‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 75 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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bytériem écossmii: qu'avec l'armée : e« Dîi rester ^ » ajoutâit-il j je suis seul au feit de ma situation t » sois tranquille sur les concessions que je poutif rais £aire ; je saurai bien^ quatu) il erl sem temps^ M cotnmenl il faut se conduire avec ces drôles-Ià ^ » et au lieu d'une jarretière de soie, je les aceom^ » modérai d'une corde de ebanvre. » Les deun gé^ néraux se regardèrent « et 9 toutes leurs mMances ainsi confirmées^ repartirent sur4e-cliamp pour Windsor, désormais sans incertitude sur leurs desseins envers le roi comme sur les siens (^).

Il était temps que leur conduite cessât d^être emkirrassée et douteuse : la colère des enthousîastes éclatait et jetait Tarmée dans la plus vio^ iente confusion. Le 9 octobre, au nom de cinq régiments de cavalerie , parmi lesquels f^urait celui de Crorawell lui-^méme * les nouveaux agi* tateurs rédigèrent^ sou^ te titre de Sitwatwa de Vavmèe f), une longue déclaration de leurs méfiances^ de leurs principes, de leurs vœux* Le 18^ ils la présentèrent officiellement au ^fénéral ; et le

V* novembre^ un second {^mphlet intitulé Aecdrti

i}) Le fait se passf dans le courant da mois d'octobre. ~ Voir les ÉclairciisetneMs et Ptèees Tiiitoriqvles joints aux Mémoires de 'sir John Berkley, p; 2^1 -2t0. — Clafjndo;i, SUite-Papen^ i. {, Appendice,

p. XXXVlIt.

(^) Case of îhe arm'y .' ' '

LIVB« 8EPTIHVIE. (Wii6-l«i7.) 371

du peuple {^)y fbi adressé à la nation entière , au nom de seize régiments. Dans l'un et l'autre ^ les soldais accusaient les officiers de trahison, les çhambred de concussion y exhortaient leurs camarades à se joindre à eux y et demandaiwt que le f^rlemeni actuel fût bientôt dissous ; qu'à Fav^nir aucune personne, aucun corps ne partageât avec la chambre des communes le pouvoir souverain; qu'elle fût élue de deux en doux ans; que le droit de suffrage fût également réparti sur le territoire en raison de la population et des taxes; que nul^nembre ne pût être in) média tement réélu, nul citoyen emprisonné pour dettes, ou contraint au service militaire, ou exclu des emplois pour sa seule religion ; que le peuple , dans les comté», noflimât tous ses magistrats ; que les lois civiles , égales pour tous, fussent réforni^s et refondues ea un $eul code; enfin, que certains droits, sur^^ tout b liberté de conscience, fussent déclarés in^ violables et supérieurs à tout pouvoir humain {%

(^) À» Agra&mekt of thé peopU for « firm and presetUpeace on Ute ground ofcommon right : « Accord du peuple poar établir une promple et solide paii sur la base du droit commun. »

?) Rasbworth, |mrt. 4, t. II, p. S45, S59. — WliHelocke, p. ST6, 277 — Godwio, Hist. of the commonv>ealth , t. Il, p. 445-450. — éclaircissements et Pièces historiques placés à la suite des Mémoires de ï*ûHls,p. 296, ,

Z12 RÉVOLUTION DAKGLËTERUE.

A cette explosion des idées et des espérances populaires , le trouble des chefs fut extrême : plusieurs, et les plus sensés, bien qu'ennemis de la cour et des presbytériens y regardaient la royauté et la chambre haute comme si puissantes y si profondément enracinées dans les feits , les lois y les mœurs, que la république, vue enfin de près et imminente, n'était à leurs yeux qu'une périlleuse chimère. Parmi les républicains eux*4némes, la plupart, quoique sincères et hardis, étaient loin de partager tous les désirs des soldats : les uns , dominants dans les élections de leur ville ou de leur comté, craignaient, par un système nouveau, d'y perdre leur prépondérance ; les autres, acquéreurs des biens d'Ëglise, voyaient avec effroi le peuple s indigner que ces ventes eussent été faites à vil prix, et en réclamer Tannulalion; les jurisconsultes voulaient conserver leur empire avec ses profits ; tous repoussaient avec passion Tidée que la chambre fût bientôt dissoute, et sa cause livrée aux hasards d'une réélection. Leur bon sens d'ailleurs était choqué du peu d'importance sociale , de la démence mystique, de l'indiscipline hautaine des soldats réformateurs. Comment fonder un gouvernement, en fece des royalistes et des presbytériens, avec une faction ingouvernable.

