‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 77 sur 116 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Ren()ez-vous de Ware. — Cromwell réprime îes agitateurs et se réconëHie ensuite ftvèc m%. -^Lê perlcnfUtiit adresM an tû

'■ cfVMire bîlks, Èo^itioM prélHoinaireii de la paix, — Le roi les

. repQusae et traite secrètement avec Jes icossais. — Le parler ment vote qu'il n'aura plus avec le roi aucune relation. — ^ MécontentèRieiit général et réa<siioii> e» faveur du roi. «-** Em-* iNirrai des indépeiklants et de Cromwell. — Explosion de la seconde, guerre ciyila. — Campagne de Fairfax dans l'est et autour de Londres , de Cromwcîl dans l'ouest, de Lambert dans le nordi -^ âiége de GoJcbtstsr. -^ Ue» fico^iiift entrept e^

' Angleterre. — <<Jronjw6ll marche contr» eux. -7- Batailles de Preston , de Wigan et de Warringtou. — Cromwell en Ecosse.

— Les presbytériens reprennent l'ascendant -à Londres. — 'Le psuiecnent recommence à iratter avec la roi. -« Négpfiatfons de Newport..— Vicissitudes dç l'état des partis. — L'arnrié^ fait enlever le roi de l'île doWight. — II est conduit au châ* teao de Hurst ^ poiè à Wmdsor. -^ Dernier elbrt d69 preêl^yté^

': fiens en sa faveur. — L'armée marebo sur Londres. < — F^t* gatioo de la chambre des. communes. — Procès et mort du roi.

— ÂboUtion de la royauté.

Les commissaires ttfti parlement et les officiera de la (;arnison de Hampton-Courl attendaient que le roi parût au souper, à l'heure accoulumée :

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étonnés de ne le point voir, ils entrèrent enfin dans sa chambre , et n'y trouvèrent que trois lettres de sa main , adressées l'une à lord Montagne , président du comité, l'autre au colonel Whalley, la troisième à l'orateur de la chambre des lords. Dans celle-ci, le roi donnait pour mottfs de sa fuite les complots des agitateurs, et son droit à vivre libre et en sûreté c<Hnme tout autre citoyea. Les deux autres n'avaient pour objet que de témoigner à Montagne et à Whalley sa satisfaction de leurs égards , et de leur indiqua ce qu'il fallait faire de ses chevaux, de ses chiens, de ses tableaux, de tous les petite meubles qu'il laissait dans son appartement. Rien d'ailleurs ne fournissait sur sa route, ni sur le lieu de sa retraite, la plus légère indication (*)•

Le trouble fut grand à Westminster, d'autant plus grand qu'au moment où la nouvelle y arrivait de Hampton-G>urt , une lettre vint aussi du quartier général de Windsor, écrite à minuit par Cromwell , qui s'empressait également d'en donner avis (*). Il l'avait donc connue le premier, avant les chambres, peut-être avant le départ du roi; carie bruit courut que, le 11 en effets la surveil-

(•) Pari. Hist., t. UI, cel. 786 et suivi ffi RnAiiorth» part. 4, . II, f. »li.

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lance de la garnison de fiampton-Goort s'était relâchée y que des sentinelles aTaienl même été retirées des postes qu'elles avaient eeatome de garder (*)• On ne tarda pas à recevoir des litres de Hammond {*)j qui inftmnait les chambres de l'arrivée du rm, protestait de son dévouement à leur service, et réclamait leurs instructions. Cependant toutes les craintes ne forent pas dissipées : Cromwell aussi avait des lettres de Hammend, comme si tous les serviteurs du parlement cro^fatent devoir l'instruire ou le ccmsuUer en toute occasion; et il en rendit compte aux chambres avec utie gaieté dont s'étonnèrent les moins soupçonneux (^) ; symptôme alarmant de quelque succès ou de quelque espérance qu'on tentait en vain de pénétrer.

 peine deux jours s'étaient écoulés qu'il inspi* rait à ses ennemis de nouvelles et bien plus vives alarmes. C'était le 15 novembre que devait avoir lieu à Ware, dans le comté de Hcrtford, fe premier des trois rendez-vous assignés à l'armée, pour mettre un terme à ses dissensions. Cromwell s'y rendit avec Fairfex, et entouré des officiers les plus

(1) Mémoires de Lutilow, 1. 1, p. 250.

?) Da 13 novembre 1647. Pari. Hist., t. lll, co». 789.

?) Chirendofi, Hist. ofthe rébdlf t. ÎX , p. IS.

