8A RtTOLUTIO» D*Af96LISTEttIlE.

» innocent ; mais qui répondra de tout le sang in^ j» nocent qui ya couler «i nous ne marchons à la » pai]( par la Voie d'un prompt traité? On a parlé » de confiance en Dieu ; certes^ on peut è'en fier n U Dieu pour un traité aussi bien que pour la « guerre ; c'est lui qui donne la sagesse pour né^ • gocier comme le courage pour combattre ^ 6t ië » succès aux négociations comme ailk batailles ^ >^ selon qu'il lui platt. Le sang est uti péché qui » crie vengeance ) il souille tout un pays : hatoUS» )» nous d'arrêter l'effusion du sang (*). » La motion fut rejetée {*)^ mais seulement par une majorité de trois voix ^ et les paroles de Rudyard étàietu dans la bouche d'une fotile dé géhs de bieA. Les chefs des communes frémissaient tout bas de 6e voir ainsi poussés à solliciter une paix impos-* sible, si ce n'est à des conditions qui la rendraient fatale. Ils cédèrent pourtant; car peu d'hommes^ même entre leurs amis ^ étaient passionnés au point d'accepter tant de maux comme inévitables y çt le 20 mars, après quelques négociations préli-«

- {«) ParL But., t. m, col. 60.

(') Le 17 févri<$r 1643. î! y eut deux divisions dans la chambre : à la première , la motion fur appuyée par soixante-treize voix contre soitanie-selze ; à Ià sécohde, pàf qiiali^-titigt-troié contre quatrevingt-six. Pari, fîist., t. III, col. 79.

minaires^ cinq commissaires (*) partirent pour OxfDrd y chargés de débattre ^ pendant vingt jours y d'abord une suspension d'armes , ensuite uli t^aité>

Le roi les reçut bien^ leulrs relations avec la Gour furent n(d)les et polies; le comte de Northumbërlandy président du comité, affecta de déployer Une grande magnificence : il s'était fiiit Buhré de stt maison^ de sa Yaisselle^ de son vin; on lui apportait de Londres des provisions. Les royalistes venaient le voir et dînaient à sa table ; le roi daigna ménâe acoepter de lui> pour la sienne, quelcjues présents (^). Parmi lei^ compagnons du comte 9 simples membres des communes, quelques-uns prenaient plaidir à paraître à Oxford âveîc tani d'éclat. Mais quand on vint à négocier, ces brillantes démonstrations furent sans effet : ni le parlement niie roi ne pouvaient accepter leurs 6onditiond réciproques ^ car c'étaient les mêmes qui, avant la guerre, avaient été hautement repoUssées^ et elles auraient livré sans défense^ à Ses adversaires^ l'un ou l'autre parti. Un soir, les envoyés du parlement se flattèrent qu'ils avaient ehfin {d)tenu du roi, pi-obablement au sujet de la

(1) Le comte de Northamberland , sir John Hoiland , sir William Armyn , William Pierpointet Bulstrode Whitelocke, ft Whitelocke, p. 64i

nr» itiiVôLtrnoN ivanoleterre.

milice, une concession de quelque valeur; après une longue conférence, il avait paru se rendre et devait leur donner, le lendemain matin , sa réponse par écrit. A leur grande surprise , elle fut tout autre qu'on n'en était convenu, et ils apprirent qu'au coucher du roi , en l'absence de ses ministres , les gens de sa chambre , les affidés de la reine , l'avaient fait changer de résolution (*). « Si du moins le roi, dit à ses conseillers M. Pier- » point, l'un des commissaires, voulait traiter avec » faveur quelques-uns des grands seigneurs atta- Dchés au parlement, leur influence pourrait le » servir. » Mais Charles, rancunier et hautain avec ses courtisans comme avec son peuple , souffrit à peine qu'on lui parlât de rendre un jour, au comte de Northumberland , la charge de grand amiral ; et les intrigues des intérêts personnels furent aussi vaines que l'eut été leur succès (')• Le rœ, comme les meneurs des communes, ne voulait point de la paix ; il avait promis à la reine que jamais il ne la ferait sans son aveu ; et elle lui écrivait d'York pour l'en détourner, déjà courroucée que des négociations se fussent ouvertes en son absence , et déclarant à son mari qu'elle quitterait l'Angle-

(1) Wbitelockd^p. 65.