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insensée au point de mettre chaque jour en péril l'union de l'armée^ pourtant son seul appui? Gomment attaquer, au nom des rêveries de sectaires obscurs, tant de faits y tant de droits anciens et respectés ? Cependant , à ces rêveries et dans presque tout le royaume , une fermentation jusque-là inconnue s'emparait du petit peuple; ces belles et confuses notions de justice absolue, ces désirs passionnés d'un bonheur égal, souvent étoufiéSy jamais éteints au coeur des hommes^, éclataient de toutes parts aVec leur aveugle et furieuse confiance; et les chefs eux-mêmes qui ne les voulaient pas écouter ne savaient que leur répondre , car au fond ils partageaient les principes au nom desqueb on proclamait de tels vœux.

Aussi leurs premières déniarches furent-elles molles et flottantes. Les chambres votèrent que les deux pamphlets étaient un attentat contre le gouvernement du royaume, et qu'elles en poursuivraient les auteurs; mais en même temps, pour complaire aux républicains, elles déclarèrent que le roi était tenu d'adopter tout ce que lui proposait le parlement (^). Le conseil général des oflî-

(0 Le 6 novembre. JoumaUt etc., novembre 5, 6. — Pari îHst., t. m, col. 785.

37Ji uÉvaLUTlo^ d'Angleterre.

ciers^ réuni à Putney (*), appela dans son sein les principaux agitateurs^ et^un comité ^ où siég^ient plusieurs d'^entre eux , eut ordre de feire, sur leurs demandes, un prompt rapport. Bientôt, en effet, le comité apporta un projet dé prc^positions au parlement , où la plupart de ces demandes étaient accueillies ; mais le nom et les^ prépo^tives essentielles du roi y avaient également pris place ('). Les agitateurs se récrièrent : on leur promit que , dans un prochain conseil, la question de savoir si la royauté devait subsister désormais serait librement débattue. Mais, le jour venu, Iretou sortit brusquement du conseil , protestant qu'il n'y rentrerait plus si de telles matières y étaient seulement agitées. Le débat fut remis au lundi suivant, 6 novembre; et soit pour l'éluder encore , soit qu'on espérât des soldats en masse plus de complaisance, on convint que l'armée serait convoquée à un rendez-vous général où elle pourrait tout entière manifester ses sentiments (^). Mais Cromwell, qui l'avait proposé, démêla

sans peine le péril du remède^ Chaque débat non-

(*j Le 22 octobre. Rushworth, part. 4, t. Il, p. 849.

(2) Le 2 novembre. Ibid.y p. 861 et suiy.

(') ClareadoD , State-Papers^ t. II, Appendice , p. xu. — Letlej- of several agilcUors to their respective regitsmUs, — G«dwla, Bisl, oflhe Qommonwealth, t. II, p. 451-452.

U\m âpiPtlËMË, (1646-16^7.) 374

\(^n aecroîs«ait dans l'^rméa la désuDion ; plus on la consultait) plus elle échappait à ses chefis et tombait dans ranarchi6(^). Pour s'en servir, pour ht sauver môme> il fallait absolument y et sanb retard, y rétablir la discipline et ressaisir le pouvoir» Or un tel succès avait dlmpérleuses conditions : il élait clair ctoe )ô4 soldats , les plus actii« du moins, les m^oeur^ et les linatîq^uQs ne voulaient plus du roi; qu'ils abandonneraient, attaqueraient môme quiconque lui paraîtrait favorable $ que oelui-ià ^eul QU^n disposerait de leur obéissance et de leur fii^rce, qui accepterait en ceci leur volonté eomt* mune et s*en porterait l'exéiîuteur. Gromwell prit sa résolution. Le jour du conseil arrivé, tout débat fut interdit; les officiers supérieurs déclarèrent que , pour ramener dans Tarmàe la bonne intèlligenee , il fallait que tous , offidars et agitateurs , retournassent à leurs régiments ; qu'au lieu d'un rendes-'vous général, il y aurait trois rendez^ vous partiels dans les cantonnements des principaujt corps ; qu'en attendant, le conseil suspendrait ses séances, et laisserait a^r le général et le parler ment (^). Cependant la situation du roi à Hampton- Court changea tout à coup : ses conseillers, Rich-

(1) Ctareoti^Q > Siaié-PëperSy t. H, Appeadiee, p. xl.

