‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 81 sur 116 · LIVRE HUITIÈME. (16à7-16â9.) At · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. (16à7-16â9.) At

renvoya sur-le-champ avec plu» d'humeur (*). Cependant le péril avançait ; le nombre et la hardiesse des mécontents croissaient chaque jour : non seulement dans l'ouest et le nord, mais autour de Longes y dans les comtés de Middlesex, Ësser^ Surrey, Kent , tantôt à la table de quelque riche gentilhomme j tantôt aux assises et dans les mar^ chés , partout où les cavaliers pouvaient se concerter ou se mêler au peuple , les pétitions, les ccwnplots, les insurrections royalistes se préparaient, s'annonçaient ouvertement. A Gantorbéry, le jour de Noël, comme le maire voulait faire observer l'ordonnance qui supprimait la féte^ un violent tumulte s'éleva aux crîs de « Dieu , le roi Charles » et le pays de Kent I » L'arsenal de la ville fut enfoncé, plusieurs maisons de parlementaires attaquées, les magistrats municipaux rudement maltraités; et sans la prompte arrivée de quelques troupes, les paysans des environs se disposaient déjà à soutenir la sédition f). A Londres , un dimanche (^), à l'heure du sermon > quelques apprentis jouaient aux boules dans Moor-Fields^;

(*> Mémokes de Ludiow, t. i, p. 270-275. (^ Rushworth, part. 4, t. II, p. 948. — Whitclocke, p.^S6. — CUraid<m, Hiti. ofthe rehéU.y X. IX, p. 77. (3) Le 9 avril 1648.

kif^ Rt^iVOLUTfON r>*ANGLETEIIBE.

un pMto ih nilice voulut les éloigner^ ils résistèrent et dispersèrent les miliciens ; dispersés à leur tour par un détaohoment de cavalerie y ils se répaa* dirent dans la cité, appelant à leur aide leurs Gama^ rades et les mariniers de la Tamise ; de nombreuses Imndes se formèrent dans tous tes quartiers ; elles se réunirent pendant la nuit, surprirent deuic des portes de la ville, tendirent les ohalnes dans les mes, et tambour battant^ aux cris de « Dieu et le )> roi Charles I » attaquèrent la maison du lord* maire, s'emparèrent d'une pièce de cancm, puis d'un magasin d'armes, et, i l'aube du jour, sem* blaient maitresses de la cité< Un oonseil de guerre avait siégé tooto la nuit; on bésitaità les attaquer; on se demandait si lea deux régiments en ^raison à Londres suffiraient, s'il m fallait pas attendre dBs renforts. Fairfex et Cromwejl opinèrent po^r une prompte attaque: le succès n en fut poii^t incertain; au bout de deux heures en u entendait {4us dans les rues que la pas régulier des troupe^ qui rentraient dans leurs quartiers (*). Mats^ pour avoir fbi, le peuple n*ôtait point vaincu; chaque jour quelque incident inattendu venait redoubler sa colère ou relever son courage : les membres

(*) Busbworlh, part. 4, 1. 1|, p. 1054. — Whitelocftf , p. 29S.— Pari. Hist.y t. m, col. 875.

presbytérien^ et tes aldermeh de la cité, tradtiitis par les communes devant la chambre haute , refu* sèrent obstinément de reconnaître sa juridiction > de s'ag0nouiller à sa barre, d*6ter même leur chapeau et d^'écouter la lecture des charges; et chaque fois qu'ils avaient comparu à Westminster, la foule, è leur sortie, les accueillait avec transport (*)• On Interdisait les rassemblements; on donnait aux comités admimstratife de chaque comté le droit d'arrêter et d'emprisonner tout malveillant, tout homme simplement suspect (*); mais là fermentation croissait plus vite que la tyrannie : à Norwich; à Bury*Saint*Edmunds, à Tbetfbrd, à Stowmarket^ dans une multitude d'autres lieux , sur le moindre prétexte, le tambour battait, les habitants s'ar^ Riaient; et les troupes n'en étaient pas toujourt quittes pour une promenade menaçante (*). Bientôt même on eut aulro chose à craindre que des émeutes et des bourgeois. Au midi du pays de Galles, dans le comté de Pembroke, les colonels Poyer et Powel, et le major général Langhorn, ofiiciers distingués qm avaient fait leur fortune

(«} Pari, Hist.'y t. 111, coi. 844, 874, 877, 880, 881. (*) Le 18 avril 1648. Rushworlb, part. 4, t. H, p. 1065, — Whîtelocke, p. 300.