MO BrilVOUrriOl^i DANGLKXBfUUS.

skn. Sept régîmente soideBimt fivai»t éié C0i»r voqués oe Jour-li, e&âx qui mdiftraMOt le mmfi^ ^'exaltatioii et au sein desquels la dîsciplioe »eo^ Uait plus aisée à rétablir. Oa^cooiptait sur l^ar wumisaMm pour ialimider, ou sur lieur e^tèftipl^ pdur calmer les plus passkNUiés. Mais ha âr^ÎY^t ^wlaptainûde Ware^les géJiénLiix y trouwes^ jiiMif régimeuts au Heu de sept ; ceux de Harrî^j^ xtaifaleite, et de Robert Ulburii&> ii^wteiie, é^Qt .Yeutts sans ordres et e^ proie à lit plus YH>le&te .fcrmeûlalïou. Le dernier avait diassé, to^s ses ofRciers au-dessus, du grade de lieutenfmt) à V^- ^eptioa du capitaine Bray , qui le comuiancteit; les soldats portaient tous , attaché à leur bonnet, (Un OKemplaire de Y Accord: du peuple y ^yeo catt^ inscription : « Liberté de l'Angleterre , droits des •i s<4dâts. P De moment en uiouient, et ootfime saisis d'un transport oomi^un^ leurs oris rel^iâiii- ^ent dans la plaine : Rainsboro^gb, Ewers^ Scott? Jobn Lilburne Id-B^éoie y autorisé naguère par lep communes, et pour sa^anlé,^ sorUr chaque maUnde la Tour^ la parcouraient à cbeval , allai^t ,de troupe en troupe, encourageant les plus animés, traitant les modérés de lâches, répétant partout que, puisque Vépée éfait en leurs maîfts^ ils étaient en conscience lenus de s'en isiervir pour

assurer j^înemâni ^ à jamais la liberté de l6ujr pay#. Au milieu deoa tumaltei FairfoX| Crûmw6ll| fit leur état ^Gaajor, s'avancèreut vers les régiments paisibles : et là fut lue^ au mm du conseil géaéral des «ffîclera^ une remoulraAce.caUoe et ferme^ -qui r^oc)iaitaux uouveauxagi lecteurs leur^ séditieuses méfiées > les périls qu'eUe9 iaiaaiéQt courir à l'armééf rappels^ les preuves d'affeotien et de lic^lité que lui avaient 49nnées ses chefs ^.fes supcè^ qu'elle avait abteuus SQus leur copduitQ^ proa^eiir lait enfin de soutei^ir auprès du parletnent les jastps^ vo^ux des soldats, soit pour q.ux-mémes|, sait pour la patrie > si k leur tour ils signaient rengagement de rentrer sous l^Jois de la disçir {dinoi et de respecter désormais les ordres àe leu^s 4»ffîçîers. Sept régiments.accueil^irent cette lecture avec de joyeuses acclamations. Fairfex ^'avança versceluideHarrison* A peine les cavaliers eurent entendu sa voix et ses promesses qu'ils arradiè^ rwl de leurs bonnets, raccord du pe^uple^ t% 4i'écriàreut qu'on les avait trompés, qu'ils voulaieut vivre et mourir avec leur général. Le régiment de Lilbfenrne restait seul^ mais toujours rebelle et violemment agile ; déjà môme il commençait à i^pondre aux paroles de Pairiax par des cris sédi^ tieux; Cromwell s'avance ; « Oicz-moi de vos bon-»

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» nets ce papier, » dit-il aux soldats; les soldats révisent; il entre brusquement dans les rangs, désigne et fait arrêter quatorze des plus mutins : sur la place même un conseil de guerre se réunit ; trois soldats sont condamnés à mort t « Que le » sort choisisse l'un d'entre eux , ordonne le con- » seil , et qu'il soit fusillé à l'instant. » Le sort choisit Richard Amell , fougueux agitateur ; Texécuh tien eut lieu aussitôt devant le front du régiment: on Ht emmener les deux autres condamnés et lents onze camarades. Le major Scott et le capitaine Bray furent aussi arrêtés : un silence profond régnait dans la plaine ; tous les corps repartirent pour leurs cantonnements ; les deux autres rendezvous se passèrent sans le moindre murmure, et Tarmée entière parut rentrer sous le pouvoir de ses chefs (*).

Mais Cromwell ne s'abusait point sur l'incertitude , le péril même d'un tel triomphe : quand il vint l'annoncer aux communes (*), au lieu des remerciménts que vota pour lui la m&jorité ravie

(<) Ru8hi«^tb, pan. 4> t. II, p. S75. -^Pmrh Bist., i. lU, c^i. 791. — CUrendon, Hist. of the re&e{/., t. IX, p. 19. — Mazères, Select tracts felating to the civil wars in Êngland, etc., part, i, préraee, p. xuHi-Lxxuu «^ Godwiii, Hkt, of the eommmweaUh, t. Il, p. 462-468.

(') Le 19 novembre 1647. Whitelocke, p. ^0.

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