(2) RuAworlii , part. 4, t. U, p. 866.

376 RÉVOLUTION D'ANGLETEWtE.

BMDd, Southampton, Ormoad, eurent ordre de s'éloigner; ses serviteurs les plus dffidés, Berkley et Ashburnham entre autres , lui furent retirés; on doubla autour de lui les gardes ; il n'eut plus dans ses promenades la même liberté. I>e toutes parts lui arrivaient des avis sinistres ; on disait surtout que les soldats avaient dessein de s'emparer de sa personne pour Tenlever aux officiers , comme ceux-ci l'avaient enlevé au parlement. Gromwell lui-même en écrivit avec inquiétude au cdonel Whalley, soit qu'^ effet il redout&t quelque taitative de ce genre , ou qu^il se proposât seulement d'en effrayer le roi^ sott plutôt que, toujours soigneux de ménager toutes les chances^ il voulût le tromper encore sur ses intentions et se donner l'air de le servir (^).

Ces changements y ces rapports ^ tant de* gènes nouvelles y mille bruits de trahison y de desseins inouïs y même d'assassinat y jetaient le malheureux Charles dans une anxiété chaque jour plus poi* gnantc ; son imagination y susceptible et vive quoique grave , en était ébranlée ; une mauvsiise chasse,

(») ausbworth, part. 4, t. Il, p. 812. ^ MénUnres de Hollî», p. 234. — Mémoires deHuolingtan, p. 224. — Mémoires de Berkley, p. 191. — CiareudoB, Hi$t.ofther^eU,^U VIIl^p. 348; t. IX, p. 1, 2. — Mémoires de mistrMs HulebkisoQ y i. Il» 9* i3S^

IJVRE SEPTIË\fE. (l6Zi6-16à7.) 877

un rêve pénible, sa lampe éteinte pendant la nuit (*), tout lui était un sinistro présagé; tout lui semblait possible de la part de tels ennemis, quoique sa .fierté se refusât à croire que jamais ils en vinssent à tmA oser. On lui parla de fuir ; il en était tenté : mais où? comment? avec quel secours? Les commissaires écossais offrirent de seconder ^on évasion; un jour mémo qu'il chassait, Lauderdale lui fit dire qu'ils étaient tout près avec cinquante chevaux ; que , s'il voulait les re-* joindre , ils partiraient en toute h&te pour le nord (^). Mais les résolutions subites étonnaient le roi : quel asile d'ailleurs que l'Ecosse qui l'avait déjà livré, où il n aurait plus aucun moyen do repousser le joug presbytérien et le covenant ! Il refusa. D'autre part, le conseil lui vint de s'embarquer et de se retirer à l'île de Jersey, oit la facilité de passer sur le continent forcerait tous les partis à le ménager. Mais il comptait encore, d'après leurs secrètes promesses, sur la bonne volonté des officiers ; il se flattait que leur froideur n était qu'obligée et ap{)arente, qu'au prochain rendez-vous de l'armée ils dompteraient les agitateurs , rétabliraient la discipline et reprendraient

(M Mémoires de Herbert, p. 88.

(*) Boroet, Mema^rs ofthe HàmiUons, p. 32*.

37d BKVOLUTJOX D'ANGLKTGRRE.

avec loi leurs négociations. Il ne voulait pas sortir d'Angleterre avant cette dernière épreuve (^). Cependant l'idée de la fuite lui devenait de plus en plus familière et pressante : on lui raconta qu'un prophète allemand s'était présenté au- con-» seil des agitateurs , s' annonçant comme chargé de révéler les volontés du ciel ; mais qu'au seul mot de réconciliation avec le roi , ils avaient reftisé de l'écouter. Par toutes sortes de voies , Cromwell insinuait qu'il fellait ftiir. Quelqu'un , on ignore qui) parla au roi de l'tle de Wight comme d'uq asile convenable et sûr ; elle touchait à la terre ferme; la population en était royaliste $ tout té* comment y le colonel Hammond , neveu de Ton des plus fidèles chapelains du roi, enavait été nommé gouverneur. Charles prêta à cette idée plus d^at-^ tention qu'à aucuneautre^ prit des renseignements^ fit même quelques préparatifs (^)« Pourtant il hé-

(*) Mémoires de Berkiey, p. 197. — Mémoires de Warwick, p. 260- 262. — Memoirs of the HtmiUonSt p. 326. — Mémoirea de Lq<1Iow, t. I, p. 243-244.