(2) Mémoires de ClareDdoa , 1. 1, p. 217-224, dans ma ÇoUection.

terre si elle n'obtenait officiellement une garde pour sa sûreté (*) . Une pétition des officiers en gar* nison à Oxford, provoquée sous main par Charles lui-même, s'opposa à la suspension d'armes (^). En vain quelques-uns des commissaires du parlement s'efforcèrent , dans de ^secrets entretiens y de l'effiraiyer sur l'avenir (*) ; en vain d'autres commissaires, venus d'Ecosse pour solliciter la coovch cation d'un parlement dans ce royaume, proposèrent leur médiation {*). Il la repoussa comme une injure,- leur interdit de se mêler des affeires de l'Angleterre, et donna enfin aux négociateurs, pour réponse péremptoire, l'offre de retourner auprès des chambres si elles voulaient transporter, au moins à vingt milles de Londres , le séjour du parlement. Sur ce message, les chambres rappe-lèrent soudain leurs commissaires, et par un ordre si pressant cpi'ils se crurent obligés de par* tir le jour même {% quoiqu'il fut tard et que . leurs carrosses de voyage ne fussent pas prêts (®).

(<) Mémoires de ClareDdon, 1. 1, p. 225-229.

(3) Ibid., p, 216, 228.

(3) Whitelocke, p. 65.

{*) ClareDdoD, Hist. oflhe rébéU,, t. V, p. 325 cl mm. — Mémoires, 1. 1, p. 229-235.

(5} Le 15 ATiil 1643.

(«) Whitelocke, p. 65. — RiwhworUi, part. 3,1. U, p. 164-361. — ClarendoD , Bisl, ofthe rébdl., t. VI, p. 18.

3a RÉVOLUTION D'ANGLETERRE.

Leur conduite à Oxford, surtout leur feiçon de vivre avec le roi et la cour, avaient inspiré aux partisans .de la guerre beaucoup de méfiance. Lord Northuniberland apprit en arrivant qu'une de ses lettres à sa femme avait été ouverte par Henri Martyn, membre du comité de sûreté, connu seulement pour avoir fui de Heading , à Tappro*ehe des troupes royales, et par la violence de ses ppopps. Nul grand seigneur n'était plus soigneux que le comte de sa dignité, ni plus accoutumé à la déférence de ses concitoyens. Rencontre^nt M. Martyn à Westminster , il lui demanda raison d'un tel outrage; et comme Martyn, d'un ton mor queur, soutint qu'il avait bien fait, le cômt« le frappa de sa canne devant plusieurs témoins. Portée aux chambres, la querelle fut prise par les communes avec quelque embarras, par les lords avec hauteur, et presque aussitôt étouffée (^)* On en était à ce point çik tout révèle et fomente des dissensions que nul ne veut pourtant laisser écla^ ter. Le printemps avançait; qu'qp souhaitât ou craignît la paix , c'était à la guerre qp'il fallait songer. Le jour mêi^e où les commissaires reyin-

(1) Pari, msti, t. m, col. 109. — ClareadQn, nm. ofthereb^L, t. VI, p. 18. . ...

Fent à Londres y Ëssex rentra en campagne {^), C'était encore l'avid de Hampden qu'il marchât bnisqueqieiit sur Oxford pour y assiéger et ré--; duire le roi (^}. A Oxford même on en eut peur, et il fut question de partir pour aller rejoindre la reine et lord Newcastle dans le Nord. Mais Ëssex, «e méHant encore de ses forces ou déjà inquiet de ses succès, repoussa de nouveau ce hardi conseil, et toujours campé entre Oxfoid et Londres , se contenta de mettre le siège devant Reading, place indispensable, selon lui, à la sûreté du parlaw ment.

Reading se rendit en dix jours (^). Hampden redemanda le siège d'Oxford i Essex persista dans ses refus (^). Rien n'était plus loin de lui que la trahison ou la peur ; mais il feisait la guerre avec tristesse et n'avait déjà plus, pour se distraire de sa prévoyance, les plaisirs de la popularité. Avant môme que la campagne se rouvrit , quelque hu* meur avait éclaté contre lui dans les communes, surtout dans le comité de sûreté, vrai foyer du parti*. Les plus violents Qtaient all^s jusqu'à se

(1) Le 15 ayril ^643, leloa aushvqrMl» p«rt. 3» I. U, p. S6|^; le 17, «e|oa ¥ay, Hi^. 4u Umg-Parh^ U U, p. 194. p) CUrep^on ,Hiu.€iih» mMI., t- VI. p. 40,

(4) Clareodon , Hist, ofthe rébéil.^ t. Y|, p. 49.

