LIVRE SEPTIKMK. (16?|6-I6A
croire en droit de i»'en vaater et en mesure de les mettre à profit. La reine accueillit sans balancer toutes leurs assurances^ et par son ordre , vers le commencement de juillet, à quelques jours d'in* (ervalle, tous^^deux partirent pour aller s'olfrir au roi et à Varmée en qualité de négociateurs (*).
A peine Berkley avait débarqué qu'un cavalier de ses amis y sir Allen Apsiey i^)j vint à sa rencon* tie, envoyé par Cromwell, Lambert et quelques autres, pour l'assurer qu'ails n'avaient point oublié leurs conversations avec lui après la prise d'Ëxeter, ni ses excellents conseils, et qu'ils étaient tout prêts à en profiter ; qu^il se pressât donc de venir» A ce message , fier de se trouver plus important qu'il ne s'en était fiatté lui-même , Berkley , ne s'arrétant qu'un moment à Londres, se rendit en bâte au quartiw général , alors à Reading. Il n'y était que depuis trois beures; déjà Cr<HnweU s'était excusé de ne pouvoir lui foire sur-lechamp sa vi> site; et le m^e jour, à dix heures du ^ir, Berkley le vit entrer avec Rainsborough et sir Hardress Waller. Tous trois protestèrent de leurs bonnes intentions pour le service du roi , Rainsborough
(I) Mémoires deBeriOey, p. 161-163, dans ma CoOedUm. -^ ClarendoD, Hist. ofthe rébéa.j t. VIII, p. 3iO-3l4, (^ Frère de mistrÎM Holehinioii.
gèchèment y €romwell avec cffasion : « Je viens , »dit<-il, d'assigter au plus toucbant spectacle, » l'entrevue du roi avec ses enfenls ; non , perx> sonne n'a été plus trompé que moi sur le con^yte » du roi ; c'est, j'en suis sur à présent, le meilleur x> homme de ses trois royaumes ; nous lui avons , » nous, des obligations infinies ; nous étions ruinés, » tout à ftiit ruinés si à Newcastle il eût accepté » les propositions des Écossais. Que Dieu mesure » ses bontés à mon égard sur la sincérité de mon » co&ur envers sa Majesté ! » D'ailleurs, à Fen croire, les officiers étaient tous convaincus que, si le roi ne rentrait en possession de ses justes droits, nul homme en Angleterre ne pouvait jouir avec sécurité de sa vie ni de ses biens ; et bientôt de leur part une démarche décisive ne laisserait à sa Ma^ jesté aucun doute sur leurs sentiments. Berkley ravi se fit dès le lendemain présenter au roi, et lui rendit compte de cette entreAnie. Charles Vaccueillit avec froideur, en homme qui déjà avait souvent reçu de telles ouvertures, et ne s'y fiait point, ou voulait, par sa réserve, feire acheter cher sa satisfection. Berkley se retira confondu, mais pensant, non sans dépit, que le roi, qui le connaissait peu, avait peut-être contre lui quelque prévention, et qu'Àshburnham, qui devait
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bientôt amyer^ réussirait mieux à le persuader. En attendant il continua ses démarches dans Tar»
mée : les officiers affluaient yers lui. môme da
simples agitateurs^ les uns amis et instruments de Çromwell^ les autres se menant de lui et engageant Bçrkley à se tenir sur ses gardes j « car, dis^i^nt-^ » ils , c'est un homme sur qui personne ne peut » compter^ et qui, chaque jour, avec chacun,, » change de conduite et de langage ^ uniquement » préoccupé du désir d'être çn tout cas Iq chef des » vainqueurs. )) Ireton cependant, le plus intime^ confident de Cromwell, parut à Qerkley traiter avec franchise, lui communiqua les propositions que préparait le conseil général des of licier s, accepta même de lui quelques changements. Rien de si modéré n'avait encore été offert au roi :^on ex^eait qu'il abandonnât pour dix ans le commandement de la milice et la nomination aux grandes charges ) que sept de ses principaux conseillers demeuras-sent hsmnis du royaume ; que tout pouvoir civil et coercitif fût retiré au clergé, év^ues ou ministres presbytériens ; que nul pair créé depuis l'explosion de la guerre n^ fut admis à siéger; que nul cavalier ne pût être élu au prochain parlement ; ^c II fout bien, dit Ireton à Berkley, que quelque » différence subsiî^le et paraisse entre les vain-.