‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 76 sur 116 · LIVRE SEimÈME. (16M · texte numérisé non relu

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ment où il voulait aller. Comme ils arrivaient sur lé penchant d'un coteau voisin de la ville : « Met- » tons pied à terre , dit Charles , et en descendant » nous nous consulterons sur ce qu'il convient de » résoudre, » Il fut , dit-on , question entre eux d'un vaisseau qu'Âshburnham avait dû s'assurer, et dont ils n'avaient point de nouvelles ; puis de s'enfoncer dans les comtés de l'ouest où Berkiey promettait le dévouement de nombreux amis ; enfin de rile de Wight y parti plus commode que nul autre, qui mettait un terme aux embarras de leur situation, celui d^ailleurs qu'évidemment, par la route qu'ils avaient suivie , le roi se proposait en partant. Mais le gouverneur n'était point averti, et pouvait-on se fier à lui sans garanties ? Il fut convenu qu'Âshburnham et Berkiey se rendraient dans rtle , sonderaient les dispositions de Ham^ mond , lui diraient quelle marque de confiance il était sur le point de recevoir, et que le roi irait attendre leur retour à quelques lieues de là, près de Tichfield, dans un château qu'habitait la mère de lord Southampton. Ils se s^arèrent; et le lendemain matin , les deux cavaliers , débarqués dans rtle , se rendirent sur-le-champ au château de Carisbrooke , résidence du gouverneur, Hammond ne s'y trouvait point; il était à Newport,

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principale vil te du lieu, mais devait en revenir le jour mi^me. Ashburnham et Berkley se remirent en route pour aller au-devant de lui , et le ren<x)n- Irant bientôt, ils Finformèrent sans préambule du but de laor venue. Hammond pâlit ; led rênes de son cheval lui échappèrent, tout son corps tremblait : se Messieurs, messieurs, s'écria-t<^ il , w vous m'avez perdu en amenant le roi dans cette » Ile ; s'il n'y est pas encore , je vous en conjure , » ne l'y laissez pas venir : que deviendraîs-je entre Il mes devoirs envers sa Majesté après tant do con- 4> fiance, et ce que je dois à Tarmée, de qui je M iiens mes fonctions? » Ils essayèrent de le calmer, tantôt Faisant valoir l'immense service qu'il rendrait au roi ci les engagements que Tarmée même avait contractés envers sa Majesté; tantôt l'assurant que, s'il n'en jugeait pas comme eux, le roi était bien loin de préleudre le contraindre à le recevoir. Hammond se désdait toujours. Cep^Klant, lorsque les deux cavaliers paraissaient à leur tour méfiants et près de retirer leur propo*silion^iL se montrait moins inceirlain, leur d^ mandait où était le roi , s'il ne courait aucun danger, témoignait viême quelque regret qu'il la^ se fàt pas brusquement et entièrement confié à lui^ La conversation du ca ainsi longtemps ^ des

déiix i>arls pleine de Irouble el do pusé , les uns et les autres craignant presque également de rompre et de s^eïïgager. Hammond parut céder enfin. «Le » roi ; Û\\A\j n'aura point à se plaindre de moi ; il » ne sera pas dit que j'ai trompé son attente j je » me conduirai en homtne d'iionrieur: allons en- » semble le trouver et l'en instruirie. » Berkley alarmé voulait repousser cette- préposition ; mais Âshbiirnham lacceptâ^^ et ils partirent aussitôt^ Hammond accompagné seulement d'un de ses capitaines, nommé Basket* Une barque les porta en peu d'heures à Tichfield; 6t à leur arrivée^ A^hburnham monta seul vers le roi /laissant Ber^ kley^ Hammond et Basket dans la cour du chât^u. Sur son récit : «Ah ! Jobny Jobn! s'écria Cfaarle», i> tu m'as perdu en amenant ici ce gouverneur; ne » vois-tu pa^ que je ne ptiis plus bouger? » fcn vain Asbburnham fit valoir les promesses de Hammond, le»; bons sentiments qu*il airâii laissé paraître > son hésitation tnéme^ preuve de sa sincérité. Le roi désolé marchait précipitamment dans la chambfts, tant<^t les bras croisés 7 tantôt levant les mains et tes yeux au ciel avec l'e&pression de la plus vive angoisse. «Sire, lui dit ealin Ashbnriiham fort M troublé à son tour, le colonel Hammond est là » seul avec un autre homme ; rien n*est si aisé que

» de s^en assurer. — Quoi donc? reprit le roi, » voulez- vous le tuer? Voulez-vous qu'on dise qu'il » a hasardé sa vie pour moi , et que je l'en ai in- » dignement privé ? Non , non , il est trop tard » pour prendre un autre parti ; il feut s'en remettre » à la volonté de Dieu. » Cependant Hammond et Basket s'impatientaient d'attendre; Berkiey en fit prévenir le roi : ils montèrent. Charles les reçut d'un air ouvert et confiant. Hammond renouvela ses promesses , plus étendues m^e, quoique toujours vagues et embarrassées. Le jour commençait à baisser ; ils ^'embarquèrent pour l'Ile. Déjà le bruit s'y était répandu que le roi arrivait; beaucoup d'habitants se portèrent à sa Tencoutrâ: comme il traversait les rues de Newport, une jeune femme s'avança vers lui , et Lui présenta une rose rouge , éclose malgré la rigueur de la saison, en priant tout haut pour sa délivrance. On l'assura que la population tout entière lui était dévouée , qu'au château même de Carisbrooke il y avait pour toute garnison douze vieux soldats bien disposés, qu'il pourrait toujours, quand il le voudrait , s'évader aisément. Les terreurs de Charles se csdmèrent peu à peu; et le lendemain, lorsqu'en se levant il contempla , des fenêtres du château , le riant aspect qu'offrent ^ur ce point la mer et la

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terré, quand il eut respiré l'air du matin y quand il vit Hammond se répandre en témoignages de respect et lui promettre toute liberté de se promener à cheval dans Tîle , de garder ses serviteurs , de recevoir qui il hiî plairait , la sécurité rentra dans son âme : «Après tout , dit-il à Ashburnham, » ce gouverneur est un galant homme ; je suis ici » à Tahri des agitateurs ; je n^aurai, je crois, qu*à » m'applaudir de ma résolution (^). »

\}) Uéfiwires de Berkley, p. 194-210. — A/émoiVe* d« Herbert, p. 38. — Mémoires de Ludiow, t. I, p. 244 etsuiv. — Clarendou, Hisi. ofthe rebeU.y t. ÏX, p. 3-17.

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