(3) Rushworth, part, 4, t. Il, p. 1071, il 19. — Whitelofke ,

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dang Tarmée du parlement^ se détacbèrent de lui {*)y arborèrent l'étendard royal, et, soutenus par r insurrection des cavaliers des environs , virent en peu de jours toute la contrée en leur pouvoir. Presque au même moment le parlement d'Ecosse s'assemblait (*) ; Hamilton et les royalistes^ cachés sous l'alliance des presbytériens modérés^ avaient prévalu dans les élections; en vain Argyle et la portion la plus ardente du clergé s'efforçaient d'entraver leurs démarches ; en vain les conunissaires venus de Londres répandaient dans Ëdim-bourg l'argent et la menace; circonspect, humble même dans son langage avec les fanatiques , mais au fond décidé en feveur du roi, le parlement vota sur-le*champ (^) la formation d'un comité de danger investi du pouvoir exécutif, et la levée d'une armée de quarante mille hommes chargés de défendre, contre les républicains et les sec-^ taires, le covenant et la royauté (*). Les cavaliers

p. 302» 30{^. •*- Jowmals ofthe house of lords, 19 mai ; — ofihe hous$ ofcommons, 12 juin.

(<] Vers U fin de février 164$. RaBhworth; part, f, t. Il, p. 1016, 1017, 1033, 1034, 1036. — Whitelockc, p. 294. — Clarendon, Hisl. ofthe rebell, t. IX, p. 112. — Mémoires de Ludiow, 1. 1, p. 279,

(^ Le 2 mars 164S.

(d) Le 3 mai 1648.

(*) Clarendon, Jlial. ofthe rébelt.^ t. H, p. 78-83. — Baillic, iHters,

LlVliE nniTlÈMB. (1647-164^) 417

du nord de TAnglelerre n'attendaient^ pour éclftr ter, cpie ce signal; depuis plus d'un mois leurs principaux chefs , Langdale^ Glenham; Musgrave^ vivaient à Edimbourg j tantôt publiquement, tantôt cachée, concertant avec Hamilton leur plan d'in^ surrection (*). En Irlande, lord Inchiquin, président de la province de Munster , et jusque-là le plus sûr appui du parlement contre les insurgés ^ passait aussi sous les drapeaux du roi (^). Enfin ^ quand toutes ces nouvelles arrivèrent à Londres, dans les chambres et dans la cité , le parti presbytérien releva la tête : pour couvrir ses espérances, il fit grand bruit de ses alarmas. Un nommé John Everard vint déclarer, sous serment, au conseil commun (^) que Tavant-veille , étant dans son lit à l'auberge de la Jarretière, à Windsor, il avait entendu dans la chambre voisine plusieurs officiers, entre autres le quartier-maître général Grosvenor et le colonel Ewers , se promettre mutuellement que, dès que les Écossais mettraient le

t. H, p. 281, 285, 2^6. -- Rushworlh, part. 4, t. II, p. 1040, 1017. -* Malcolm Laing, liisi. of SeoUand, t. Ml, p. 394-400.

(1) Clarendon , Hist. ofthe rebdL, t. IX, p. 83-89.

{2j Rushwonh, part. 4, t. Il, p. 1060, i063. — Mémoires do Ludiow, t. I, p. 296. — Carte, Ormond'sMfe, t. H, p. 23.— Clarendon, llist, ofthe rebell j t. IX, p. 36-40, 21 1 Ptsuiv.

ft Le 23 avril 1648.

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