‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 78 sur 116 · LIVRE HUITIÈftlE. (i6Â7-16à9.) Z · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈftlE. (i6Â7-16à9.) Z

de la défaite des agitateurs y les chefis presbyte^ riens ne dissimulèrent point leur frpideur^ ni les républicains leur colère : auxpremiers^ tout succèt de Gromwell était suspect, quel qu'en fût Teffet apparent; les seconds regardaient sa conduite au rendes-vous de Ware comme une nouvelle preuve de sa trahison. Ludlow s'opposa dans la chambre au vote de remerclments (^) \ le prédicateur Saltmarsh accourut du fond de son comté, et par un ordre exprès de Dieu, dit-^il^ pour annoncer aux généraux que le Seigneur les abandonnait^ puisqu'ils avaient emprisonné ses saints (^); enfin, après quelques moments de stupeur, une foule de simples officiers , de sous - officiers , de soldats, presque tous les meneurs révolu^ tionnaires des régiments , vinrent déclarer à Cromwell et à Ireton qu*au(^itô rigueur, aacim échec ne les détournerait de leurs dessi^iœ; qu'ils étsômit résolus à se défeire du roi , à établir une république ; qu'au risque de tout perdre , ils diviseraient l'armée , en entraîneraient au moins les deux tiers , et poursuivraient l'entreprise plutôt que de se laisser dompter. Cromwell n'avait garde de les réduire à cette extrémité; il avait

(I) Mémoires de Ludlow, t. I, p. 253.

t«) Whitelocke, p. 286.

114 RÉVOLUTION D A^CL81^f»RE.

vMhi, {Hir tia grand exemple, couper Court àjiM rarmée aui progrès de l'anarchie; du reate, l\ savait la force des foiaatiqueay et ne songeait déjli qu^à ke réconcilier %vec eMx« Sana sae prononcer pour la république, il dit à Ioms ceui^ qui le ve-: naient voir beaucoup de mal du roi, reconnut qu'ilt avaient raison de n'en rleneapécôr^jconvint que, pour lui , les foires du: monde l'avaient ébloui un moment, qu'il n'avait pa» su dtaoeraer olaûromtot ro>uvre du Seigneur ni se Confier uniquem^at k ^ûB aamta, s'en humilia devait eux ^ rédama le recours de leurs prières pour obtenir du. c^icA wm pardon« Lesprédieateurs le&pli}spc^ulaiiw,,Hugh peter s entre autres , enthousiaste intrigafit e% ba-r vard, 4ie* diai^^ient de répandre partout ses pnh iestatÎQ^ et sesiàveux* Il ftt mémedimnôr wat soldats en prison de ra^uranteb promesses* Q înatstaîtiseuloQQient, mats du Um le plus ferme^ fur la nécessité de maintenir dans l'armée l'uniep e4 la discipline, ^ul mo^fendesucoè^ etmème de salut (*) • Bmucoup crurent à, ses paroles ^ toujours passionnées et puissantes^ dartres, moins afveu- ^les, seMaiant quel besoin Jls a.vaienl de son génie, et môme en doutant, ne pouvaiont se réâoudre à

(«) ^Mémoires de Berkley, p. 21&-217. ^ /

repousser son repealir « La plupart avouaient d ail* leur» que lefr aviateurs s'étaîeut emportés trop tit« et trop loin^ que les soldats devient à leurs oMciers plus dé soumlssiaii et dd rospedt. ftains^ horough f Sœtt ^ Ëwers, coATiiirmt* eu&^ioâmes cto leurs torts, et pN)mireQt plus de prudenèo à Tavot uir. Une grande réunion eut lieu enfin ad qoar-^ tier général (*) : offioiers, agitateurs et prédioateùrs passèrent ensemble dix heures en entrqtiens et en prières; les intérêts communs surmontèrent, sans les dissiper, les rancunes et l69 méftancos; il fut décidé que les prisonniers seraient mis ^n liberté^ que le capitaine Bray retournerait à son régiment^ qu'on prierait les ^^hambros de rendre à RaîostKv roughses foncticms de vioe-amiral quelle» lîoliaient* de lui reèirer (!); et tin diner solennel (^) célébra cette réconciliation dont k ruihe du roi était le prix.

Sur ces entrefaites atrîva au quartier général {*) sir John Berkley ^ que Charles^ instruit dû l'issue du rendez-vous de Ware , se hâtait d'envoyer au^

(^) Le22 décejpbre i647. . . ^

(2) Rushworlh, part. 4, t. li, p. 943. — Clarendon , Stale-Pàper^,

JL U^ Appendice, p. xliv. -<^ \(^hitelockB« p^ 3SS. -^ Mémoirpi it

HapiingtoD^ p. 328.

P) Le 9 janvier 1648. Kushworth , part. 4, l. îl, p. 959.