(2) C^est ce qui résulte évidemment d'une relation du séjour du roi à Viin de Wight, adressée, après 1à restauration, à Charles II, par sir John Bowring, homme d'ailleurs obscur, mais, qui fut, a cette époque, fort employé dans les nMinceuvres secrètes de Charles I*'. Je m'étonne que ee petit ouvrage, où se reDCODlreoi, il est ?rai, beaucoup d'erreurs, et évidemment écrit par un homme uniquement préoccupé du désir de se faire valoir, mais qui contient cependant «les- détails çaraclérisU^aes et curieux, ait échappé à rattcniion des hiitortw», M. GfKtwin est, à

UVKESEPnfcME. ( 104^-1647.) 37»

citait toujours et cherckait partout quelque moyen de se décider. Un astrologue^ William Lilly, étaii alors fomeux à Londres , enclin au parti populaire, mais ne refusant à personne ses prédictions et ses avis. Le roi chargea une femme, mistriss Whorewood , de te consulter en son nom sur le lieu où il lui conrenait de fuir ; et de 1000 livres sterling que venait d'epvoyer au roi laldermati Àdams , royaliste dévoué , mistriss Whorewood en reçut 500 pour sa mission. Les astres solen^ nelleihent interrogés, Lilly répondit que le fol devait se retirer vers Test, dans le comté d'Essex , à vingt milles de Londres, et mislriss Whorewood sa hâta de porter à Hampton-Court sa réponse (*). Mais Charles ne l'avait pas attendue : le 9 novembre, une lettre anonyme, écrite, à ^e qu'il semble, par un ami sincère, vint l'avertir que le danger pressait , que la veille , dans une réunicm nocturne, les agitateurs avaient résolu de se défaire

niA coonaiflMiDce* le seul . qui en ai$ faU mention : il a été tiré 4m papiers de lord Halifai, et se trouve dans un volume in-12, intitulé : Miseellanies hUtorical and philologieal (p. 78-162), potitlé à Londres en 1703. — Voir aussi Rush worth, part. 4» l. If, p. 95\ . — Ménoifes de Hollis, p. 234; ~ deBorkley, p. 194 et suiv.; — de Ludlow, t. I, p. 244.

(1) William Lilly, Hislory ofhis life and limes (2* édition» Londres, 1715), p. 60. — Biographia Britannica^ à rarticle Lilly (William), t. V, p. 2966.

I 380 RËVOLUTJON D'ANCLETERRK.

de lui y que tout était à craindre s'il ne se mettait promptement hors d'atteinte (^). Un autre avis l'engageait à se méfier de la garde qui, le surlendemain , devait prendre le service du château (^). L'esprit frappé , Charles se décida soudain : le 1 1 novembre , à neuf heures du soir, laissant sur sa table plusieurs lettres , et suivi d'un seul valet de chambre, William Legg, il sortit par un esca* lier dérobé , et gagna une petite porte dofinant du parc sur la forêt, où Âshburnham et Berkiey, prévenus de son dessein, s'étaient rendus de leur côté avec des chevaux. Us prirent leur route vers le sud-ouest. La nuit était sombre et orageuse ; le roi seul connaissait la forêt , et setsdLit de guide à ses compagnons; ils s'égarèrent et n'atteignirent qu'au point du jour la petite ville de Sutton dans le Hampshire , où , par les soins d'Àshburnham , un relais leur était préparé. Â l'auberge où il les attendait , nn comité de parlementaires était déjà en séance, délibérant sur les affaires du comté. Us repartirent sur-le-champ, et se dirigèrent sur Soutbampton , vers la côte située en face de l'île de Wight , mais sans que le roi déclarât expressé-

(<) Oîd Pari. HisLy t. XVI, p. 328. - Clafendon, StcUe-Papers, t. Il, Appendice, p. xli.

C) MéfMires ût Berkiey, p. 20!.

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