LIVRE SEIPTIËME. {16/i6>i6â
vice de ses chapelains (^} ; et deux mimstres pres^ by tenons, MM. Mai*shaU et Caryll, célébraient solennellemeat leur culte à Holmby^ quoique Charles refusât toujours d'y assister (*); ses serviteurs les plus affidés avaient été éloignés de sa personne f); toute tentative de correspondance au dehors, avec sa femme, ses enfonts ou ses amis, était sévèrement réprimée (*); à grand'peine même un des commissaires du parlement d'Ecosse , lord Dumferline , obtint la permission de Fentretenir (*) ; enfin , il avait naguère (^) adressé aux chambres une réponse détaillée aux propositions qu'il en avait reçues à Neweastle, et plus de quinze jours s'étaient écoulés sans qu'on parût décidé à la prendre en considération. Après tant et de si importunes rigueurs, un rapprochement semblait difficile. Cependant la nécessité pressait ; si le roi pouvait se plaindre des presbytériens, il savait du moins qu'ils ne voulaient point sa ruine. A^ Holmby
(0 Les i^ février et 8 mars 1647.
p) Pari. Hi^,, t. IH, cd. 557-S59. — Mémoires de Herbert, p. il, dans ma Collectim*
(^) Ibid., 13-1 G.
(*} Rushvorth, part, i, t. I,p. 453, 482.— ^ilf «noires <Ie Herbert» p. 12.
(^) Le 13 mai 1647. Rushworth^ part. 4, t. f, p. 483.
(«) Le 12 mai. Pati. Hkt,, t. lll , col, ,177-581.
ai4 UÉVOLUTION D'ANGLETERRE.
même , malgré cette étroite surveillance , on iui rendait les honneurs accoutumés de la royauté ; sa maison était tenue avec splendeur, le cérémonial de la coiir exactement observé ; de la part des commissaires, tous presbytériens, qui résidaient auprès de lui, rien ne manquait à la convenance et au respect. Aussi vivaient-ils en très bonne intelligence : tantôt le roi les invitait à raccompagner dans ses prometiades^; tantôt il jouait avec eux aux échecs ou aux boules , toujours attentif à les bien traiter et recherchant leur conversation (*). A coup sûr, pensait-on , il ne pouvait mécotinaltre que les ennemis des chambres étaient aussi les siens , ni refuser le seul moyen de salut qui lui fût offert. Les lords votèrent (*) que sa Majesté serait engagée à venir résider plus près de Londres, dans son château d'Oatlands; les communes , sans se joindre à ce vote , laissèrent percer les mêmes désirs ; la correspondance avec les comipissaires qui gardaient le roi , surtout avec le colonel Greaves , commandant de la garnison , devint active et mystérieuse : déjà , à Westminster et dans la cité , on s'entretenait de Tespoir que le roi se réunirait bientôt à son parlement , quand, le
(') Mémoires de Iierl)ert, p. 10-18;
(2) Le 20 mai. Pari. Hist., t. UI, col. 5S1.
UVfiE SEPTIÈME. (1646-1647.) «6
4 juin, arriva tout à coup la nouvelle que /la veille f il avait été enlevé de Holmby par un détachement de sept cents hommes , et que l'armée le tenait en son pouvoir.
Le 2 juin^ en effet^ comme le roi après son dîner jouait aux boules sur les gazons d'Âlthorpe, à deux milles de Holmby y les commissaires qui Raccompagnaient remarquèrent avec surprise^ parmi les assistants , un homme inconnu portant Tuniforme du régiment des gardes de FairfaX. Le colonel Greaves lui demanda qui il était, d'où il venait, ce qu'on disait à l'armée ; l'homme répondit avec une rudesse un peu hautaine, et comme assuré de son importance, quoique sans bravade. Bientèt circula autour du roi le bruit qu'un corps nom*breux de cavalerie se dirigeait snr Holmby : « En » avez-vous entendu parler? dit Greavés à l'in- » connu. — J'ai fait mieux; je les ai vus hier tout » près d'ici. » L'alarme fut vive ; on retourna sur^ le-champ à Holmby ; on fit quelques dispositions pour résister à une attaque-, la garnison promit de rester fidèle au parlement. Vers minuit, un corps de cavalerie arriva, en effet, sous les murs du château et en réclama l'entrée. « Quel est le » commandant? » firent demander les commissai* res : — « Tous commandent , » répondit -on. Ccpen^
316 HKVOLUTION D'ANGLETERRE.
dant un homme s'avança , le même qn'on avait vu quelques heures auparavant sur les gazons d'Al* thorpe. — a Je m'appelle Joyce, dit-il, cornette » dans les gardes du général ; j'ai à parler au roi* » — De quelle part? — De la mienne. » Les commissaires se mirent à rire. — «U n'y a rien là de » risibiê : je ne suis pas venu pour prendre vos » avis ; je veux voir le roi sur-le-champ. » Greaves et le major général Brown, Tun des commissaires, ordonnèrent à la garnison de se tenir prête à £aire feu ; mais les soldats avaient causé avec les arri* vants ; les herses tombaient, les portes s'ouvraient ; déjà les cavaliers de Joyce étaient dans la cour du ch&teau , sautant à bas de cheval , prenant la main à leurs camarades , disant qu'ils venaient , par ordre de l'armée, mettre en sûreté la personne du roi; car il y avait un complot pour l'enlever, l'emmener à Londres , lever d'autres troupes , susciter une seconde guerre civile ; et le commandant de ce château^ le colonel Greaves, était, ajoutaient*ils , près d'accomplir cette trahison. A ces paroles, les soldats s'écrièrent qu'ils ne se sépareraient point de Tarmée ; Greaves disparut et s'évada en toute h&te. Après quelques heures de pourparlers , les commissaires reconnurent qu'il allait renoncer à tout espoir de résistance.