‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 65 sur 116 · LIVRE Sia>tlÈMl!). {i%UMW') 3ai · texte numérisé non relu

LIVRE Sia>tlÈMl!). {i%UMW') 3ai

» ch^ y îi foodra que ce soit par force et en sti-^ » sissaot la bride de mon eheval; et s'il se trouve » un homme qui ose le tenter, il ne tiendra pas à » moi que ce ne soit Ik sa dernière action (*). » Quand il apprit que les chambres méflaes s'exposaient à son départ y qu'elles avèrent tout cédé à l'armée , et négociaient avec elle comme avec un vainqueur, il sourit dédaigneusement à cette Iiumi« liation de ses premiers adversaires , et se hâta éé donner à ses intrigues un autre cours. . Sauf les mesures prises pour prévenir toute tentative d'éva» sien , il n'avait point à se plaindre de l'armée ; les officiers se montraient avec lui aussi respectueux et beaucoup plus feciles que les commîssaires^ du parlement. Deux de ses chapelains , les docteurs Sheldon et Hammond , avaient été admis à résider auprès de lui, et officiaient librement selon les rites de l'Église épiscopale; ses anciens serviteurs, les cavaliers mêmes naguère en armes n'étaient

plus indistinctement écartés ; le duc de Richmond, le comte de Southaïupton, le marquis de Hertferd obtinrent la permission de l'approcher; 1^ cheft de l'armée prenaient plaisir à faire, avec les grands sei^^eurs royalistes^ acte de générosité

(^ Mémoires de HimtiogtoB, p. 314, dans oia CùUtctkn.

933 RÈVOLDTiON O'ÂNGLËTËRBE.

comme de puissance; et même dans le$ rangs moins élevés, l'esprit militaire se refusait à ces subtiles précautions 9 à ces rigueurs tracassières dont, à Newcastle et à Holmby, le roi avait eu si souvent à souffrir (^). Depuis la reddition d'Oxford, ses plus jeunes^ enfants, le duc d'York, la princesse Elisabeth et le duc de Glocester, habitaient tantôt Saint-James,, tantôt Siot^house, près de Londres, sous la garde du comte de Northumberland, à qui le parlement les avait confiés. Charles témoigna le désir de les voir, et Fairfax s'empressa de l'appuyer officiellement auprès des chambres ; «Qui ne regretterait, diMl, que, pour si peu de » chose , l'affecUon si naturelle de sa Majesté pour )> ses enfants eût à subir un refus (^) ?» L'entrevue eut lieu (') à Maidenhead, au milieu d'un grand concours de peuple, qui semait de verdure et.de Seurs tous les chemins par où la femille royale devait passer; et, loin d'en concevoir aucune aigreur ni méfiance, officiers et soldats, touchés, ëomme le peuple , de la joie d'un père , trouvèrent bon qu'il emmenât ses enfants à Gaversham, où il

(I) Mémoires de Herbert, p. i4 et suif., tfani ma. CoHectl&n, -^ Clarendon, Hist. of the réheU., t, VUI, p. 306.

n Sa lettre est du S juillet. Pa$i, Hist,, t. III, col. 679. [^) Le l^iaiUet.

UVm SEPTIÈME. tt6à«l«â7.) 333

résidait alors^ el qu'il les gardât deux jours avec lui {*). Quelques-uns d'ailleurs^ Cromwell et Iretoii surtout, trop clairvoyants pour se flatter que leur lutte avec les presbytériens fût à son terme el leur victoire assurée^ s'inquiétaient de l'avenir, en calculaient toutes les chances , et, cberchatit partout un dénouement à cette crise, se dmnandaient si la feveur du roi, relevé par leurs mains, ne serait pas, pour leur parti , la meilleure jgarantie, pour eux-mêmes le plus sûr moyen de fortune et de pouvoir (*).

Le bruit de ces dispositions, des égards que témoignait au roi Tarmée, des démarches que feisaieut pour se rapprocher de lui quelques uns de ses chefs , se répandit bientôt dans fout le royaume. On allait jusqu'à dire quelles conditions lui étaient offertes, et des pamphlets en circulaient^ les uns à la louange, les autres au blâme du parti. Il crut devoir démentir officiellement ces rapports, réclamer même , d'un ton de colère , le châtiment de leurs auteurs (^). Mais les négociations avec le roi n'en continûment pas moins ; beaucoup d'offi*

(<) R|»hwonh, part. 4, 1. 1, p. «25. «^ OUrvJtadOB , KiH. of Ae rébell., t. Vffl, p. 317.

(^) Mémoires de HuntiDgton, p. 317, dans ma Collection. (*) Le 1*' ioHIcI 1647. (Wd Pari. Hift., t. XVI, p. «0-62.

334 RKVOLtmON n'AWOLRTKfIBË.

ciers éteient auprès de lui empressés et assidus ; des relations feiinifières et presque amkales s'établissaient entre eux et les cavaliers, comme entre gens qui se sont loyalement combattus et ne demandent plus qu'à tiirre en paix . Le rot lui-même en écrivit k la reine avec quelque confiance. BiéntM , et parmi les énngrés peu nombreux qui l'avaient suivie à Paris ^ ou s'étaient réfugiés en Normandie , à Rouen ^ à Caen y à Dieppe , ce nouvel espoir devint ]e sujet de tous les entretiens. Deux hommes surtout s'appliquaient à le répandre ^ laissant entrevoir qu'ils en salaient plus qu'ils n'en disaient^ et que nul ne pouvait comme eux rendre au roi^ dans cette occurrence^ des services importants. L'un , sir iobn Berkley^ s'était vaillamment défendu dans Exeter^ et n'avait rendu sa place que trois semaines avant la fuite du roi au camp des Écossais; Tautre^ Ashbumbam , n'avait quitté Charles qu'à Newcastle et par nécessité ^ pour échapper à lâhdlne du parlement I tous deux intrigants, vaniteux et hâbleurs, Berkléy avec plus de courage , Âshbumham plus fin et plus aecré* dite auprès du roi. Ils avaient eu l'un et l'autre, Berkley pat hasard, Askburnham par ordre de Charles lui-même^ quelques relations avec quel-» ques uns des principaux officiers, assez pour se

Page 1