- i^), Obi» i«i teol^i» joqrs .du inoii 4e Hovem^rew

396 BÉVOLUTION D*AIK»£TEIffiE.

généraux pour les féliciter de leur victoire et leur rappeler leurs promesses. Porteur de lettres non seulement du roi , mais aussi de Hammond y pour Fairfox, Ireton et Cromwell^ Berkley n'était pourtant pas sans inquiétude; il avait rencontré dans sa route le cornette Joyce ^ qui s'était étonné de sa confiance et lui avait dit que les agitateurs y loin de rien craindre, avaient entraîné les généraux et se préparaient à fiaiire au roi son procès. A son arrivée à Windsor, le conseil des officiers était réuni ; il s'y présenta et remit au général ses lettres. On lui ordonna de sortir sur-le^bamp. Rappelé au bout d*uner demi^-heure : « Nous sommes l'armée » du parlement, lui dit Fairfex d'un ton sévère; » nous n'avons rien à répcmdre aux propositions » de sa Maje^ ; c'est à lui seul d'en juger. » Berkley jeta les yeux sur GromWèU , puis sur Ireton ; ils le saluèrent à peine et avec un sourire de dé* dain. Il se retira stupéfait: la journée s'écoula sans qu'il pût découvrir aucune explication, aucune nouvelle ; vers le soir enfin, le commandant Watson, celui des officiers avec qui il avait eu les relations les plus intimes, lui fit dire de se trouver à minuit dans un certain enclos , derrière l'auberge de la Jarretière, qu'U s'y rendrait également. Là Berkley apprit ce qui s'était pa^ et quelle ardeur trans*

portait rarmée : « Elle est t^të , lut dit Wâtaon j

» que je kasiarde ma vie en Tenant ici; car^ cette

j» après-midi méme^ Ireton vient de £aire deux pro-

» positions, Fane de voas envoyer prisonnier à

3» Londres, l'autre de défendre, sous pdme de mort,

» que personne communique avec vous. Que le roi

» donc , s'il aime la vie , s'éckappe sans retard ^

n s'il en a les moyens. — Me conseillez-vous du

y> moins ^ Itii demanda Berkley, de feire passer K

» Crom>vell et à Ireton les lettres que le roi m'a

» données pour eux?— N'y manquez pas; autre--

» ment ils se douteraient que je vous ai découvert

» leur dessein {*)•»

Gomme Watson l'avait prévu , Berkley n'obtint des deux généraux ni entrevue ni réponse : « Je » ferai de mon mieux pour servir encore le roi , lut » fit dire seulement Cromwell ; mais qu'il n'attende «pas que je me perde pour l'amour de lui. » Sir John se hâta de mander au roi ces tristes nouvelles, le conjurant de ne pas tarder un moment à s'évader. Charles y eât peut-être réussi; un bâtiment envoyé par la reine naviguait, dit-on, depuis quel* ques jours dans les parages de l'ile (^). Mais utië nouvelle intrigue avait ranimé ses espérances :

(1) Jtfénotres de Berkley, p, 212-217.

(*} lhid,j p. 217-218.

^prèi fâti vif défaal dan* 1m communn^ tes htM venaîenl de voler (*) que qeatte frapoèiticp» lui ^nîent préaenbéei sons fenw de bills; etqiief s'il les acceptait^ H serait admis ^^omiaa il ra««ii plusî^uts fois demaodéi» à traiter en perse&Ha dfeclo pftrlemefit. Elles fiettaidot : 1* Q«e Ip oom^ inundeoieat dos forées de terre et de lear ;tppAr^ tiendrait pendant vingt ans w% eliambree ^ avee pouvoir de le reprepdro iJRième plas lard si la surefté du royaume semblait l'exiger; 2!" que le roi révoqoerait toutes ses déclarations , prodanations^: et 2|utr^ actes publiés contre les chambres ^ pour le» taxer d'illégalité et de rébellion; 3« qU'il annule^ rait toutes 1^ lettres patenter de pairie aeeordéos depuis sou départ de I^ondresi V en^a q^ie iok cbambre$ auraient le droit de s'ajourner* au Um^^ et dans ie lien qui leur ^nvieodrjMôtit. €h%pfa}^>c ipalgré sa détressOi n* avait. aul dessein de sMCTt tionner c^s bili^ et de rocoi^naitre ainsi .1« légiti^ mit^ de la guerre qui Vf avait réduit ^ mais^ it savai( que les cpi^tnissaires écossais les avsûeni vivementi combattus y qu'ils témoignaient mdme up. amei^. resseatifnent du mépris que faisaient les chambrai

(*) Lé 44 décembre f 647. Lu mdtioil eat lieu àam U ctuonbre déi lords le 26 novembre, et les communes Tadoplèrent le 27 à la majorité de cent quinze voix contre eenl «k. {Pari. Bisi,, t. tll, col. SOS, 804, S23, 824.)

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