àO lUiVOLUrjON IVANGI.EFKKBF.

demander s'il serait donc impossible de le rem** placer ; et le nom de Hampden avait , dit-on , été prononcé ('). Hampden était trop sage pour accueillir l'idée seule d'un pouvoir auquel rien ne le portait; qu'il fût ou non capable de commander, il n'avait fait que servir sous Essex , comme simple colonel. Depuis Torigine de la guerre y pendant l'hiver surtout, d'autres avaient acquis une gloire plus indépendante et plus étendue. Dans le Nord, Fairfax et son père, malgré la supériorité de lord Newcastle , lui disputaient chaque jour et sur tous les points, avec la plus brillante audace, la domination du pays (^). Â la tête de la confédération des comtés de l'Est, lord Manchester (^) n'avait eu à combattre, il est vrai, aucun chef royaliste de quelque renom ; n^is il avait souvent porté, aux parlementaires du nord et du centre, d'utiles secours ; des milices bien organisées étaient prêtes à le suivre, et sa franchise, sa libéralité, sa douceur, le faisaient chérir de tous les habitants. Dans les mêmes comtés, le colonel Cromwell, déjà fameux par des coups de main aussi

(^) Wood , JîhencP oxonienses, à rartîcle Hampden.

(') Voyez les Mémoires de Fairfax, 1" partie» dans ma Collection.

(3) Lord Kimbolton , connu aussi soas le nom de lord Mandeville , et qui portait celui de lord Manchester depuis la mort de son père, survenue le 9 novembre 1642.

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heureux qu'adroits, exerçaitd'ailleurs surbeaucoup d'hommes d'un esprit hardi, d'une piété exaltée, et d'une condition à la fois aisée et obscure , une influence ou perçaient déjà un grand génieetungrand pouvoir. Dans le Sud et l'Ouest, enfin, plusieurs corps de royalistes dispersés et sept places emportées en trois mois (^) avaient valu à sir William Waller le surnom de Guillaume le Conquérant ('). Le parlement ne manquait donc point ^ disait-on, de généraux ni d'armées ; et si lord Ëssex refusait de vaincre, on lui trouverait un successeur.

Aucune proposition , aucune insinuation publique même ne suivit tant d'amers discours. Essex n'était pas un simple officier au service d'un parti mécontent; à lui se rattachaient et les grands sei* gneurs engagés dans la guerre, et les hommes modérés qui souhaitaient la paix, et les plus clairvoyants des presbytériens qu'inquiétaient déjà d'autres sectaires plus hardis. Hampden lui-même et les chefs du parti politique, tout en pressant le comte d'agir avec plus de vigueur, n'avaient nul dessein de s'en séparer. La discorde n'éclata donc point; mais encore cachée, elle était déjà souve-

(<) Chicbester, Winchester, Ma1ii]e»biiry, Hereford, Tcwksbury, Cheiistow et Monmouth.

(^ Ckreodon, HiaUoflhs r^U,^ i, VI, p. 110.

43 RÉVOLUTION D'ANGLETEKRE.

raine, et Essex ne tarda pas à en ressentir les effets. Ceux qu'on forçait de le ménager mirent toiit en œuvre pour lui nuire y et ses défenseurs, croyant avoir assez fiait de le soutenir, sHnquié* tèrent peu de le seconder. Au bout d^un mois, il eut à se plaindre du mauvais état dô son armée s solde, vivres, vêtements , tout lui manquait $ la sûuffranoe et la maladie décimaient ses soldats, naguère si bien soignés par la cité. Il informait de ses besoins les divers camltéa chargés d*y pourvoiri mais ses adversaires, plus remuants et plus assidus que ses amis, exerçaiept là plus d'influenee : c'était à eux qu'à raison de leur activité êmpreisée la plupart des mesuras d'exécution avaient été remises; les employés subalternes étaient presque partout de leur choix. Toutes les réclamations du général demeuraient san^ effet (^). A peine la seconde campagne commençait , rien ne semblait changé , et déjà le parti qui avait en->: levé au roi le pouvoir le sentait échapper de ses mains I déjà un parti nouveau , encore contraintde se taire, était assez fort pour réduire la grande armée du parlement à l'impuissance, et asseï^

(«) May, Hist. du Long-Pari, t. l, p. 124-185, I&6-161. — Étémoires de HoUis, p. 10-18, dans ma CêUeclion,

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